natation / jonathan frigault

16 juin 2016

Jonathan Frigault a porté les couleurs de l’équipe de natation du Rouge et Or de 2013 à 2016. L’étudiant en médecine a complété le 5 juin dernier la compétition Ironman de Nice, en France, consistant en 3,8 kilomètres de nage en eau libre, 173,3 km de vélo et 42,2 km de course à pied.

Mon premier Ironman, de l’inscription jusqu’à la ligne d’arrivée
La natation, un sport que j’ai pratiqué pendant les quinze dernières années, a défini plusieurs des plus beaux souvenirs de mon adolescence et a permis de forger bien des aspects de la personne que je suis aujourd’hui. Ayant grandi en voyant évoluer les athlètes du Rouge et Or, je suis très honoré d’avoir pu faire partie de cette grande famille, de ma première coupe universitaire jusqu’à notre victoire de la bannière masculine cette saison. Ce sport m’a amené à vivre des expériences inestimables à mes yeux avec des personnes qui le sont encore plus, et ces amitiés dépassent incontestablement les frontières de ce sport.

Cette année marquait toutefois pour moi la fin de mon parcours universitaire. Après trois ans, je me retrouvais à la croisée des chemins. Poussé par un désir certain de sortir de ma zone de confort et de relever un nouveau défi en cette dernière année, j’ai pris part le 5 juin dernier au Ironman de Nice. La participation à cette compétition a toutefois été le résultat de très longues réflexions et de nombreux entrainements au cours desquels plusieurs difficultés se sont présentées. J’essaierai donc de vous faire vivre quelque peu ce projet à travers ces lignes. 

Je n’avais tout d’abord jamais pensé participer à un triathlon avant d’entreprendre ce défi personnel. Cette idée a pris naissance il y a 18 mois en camp d’entrainement en République dominicaine. Sur le bord de la piscine à l’hôtel entre deux entrainements, Philippe Richard, à ce moment préparateur physique pour notre équipe, avait avancé à deux nageurs et moi la possibilité de faire un demi-Ironman durant l’été. Nous recherchions un objectif pour motiver notre préparation pour la prochaine saison, et son aptitude à croire en nos capacités nous avait convaincus d’entreprendre ce défi, qui était toutefois rapidement tombé à l’eau, les inscriptions étant déjà complétées.

Néanmoins, cette idée allait faire son chemin tranquillement, et au mois de juillet 2015, autour d’une bière en Thaïlande, après de longues réflexions lors d’interminables trajets de bus, j’ai pris la décision de m’inscrire à cette compétition. À ce moment, et considérant la plus longue période pour me préparer, il m’apparaissait possible d’y aller pour la distance complète plutôt que pour le demi. À l’automne, concilier l’horaire d’entrainement de natation avec mes études et un certain volume de course s’est toutefois révélé plus difficile que prévu, et l’ouverture d’esprit de mon entraineur Emmanuel Vergé m’a permis de parvenir à adapter quelque peu le programme d’entrainement. Son support au cours de cette dernière année a été pour moi d’une très grande importance dans la réussite de ce projet, et j’en suis très reconnaissant.

Ma préparation pour cette compétition n’a toutefois réellement commencé qu’après la saison de natation universitaire, qui s’achevait pour moi le 5 février. Quatre mois exactement me séparaient de la compétition, une échéance de toute évidence très courte, mais c’était justement ce qui rendait le défi d’autant plus stimulant et intéressant à mes yeux. Cela comportait toutefois un certain risque au niveau des blessures. En tant que membre du Rouge et Or, nous avons la chance incroyable de pouvoir bénéficier de service de physiothérapie au PEPS, et je ne crois pas que cet objectif aurait été possible sans l’aide de Charlotte et de la clinique.

Au cours de ces quatre mois d’entrainements, j’ai été amené à tester mes propres limites, ainsi que ma motivation à accomplir cet objectif. Mon corps a été forcé de s’adapter, confronté à de nouveaux stress imposés tant par la charge d’entrainement que par le changement de sport. Mon approche par rapport à l’entrainement a aussi dû évoluer rapidement, passant d’efforts beaucoup plus intenses de quelques secondes voire quelques minutes à des entrainements de cinq à six heures à pédaler en écoutant des films sur Netflix. Au cours de ce processus, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier de conseils de plusieurs personnes, telles que Félix Lévesque Pero, entraineur adjoint au Club de triathlon Rouge et Or, notamment pour la gestion de mes entrainements au cours de cette longue année et pour ma technique de course. Ses nombreux conseils ont été d’une très grande utilité pour moi et ont rendu possible ce cheminement, qui n’a toutefois pas été sans difficulté.

La nuit du 5 avril restera en effet gravée dans ma mémoire, parce que je n’ai tout simplement pas dormi. Cette journée marquait la moitié du processus d’entrainement, et tant les blessures que ma difficulté à augmenter rapidement ma charge de travail occupaient à ce moment mes pensées. La température du Québec a aussi été un obstacle auquel j’ai dû faire face. Ayant utilisé pour la première fois des souliers à clip en septembre dernier, je n’ai eu qu’un peu plus d’un mois pour apprivoiser ce sport et prendre confiance sur mon vélo, notamment dans les descentes qui représentaient une importante portion du parcours de Nice. Notre printemps m’a aussi forcé à sortir en vélo avec des températures légèrement en-dessous de zéro, ce qui contrastait avec le confort habituel de la piscine du PEPS.  

Néanmoins, malgré ces quelques petites difficultés, je me suis envolé le 29 mai pour la France, une semaine avant la course. Cela m’a permis de me reposer, de me concentrer sur mon alimentation et d’apprivoiser les différents parcours. C’est au moment de l’enregistrement qu’un doute, qu’une certaine nervosité s’est installée pour la première fois. Impressionné par l’ampleur de l’événement et par la valeur des vélos de plusieurs participants, je dois avouer que je me suis demandé si je n’avais pas surévalué ma capacité à relever ce défi, si j’avais ma place à cette compétition. Les doutes se sont dissipés rapidement; je ne pouvais de toute façon plus reculer.

Le dimanche 5 juin, le matin de la course, je me suis réveillé à 3h30. Après un bon déjeuner, je me suis dirigé vers le site. En marchant dans les rues de la ville parmi les centaines d’athlètes qui convergeaient vers cette même destination, j’ai constaté à ce moment plus que jamais le défi qui m’attendait. Je me sentais prêt, confiant envers les efforts que j’avais investis dans mes entrainements et assez calme, à ma grande surprise. J’étais là avant tout pour avoir du plaisir, et j’étais très heureux d’avoir la chance de vivre cette expérience.

À 6h30, j’ai pris le départ. Après 3,8 km de natation dans la Méditerranée et un parcours de 180 km de vélo dans les Alpes, le marathon qui a suivi est assurément ce qui a été le plus difficile. En raison d’une mauvaise gestion de course par manque d’expérience, mais aussi de crampes qui ont affecté mes deux jambes à partir du 20e kilomètre, je pouvais constater sur ma montre à quel point je ralentissais constamment à mesure que les kilomètres défilaient. Même si l’idée d’abandonner n’a jamais traversé mon esprit, ce dernier demi-marathon est sans contredit l’épreuve la plus difficile à laquelle j’ai été confronté. Finalement, 10 heures et 45 minutes plus tard, j’ai enfin pu traverser la ligne d’arrivée! Joie et satisfaction étaient à ce moment temporairement dépassées par la confusion dans laquelle j’étais, et je n’ai que pleinement réalisé dans les heures qui ont suivi l’atteinte de mon objectif.

En rétrospective, je peux dire que je suis excessivement surpris et satisfait de la conclusion de ce projet. Puisque je n’avais jamais fait de triathlon, de marathon ou même de compétition de natation en eau libre, il était pour moi difficile de me fixer des objectifs de temps, et mon but était donc principalement de finir la course. Le résultat obtenu dépasse donc de loin mes attentes. Sur le plan personnel, je crois aussi pouvoir retirer beaucoup de cette expérience. Ce projet m’a en effet amené à découvrir un sport incroyable, le triathlon, que je pratiquerai sans aucun doute dans les prochaines années. Ce défi m’a aussi permis de réaliser l’ampleur de ce qu’il est possible d’accomplir lorsqu’on croit en nos capacités, qu’on ne laisse pas la peur d’échouer ou ce que les autres peuvent penser guider nos choix.

Ce projet pouvait sembler à bien des égards audacieux voir irréfléchi en raison de mon manque total d’expérience dans deux des disciplines et de l’importante contrainte de temps imposée, et les blessures ont en effet bien failli y mettre un terme à un certain point. Mais c’est justement ces obstacles qui rendaient cette compétition si attrayante et motivante à mes yeux, et ils me permettent avec le recul d’apprécier encore plus ce cheminement. Ce sont des apprentissages qui me seront assurément très précieux.

Finalement, ce défi m’a permis de constater une fois de plus le support incroyable de mes amis et de ma famille, qui ont été présents tout au long de ce processus et qui, par leurs encouragements inconditionnels, l’ont rendu possible. Un gros merci!


GOLF / JEAN-SÉBASTIEN LÉGARÉ

30 mai 2016

Jean-Sébastien Légaré est détenteur d’un baccalauréat en communication publique de l’Université Laval. Actuellement professionnel en titre du club de golf L’Atlantide à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot ainsi que chroniqueur et analyste de golf à RDS, il a fait partie de l’équipe masculine de golf Rouge et Or de 2003 à 2007.

Le golf, plus qu’un sport individuel!
Toute la saison converge vers les Championnats canadiens. Dès que le camp de sélection à la fin du mois d’août débute, on sent déjà que les entraîneurs placent leurs pions afin de bâtir la meilleure équipe possible neuf mois plus tard.

J’ai eu l’honneur de faire partie de l’équipe de golf du Rouge et Or de 2003 à 2007. À l’époque, nos entraînements étaient limités à l’intérieur lors de la session hivernale. Par contre, durant la semaine de relâche au mois de mars, nous avions le bonheur de nous diriger vers la Caroline du Nord afin de jouer à l’extérieur et ainsi peaufiner notre jeu du mieux qu’on le pouvait. Le but était de maximiser notre temps passé sur le parcours, car une fois le camp d’entraînement terminé, ce n’était qu’à la mi-mai que nous étions en mesure de retourner sur les allées québécoises. Faites le calcul rapidement, ce n’est que deux semaines avant le tant attendu Championnat canadien que nous pouvions enfin nous dégourdir à l’extérieur. La tâche était donc colossale! Nous devions tenir tête aux universités de l’Ouest, qui elles, profitent d’une saison de golf beaucoup plus longue que la nôtre. Pas d’excuses! Nous étions convaincus que nous pouvions rivaliser avec les meilleures universités aux pays.

En fait, quelques années plus tard, j’étais fier d’entendre la création d’un programme à l’étranger où plusieurs athlètes en golf du programme Rouge et Or pouvaient dorénavant passer leur session hivernale en Floride à peaufiner leur jeu tout en complétant leurs études à distance. Vive la technologie ! Rapidement, les résultats ont suivi et les équipes de golf masculines et féminines du Rouge et Or font maintenant partie de l’élite au pays.

Pour ma part, je devais constamment me battre afin de pouvoir me tailler une place au sein du cinq partant de l’équipe de golf. J’ai eu l’honneur de défendre les couleurs du Rouge et Or lors du Championnat canadien en 2006, qui a été disputé dans la région de Toronto au Thornhill Country Club. Hé oui ! Le golf est un sport d’équipe lors des championnats canadiens. Il y a certainement un volet individuel, mais le volet par équipe est beaucoup plus prestigieux à mes yeux. Sur les cinq participants d’une seule équipe, on cumule les quatre meilleurs pointages pour ainsi départager chaque université. Je me rappelle à l’époque, un pointage sous les 300 était une bonne journée. Pour vous situer, un score cumulatif de 288 est la normale pour 4 joueurs. Au cours des dernières années, cette barrière de 288 a été fracassée à plusieurs reprises par nos représentants lavallois et c’est ce qui démontre l’impressionnante évolution du programme de golf au cours des dernières années.

Lors de l’édition 2006, nous avions une équipe remplie d’espoir, mais je sentais qu’il nous manquait de profondeur afin de pouvoir récolter les grands honneurs. De mon côté, il s’agissait de ma première participation et sans contredit de l’événement golf le plus important de ma carrière amateur.

On se prépare du mieux que l’on peut, tout se passe très vite. On tente de maximiser nos rondes de pratiques en début de semaine. On doit s’acclimater rapidement à l’environnement, à la rapidité des verts et la hauteur de l’herbe longue. C’est quatre longues journées qui se dessinaient devant nous. Cette semaine-là a été une bouffée d’expérience incroyable pour mon jeu. D’un point de vue individuel, je n’ai pas joué à la hauteur de mes attentes et le parcours a eu le dessus sur mon inexpérience. Pour ce qui est du résultat par équipe, nous avons réussi à éviter la coupure à mi-chemin et à nous classer parmi les 10 meilleures équipes avec deux rondes à jouer. Malheureusement, la commande était lourde et nous avons fermé la marche du top 10 aux termes des 72 trous.  Avec le recul, malgré la déception au niveau du pointage, il s’agit d’une expérience inoubliable qui m’a permis d’en apprendre davantage sur moi-même et de grandir en tant qu’individu.

Cette semaine, diplôme bien en main et plusieurs années plus tard, je suis fébrile. C’est quatre filles et cinq garçons qui dépasseront leurs limites et défendront les couleurs du Rouge et Or de l’Université Laval à l’occasion du Championnat canadien disputé sur les allées du Club de golf Morningstar, à Parksville en Colombie-Britannique. Neuf individus et une équipe d’entraîneurs qui ont tout fait pendant plus de neuf mois pour maximiser leur potentiel et ainsi décrocher un titre national. Pour ma part, je vous souhaite une semaine exceptionnelle. Profitez de ces moments inoubliables, donnez votre maximum et ramenez-nous donc une bannière au passage!

Jean-Sébastien Légaré


BASKETBALL / JACQUES PAIEMENT SR

17 mai 2016

Jacques Paiement Sr est entraîneur adjoint de l’équipe masculine de basketball Rouge et Or depuis 2012. Il a auparavant dirigé la formation de 1999 à 2008, menant notamment Laval à cinq titres provinciaux et deux médailles de bronze consécutives au Championnat canadien en 2002 et 2003, le meilleur résultat de l’histoire du club.

 « Toute bonne chose a une fin », annonce le dicton. Voilà une façon simple de valider certains choix. Par contre, d’autres décisions méritent de plus amples informations. Comme celle, pour moi, d’annoncer que je cesse définitivement d’œuvrer au sein de l’équipe masculine de basketball Rouge et Or.

Déjà en novembre 2008, un problème de santé me force à quitter le poste d’entraîneur-chef. Les deux hivers suivants, passés en Floride avec l’équipe de golf, ne font qu’adoucir le vide ressenti suite à ce sevrage prématuré. 

Alors, à l’été 2012, je reviens à mon sport de prédilection à titre d’entraîneur-adjoint. Quatre ans plus tard, les exigences passées et présentes du coaching d’excellence font ressortir d’autres malaises physiques qui, quoique sous contrôle, lancent des messages que je dois respecter.

Je veux bien que le dicton cité au début se révèle exact, mais, pour la seconde fois, cette fin arrive abruptement. Beaucoup trop même.

Cependant, comme je suis privilégié d’avoir une famille directe qui grandit allègrement au rythme de leurs nombreuses activités, la pensée d’être beaucoup plus présent à chacune d’elles me sert de baume. Ma passion de l’apprentissage-moteur et de la participation sportive et culturelle se validera maintenant à travers les activités de mes enfants et de mes petits-enfants. De plus, je pourrai ainsi seconder mon épouse qui l’a tellement bien fait durant toute ma carrière. Enfin, plusieurs hobbys, voire passions, n’attendent que le moment de me stimuler à nouveau. À l’aube de la soixante-dizaine, je veux m’assurer que je ne manquerai pas trop de temps…

Pour terminer, je désire saluer chacun des membres de mon autre famille. Élargie celle-là. Celle du sport étudiant, composée des participants et des intervenants qui me laissent en héritage une quantité inépuisable et une qualité inestimable de souvenirs. Ces derniers regroupent des réalisations sportives, bien sûr, mais surtout des contacts humains, des passions et des rêves partagés. Ils doivent leur présence et leur importance à cette soif de s’affirmer et de réussir que j’ai eu le bonheur de partager avec un si large éventail de communiants.

Aux intervenants des programmes adverses comme à ceux chapeautant les structures sportives qui ont permis une foule de nobles confrontations, je transmets toute ma gratitude. Cette même appréciation revient également aux officiels que je salue avec respect et grande considération.

Les mots manquent quelquefois pour décrire des sentiments qui nous assaillent. Comment remercier avec toute l’ampleur méritée les gens qui m’ont accordé leur confiance, appuyé et secondé? Sachez que le soutien que vous m’avez apporté au sein des programmes Kodiak et Rouge et Or sera toujours une source profonde de reconnaissance.

Aux joueurs des deux programmes précédemment mentionnés, qui ont rendu tout cela possible, sachez que votre compréhension, votre acharnement, votre passion m’ont comblé tout au long de ma carrière. Vous portez bien haut l’étendard de la réussite personnelle reliée à la participation sportive de haut niveau.

Le sport, en général, et le basketball, en particulier, demeureront toujours une passion. Confiné maintenant au rôle de spectateur,  je me console cependant à l’idée que, dans le futur, j’aurai l’occasion de rencontrer plus souvent et plus longtemps, un plus grand nombre d’entre vous…

Jacques Paiement Sr


FOOTBALL / ADAM THIBAULT

9 mai 2016

Adam Thibault évolue comme demi défensif et sur les unités spéciales pour les Stampeders de Calgary dans la Ligue canadienne de football. Étudiant au baccalauréat en intervention sportive à l’Université Laval, il a porté les couleurs du Club de football Rouge et Or de 2010 à 2013.

Ça y est, nous sommes en janvier 2014 et j’ai été invité à participer au camp d’évaluation de la Ligue canadienne de football. Cela signifie que certaines équipes professionnelles sont intéressées par mon talent de footballeur. C’est extraordinaire! Je suis exactement dans la position que j’ai toujours rêvé me retrouver depuis que j’ai commencé à jouer au football à la polyvalente de L’Ancienne-Lorette. Cela étant dit, je ne vais pas arrêter ma progression ici. C’est bien d’être invité, mais maintenant je dois viser plus haut, comme je le fais toujours.

La recette du succès débute par la chose la plus importante de cette incroyable expérience de football. Je me concentre sur « ma vision ». Oui, j’ai des buts, mais avoir des buts, ce n’est pas assez. Tout le monde a des buts, mais moi, j’ai encore mieux. J’ai une vision du camp d’évaluation de la LCF, le 21 mars à Toronto. Pourquoi une vision? Parce qu’elle vient avec une stratégie et un plan précis. Les buts, ce ne sont que des chiffres, des résultats finaux. Je ne me concentre pas sur les résultats, mais bien sur le processus, ce qui me mènera à donner le meilleur de moi-même à Toronto.

Vous vous demandez probablement en quoi consiste ma vision? Chaque minute, chaque heure, chaque jour qui passe d’ici là y seront consacrés. Voici ce que j’ai inclus dans mon plan :

1- Mange extrêmement bien;
2- Dors au moins huit heures par nuit;
3- Couche-toi tôt;
4- Fais une sieste pendant la journée;
5- Travaille sur tes compétences de football;
6- Visualise le camp d’évaluation de la LCF;
7- Fais en sorte que chaque seconde de chaque entraînement compte;
8- Utilise des techniques de massage diverses tous les jours pour le haut et le bas du corps;
9- Fais de l’hydrothérapie quotidiennement (bain chaud, bain froid, bain de contraste, bain de sel d’Epsom);
10- Assure-toi de bien t’hydrater;
11- Répète chaque jour les mots clés et conseils que ton entraîneur te donne;
12- Assure-toi de prendre tous tes suppléments aimablement fournis par XPN;
13- Et le plus important, AMUSE-TOI!

Si je suis ma vision à chaque seconde qui passe, je serai au mieux que je peux possiblement être pour l’événement de football le plus important de ma carrière.

Avec le recul, je mentirais si je vous disais que j’ai suivi ma vision chaque seconde de chaque journée, du moment où j’ai su que j’allais participer au camp d’évaluation de la LCF jusqu’au jour J. Toutefois, une chose est sûre, je peux regarder n’importe qui dans les yeux et dire sans crainte que je n’ai pas dérivé souvent de ma vision parfaite au cours de ces trois mois de préparation.

Mais vous savez quoi, je crois que si seulement une fois de temps en temps on s’éloigne de notre vision parfaite, c’est bon pour notre âme parce qu’on s’accorde le droit de déconnecter pour ensuite appuyer sur le bouton reset. Après tout, si on veut réussir, notre cerveau, notre corps et notre âme doivent aller dans la même direction!

Nous voilà enfin rendus au camp d’évaluation de la LCF. Ça a été un plaisir de me préparer en compagnie de Guillaume Bourassa, Pascal Lochard, Pierre Lavertu, Karl Monjoie, Julian Bailey, Vincent Desloges et notre incroyable préparateur physique Guillaume Rioux.

JOUR 1
Je suis maintenant à Toronto et je suis heureux de voir tous ces athlètes qui ont faim de succès et qui semblent plus prêts que jamais. J’ai de bonnes discussions avec plusieurs joueurs de partout à travers le pays que j’ai eu la chance de connaître lors du Défi Est-Ouest l’année précédente. Mon nom a été pigé pour subir un test CCES aléatoire (test de dépistage de drogue). Ce sera mon troisième dans la même semaine et ça démontre tout le sérieux de la LCF à ce camp d’évaluation.

Ensuite, place aux entrevues! Plusieurs espoirs semblent stressés et se souhaitent même bonne chance l’un à l’autre. Pour ma part, je vois ces entrevues comme une réunion ordinaire où je vais avoir la chance de bien m’entendre avec les directeurs généraux et le personnel d’entraîneurs de plusieurs équipes. Je réponds à toutes les questions sans trop me tracasser avec ce que je leur dis. Par conséquent, je fais tout le processus d’entrevue en répondant avec mon cœur, et surtout en demeurant moi-même. Les entrevues sont une expérience extraordinaire; en fait, j’ai du plaisir avec toutes les équipes dont j’ai la chance de discuter.

JOUR 2
Je suis calme, confiant et prêt à performer. J’ai une vision et maintenant il est temps de la réaliser. Je suis dans ma zone et vraiment concentré.

Le premier jour de test s’est très bien déroulé. J’ai réussi 18 répétitions au développé couché, ce qui représente un record personnel. J’ai atteint 37,5 pouces au saut vertical et 9 pieds 6 pouces au saut en longueur.

JOUR 3
Pour moi, cette journée représente l’événement principal! Pourquoi? Parce que j’ai la chance de jouer au football, la principale raison pour laquelle je suis ici, la même raison pour laquelle tous les entraîneurs sont ici. De plus, je suis impatient de démontrer que mes habiletés physiques peuvent se transférer sur un terrain de football. Je suis excité d’enfin jouer au football et surtout de faire du un contre un. Mais d’abord, je dois effectuer les tests de la navette sur 20 verges, des trois cônes et de la course de 40 verges.

Je réussis 4,03 lors de la navette, 6,88 au cours du test des trois cônes et 4,45 lors de la course de 40 verges.

Malheureusement, j’étire ma cuisse lors de mon deuxième essai à la course de 40 verges. Je suis tellement déçu! Je suis venu à une évaluation de football, j’ai apporté mes épaulettes et mon casque et je ne suis même pas en mesure de participer à un seul jeu de football. J’étais prêt à tout, j’étais sur le point de terminer d’une manière positive une grande expérience de football, mais cette blessure rend la chose impossible. Je me dis : « Comment tout ça peut arriver? C’est ma première blessure à la cuisse depuis 2009, pourquoi ça survient aujourd’hui? »

J’ai toujours avancé dans ma vie en étant positif, alors je suis passé à travers cette blessure assez rapidement en me disant que c’était quelque chose que je ne pouvais pas contrôler et que rien n’arrive pour rien.

Je suis content de mon expérience au camp d’évaluation de la LCF, même si j’aurais aimé la terminer en force.

LE JOUR DU REPÊCHAGE
Maintenant, me voilà rendu au moment que j’ai attendu toute ma vie, le repêchage de la LCF. Je ne suis pas du tout stressé, je suis excité! Excité de savoir quelle équipe et quelle ville je représenterai fièrement lors de la prochaine saison de football.

Je suis entouré de mes proches, ma famille, mes amis, mes anciens entraîneurs et tous les joueurs du Rouge et Or de l’Université Laval. Quelle expérience incroyable, je suis choyé et j’en apprécie chaque moment!

BOOM! Les Stampeders de Calgary me choisissent au troisième tour, 24e au total. L’attente entre le premier choix au total et ma sélection m’a paru une éternité! J’avais espoir d’entendre mon nom en deuxième ronde, mais au bout du compte, ce qui importe est d’avoir une opportunité de démontrer mes compétences dans un camp d’entraînement d’une équipe professionnelle. De plus, après avoir discuté avec presque toutes les équipes de la LCF pendant les entrevues, les Stampeders étaient de loin mon équipe préférée. Quelle bénédiction d’avoir la chance de jouer pour eux!

Tout a commencé avec ma famille et tout se termine également avec eux. Je remercie de tout cœur ma mère, qui est la personne la plus pure sur terre, mon père, qui est le meilleur exemple qu’un fils peut suivre et ma sœur pour la personne et l’athlète incroyable qu’elle est, ce qui fait d’elle mon modèle et ma meilleure amie. Je vous aime tous!


SOCCER / EVELYNE AUDET

8 avril 2016

Evelyne Audet est détentrice d’un baccalauréat multidisciplinaire (anglais, droit, journalisme) en arts à l’Université Laval. Aujourd’hui animatrice au Canal Évasion et à V-Télé et journaliste à La Presse, elle a fait partie de l’équipe féminine de soccer Rouge et Or lors de l’année 2005-2006.

Je m’appelle Evelyne Audet,

Je suis animatrice télé et journaliste aux sports à La Presse. J’ai été membre de l’équipe de soccer féminine du Rouge et Or lors de la saison 2005-2006. J’évoluais aux postes d’attaquante et de demie d’aile.

Un parcours différent
Être membre du Rouge et Or a été pour moi une réelle fierté et un grand accomplissement. Si j’avais joué au soccer toute ma vie, je n’avais toutefois pas suivi le parcours de haut niveau de mes camarades, qui elles étaient presque toutes en sport-études en plus de jouer dans l’élite. J’ai plutôt évolué dans le «deux lettres» (AA) pendant plusieurs années et ce n’est que vers l’âge de 16 ans que j’ai joint le Dynamo de Québec dans le AAA. Déjà, je sentais un certain décalage entre ma technique et celle des autres membres de l’équipe, mais ma fougue et mon cœur au ventre m’ont permis de rattraper le temps perdu et de me tailler une place dans le niveau élite. J’ai ensuite fait partie de la première mouture de l’équipe féminine de soccer du Cegep F-X Garneau. Puisque nous avons remporté de grands honneurs, le soccer féminin a pris un envol mémorable à cette époque, et plusieurs joueuses de partout aspiraient maintenant à joindre les clubs de haut niveau de la grande capitale; une bonne nouvelle pour le sport, mais un défi de plus pour moi qui voyais mes chances d’évoluer au niveau universitaire diminuer.

Or, il faut croire que l’entraîneur de l’époque, Helder Duarte, a vu quelque chose en la joueuse que j’étais, et c’est ainsi que mon entrée dans le grand club s’est concrétisée.

Représenter une équipe
Le sport a toujours fait partie de ma vie, c’est donc sans surprise que j’en fais un métier aujourd’hui. Mais le métier de journaliste est assez saturé, il faut donc savoir y faire sa place en ajoutant des cordes à son arc. J’ai toujours trouvé que pour faire du bon journalisme sportif, il fallait avoir fait ses classes sur le terrain, et non pas seulement devant son écran. Connaître par cœur des statistiques est une chose, mais il n’y a rien de mieux que d’avoir soi-même chaussé les patins ou les crampons pour connaître ce dont on parle, et encore plus lorsqu’on l’a fait à un haut niveau. En ce sens, faire partie du Rouge et Or a été très formateur pour moi.

D’entrée de jeu, j’ai dû me frotter à une toute nouvelle éthique du sport que je ne connaissais pas auparavant. Chaque entraîneur a ses caprices, mais on réalise rapidement qu’ils ont tous le même objectif : le respect du club pour lequel on joue. Anecdote : au début de la saison, à quelques minutes de la partie, dans le vestiaire, mon chandail de match se retrouve par mégarde sur le sol. Immédiatement, les filles de mon équipe me crient après : « Eve, ton chandail!!!!! » Je ne comprenais pas trop de quoi il s’agissait jusqu’à ce qu’on m’explique que si Helder avait vu mon chandail de match par terre, je serais restée sur le banc pour toute la partie!

Ce n’est là qu’un exemple de toutes ces petites choses qui font que peu à peu, on apprend à respecter le logo et l’image de notre club, et on développe une appartenance infaillible à notre équipe. On considère maintenant notre sport comme beaucoup plus qu’une passion. Il devient une partie intégrante de notre vie, et on s’y sent en représentation dans tous les aspects de notre quotidien. Je me souviens d’une rencontre que nous avions eu pour nous aviser de faire attention à notre comportement, même à l’extérieur du terrain, de faire attention à nos publications sur internet, de réaliser que nous sommes maintenant des représentants du Rouge et Or et que toutes nos actions sont épiées! Il s’agit là d’une certaine pression pour des jeunes d’âge universitaire, mais cette pression m’a aidée à comprendre bien des choses aujourd’hui.

Grâce à mon passage dans le Rouge et Or, je suis beaucoup mieux placée pour comprendre ce qu’une institution comme La Presse peut attendre de moi. Mais j’ai aussi aujourd’hui une meilleure compréhension et une certaine empathie pour les joueurs professionnels qui doivent conjuguer avec les mêmes paramètres, avec une visibilité décuplée par rapport à ce que j’ai vécu évidemment… Peut-être que cela fait de moi une journaliste un peu plus clémente à l’égard des joueurs professionnels!


FOOTBALL / CHARLES LAMBERT

1er avril 2016

Charles Lambert est bachelier en informatique à l’Université Laval. Il a évolué comme receveur et quart-arrière au sein du Club de football Rouge et Or de 2011 à 2014.

Voilà maintenant près de deux ans que j’ai accroché mes crampons. Les samedis soirs d’automne sous les projecteurs sont maintenant chose du passé. J’ai dit adieu à ce qui m’apportait le plus de plaisir dans la vie, gagner des matchs de football et marquer des touchés.

Plus je m’approchais de la fin de ma carrière, plus l’avenir m’effrayait. Ce que j’imaginais de ma vie après le football était beaucoup moins rose que mon temps passé avec mes amis à nous entrainer pour atteindre nos rêves et à célébrer nos victoires. Ayant étudié en informatique, j’ai toujours flirté avec l’idée qu’un jour j’allais démarrer ma propre entreprise combinant le sport et la technologie. Toutefois, il me manquait toujours une petite étincelle pour m’y lancer. 

Avant d’entamer ma dernière saison de football avec le Rouge et Or, j’ai fait la connaissance de deux jeunes hommes et maintenant amis, Khalil Zahar et Alexandre Marcotte, qui m’ont ouvert la porte vers l’après-football à laquelle j’étais destiné. À notre première rencontre, ils m’ont « pitché » l’idée Hykso. Intégrer la technologie au monde du sport à l’aide de « wearables » pour finalement permettre aux athlètes de mesurer avec précision leur performance sur le terrain. Plus précisément dans le cas présent, dans un ring de boxe. La technologie en question consiste en de petits senseurs portés par les boxeurs et les athlètes d’arts martiaux mixtes qui permettent de reconnaitre quels types de coups sont lancées ainsi qu’à quelle vitesse ils le sont. Les senseurs communiquent avec une application mobile permettant ainsi aux athlètes de mesurer leur performance dans de réelles conditions de compétition alors qu’auparavant, ils mesuraient seulement leur performance en salle d’entrainement. Nous voulons ensuite adapter cette technologie aux autres sports.

Cette aventure était une chance en or pour moi de vivre une expérience unique me permettant de revivre le même genre d’émotions que je vivais lorsque je réussissais à transformer un jeu au football qui n’allait nulle part en une passe de touché.

Démarrer son entreprise dans un domaine encore aussi jeune amène sa gamme d’émotions. Un jour, tu te questionnes à savoir pourquoi tu continues quand le monde entier est contre toi. Le lendemain, tu vis à fond cette expérience en sachant que tu es exactement au bon endroit. Le football a été mon école de vie qui me permet aujourd’hui de surmonter toutes ces épreuves et de garder les yeux sur la cible. J’ai appris à toujours penser au prochain jeu et à soutenir mes coéquipiers peu importe ce qui se passe, car je sais qu’ils feront la même chose pour moi au moment venu. Dans une équipe de championnat, faites-moi confiance je sais de quoi je parle, personne ne pointe du doigt les autres quand ça va mal. Au contraire, tout le monde se retrousse les manches pour trouver des solutions. C’est ce genre de culture que nous tentons de renforcir tous les jours chez Hykso. Ces valeurs m’ont été enseignées par des gens incroyables tout au long de mon parcours au football. Pour en nommer seulement que quatre, j’aimerais remercier André Gosselin et Nicolas Grenier (Polyvalente Benoît-Vachon), Pat Boies (Cégep Garneau) et Glen Constantin (Rouge et Or) pour avoir cru en moi et m’avoir aidé à faire ma place dans un sport qui est supposé être réservé aux gros et grands hommes, du haut de mes 5’7’’.

Depuis début janvier, notre startup Hykso a déménagé dans la cour des grands à Silicon Valley en Californie, car nous avons été acceptés au plus grand accélérateur d’entreprise au monde, le Y Combinator. De « petites » compagnies comme Airbnb, Dropbox, Twitch et Reddit sont passées par là. Bref, c’est le Harvard des accélérateurs. Toute l’équipe s’est réunie dans une grande maison en Californie pour se concentrer à créer quelque chose que les gens veulent. Si vous avez écouté le film Facebook ou encore la série télé Silicon Valley, et bien je vous le confirme, ça ressemble un peu à ça la vie ici. Cette aventure était prévue pour au moins quatre mois débutant en janvier. Chaque matin, nous nous réunissions pour trouver la meilleure façon de faire croître notre compagnie et ensuite nous nous mettions à la tâche. Nous avons répété cette formule jour après jour pendant 90 jours jusqu’au match final, Demo Day. Le 22 mars dernier à Demo Day, nous avons présenté notre compagnie et tous les exploits que nous avons accomplis durant les 90 derniers jours aux plus grands investisseurs de ce monde. Je suis fier de dire que nous n’avons rien laissé sur le terrain et que nous avons tout fait dans la mesure du possible pour atteindre nos objectifs. Un peu de nostalgie… Un gros merci à toute mon équipe chez Hykso: Khalil Zahar, Alexandre Marcotte, Patrick Chandler, Tommy Duquette, Jérome Soucy, Alexandre Lapointe, Éric Brown et ma merveilleuse petite amie Joanie Bond pour tous les sacrifices que vous faites. 

Le programme Y Combinator est maintenant terminé et nous devons voler de nos propres ailes pour continuer à bâtir la compagnie à laquelle nous rêvons. Comme le Rouge et Or, Hykso est à la conquête de l’excellence! Il en reste beaucoup plus à faire qu’il y en a de fait, mais nous avons une équipe solide en laquelle j’ai entièrement confiance. Notre avenir est risqué et j’adore ça! Nous avons la possibilité de créer quelque chose de plus grand que nous et nous allons nous battre jusqu’au dernier coup de sifflet, croyez-moi!

Pour en savoir plus sur Hykso, vous pouvez visiter le site Web, ou encore la page Facebook de l’entreprise.


TRIATHLON / ALEXIS LEPAGE

24 mars 2016

Alexis Lepage est étudiant en Sciences de la consommation à l’Université Laval et fait partie du club de triathlon Rouge et Or depuis 2014 et de cross-country Rouge et Or depuis l’automne 2015.

S’éloigner pour mieux performer!
J’ai quitté le pays le 31 décembre dernier pour évoluer à l’étranger et je ne vais probablement pas revenir au Québec avant la Coupe du monde de triathlon à Montréal le 7 août. Si pour certains c’est un rêve, comme moi auparavant, maintenant c’est mon quotidien. Oui, vivre le rêve, mais aussi les investissements, dont mes  communications avec les membres de ma famille et mes amis qui se font dorénavant via Facetime.

Pour une deuxième année, j’évolue sur le circuit de la Fédération internationale de triathlon (International Triathlon Union – ITU) à titre de triathlète élite. Très loin de bénéficier d’une vie de luxe dont profite les athlètes qui font partie les ligues d’équipes professionnelle (NBA, NFL, NHL), les triathlètes font beaucoup avec peu. Mais, à l’instar de tous les autres membres des Wizards, un groupe international comportant environ quinze triathlètes élites parmi les meilleurs au monde, cela n’a pas d’importance. Notre sport, c’est notre mode de vie, notre passion… Pour lui, nous poussons nos limites, défiant l’imaginable avec l’inimaginable. La conquête d’une place sur l’équipe olympique canadienne, c’est LA raison pour laquelle je suis outre-mer. C’est mon but, aussi stéréotypé que cela puisse paraitre, jeune je le désirais déjà, maintenant dans la dernière ligne droite, j’ose dire, cette qualification m’habite à chaque mètre que je franchis. Ce départ accordé par la fédération canadienne pourrait bien être en 2016 pour les Jeux olympiques de Rio, mais cela pourrait aussi être un cycle plus tard à Tokyo. Soyons clairs,  je la veux et je suis déterminé à l’obtenir.

2015 a été la première étape d’un investissement à grande échelle. Je suis parti en Australie pour m’entraîner avec les meilleurs au monde et m’approcher de ma cible; les JO, mais surtout pour mieux apprendre à performer en compétition. Mon année 2015 a été parsemée de réussites et d’échecs, d’apprentissages et de déceptions, mais ce fut une année que je ne regrette en rien. Du mois de janvier au mois de mai, j’étais en Australie, plus précisément à Wollongong, une ville côtière située à environ 80 km au sud de Sydney. À partir de ce camp de base, j’ai participé à des compétitions en Nouvelle-Zélande, en Chine, aux Philippines et, bien sûr, en Australie.

Par la suite, du mois de juin jusqu’à la mi-septembre, les membres de mon groupe et moi nous nous sommes installés à Vitoria-Gasteiz, en Espagne. Il s’agit d’un endroit idéal pour l’entraînement, en raison de sa proximité avec les autres pays européens, du faible coût de la vie et des facilités d’entraînement. Ma nouvelle « maison » était donc l’Espagne pour trois mois et demi. J’ai pris part à des compétitions en Allemagne, en Ukraine, en Suède, aux Pays-Bas, en Espagne et en France.  Chez nos cousins français, je bossais pour l’équipe française de première division de Montpellier  qui rivalisait pour le Grand Prix F.F.TRI de Triathlon (l’un des circuits nationaux les plus relevés au monde). À la fin de ce périple, j’ai terminé mon année de triathlon à Chicago. J’ai représenté le Canada aux championnats du monde de triathlon, où j’ai terminé en 8e position chez les 23 ans et moins.

Débuts tardifs à l’Université Laval
Ma participation aux Championnats du monde l’oblige, j’ai débuté ma session universitaire de l’automne avec quelques semaines de retard. J’ai complété mes cinq cours avec succès tout en poursuivant l’entraînement. Ouf !

Intéressé par la voie de l’entrepreneuriat pour devenir chef d’entreprise, j’ai choisi de m’inscrire au baccalauréat en administration des affaires par cumul de certificats étant donné le très grand nombre de cours offerts à distance. Je suis d’ailleurs inscrit à deux cours à la présente session. Mon projet d’affaires, c’est pour l’après Jeux olympiques…

En septembre dernier, j’ai accroché mes baskets de triathlète pour prendre ceux de cross-country avec le club du Rouge et Or. Bien que ma performance ne se soit pas révélée au-delà de mes attentes, principalement en raison d’une blessure, je suis très heureux de cette expérience et je compte bien tirer mon épingle du jeu pour la saison 2016 de cross.

Pas de sacrifices, juste des investissements
Mon périple de 2015 m’a coûté une petite fortune et pas uniquement au plan financier. Je n’arrivais pas à concrétiser ce que j’espérais faire; études, entraînements, démarrage d’un commerce en ligne pour financer partiellement mon aventure vers les JO, etc. Seulement pour l’entraînement avec mon groupe, il fallait compter de 25 à 30 heures par semaine, auxquelles je devais ajouter deux heures de massothérapie, une heure de physio, une heure avec ma psychologue sportive et j’en passe. En général, il fallait réserver 40 heures par semaine pour tout ce qui a trait à l’entraînement de triathlon, sans compter les siestes qui sont quasi obligatoires et les déplacements aller et retour vers les sites où se tiennent les compétitions. Le temps est une denrée périssable qui expirait plutôt rapidement, du moins en ce qui me concerne. C’est donc un investissement de temps et d’argent que j’ai fait en 2015 en vue d’être un meilleur athlète et de me rapprocher de mon rêve olympique.

Ayant décidé de répéter l’expérience en 2016, j’ai passé le Nouvel An dans l’avion en direction de l’Australie afin de poursuivre le travail avec mon groupe (sans avoir peur des mots : les meilleurs sur la planète), sous la supervision du maître/entraîneur Jamie Turner (disons-le, reconnu mondialement). Encore une fois, mon horaire est très chargé, mais j’y étais préparé mentalement, contrairement à l’année précédente. J’ai donc commencé l’année avec un camp de trois semaines en altitude afin d’être prêt pour la saison de triathlon au plan international. Cette fois-ci il n’y aura jamais trop d’attentes.

Cette année, je performerai sur le circuit de la coupe du monde afin de prendre de l’expérience et de grimper dans le classement international. Avec de trois à six heures d’entraînements intensifs par jour, six jours sur sept (le 7e jour inclut un jogging d’environ 20 km), je dois me discipliner au maximum pour mettre mes études à l’horaire.

Tous ces investissements me rapprochent définitivement de mon rêve olympique, et d’une vie post-athlétique, ce rêve que je chéris tant depuis l’âge de 5 ans…


SOCCER / JESSICA BUNKER

18 mars 2016

Jessica Bunker est étudiante au baccalauréat en architecture de l’Université Laval et évolue comme attaquante au sein du Rouge et Or depuis l’automne 2015.

Je me présente : Jessica Bunker, jeune fille de la région de Montréal, nouvellement résidente du Vieux Québec pour les études. Cet automne, j’ai eu l’incroyable opportunité de joindre l’équipe de soccer féminine comme jeune recrue en entamant ma première année en architecture dans le Vieux Séminaire de l’Université Laval.

On pourrait dire que mon enfance se résumait à jouer au soccer, manger et dormir. Jamais je n’aurais cru, dans ma vie, atteindre un niveau de soccer aussi élevé, puisque pour moi, ce sport était avant tout un synonyme de « plaisir et amies ».

C’est en jouant pour le cégep du Vieux Montréal que j’ai réalisé que j’avais un réel potentiel pour jouer à un haut niveau, grâce à l’encadrement de mon entraîneur et ses assistants. Le cégep formait sa première équipe de soccer féminine l’année où je finissais ma technique en architecture et j’ai eu le grand privilège d’être nommée la capitaine par le personnel d’entraîneurs qui me faisait confiance et qui a toujours cru en moi plus que je ne croyais en moi-même. À la fin de la saison, nous nous sommes retrouvées avec 10 victoires et deux défaites, en plus d’avoir gagné la bannière régionale en séries éliminatoires dans notre division. Je dois dire que même si on était dans une division faible, c’était une grande fierté pour moi d’avoir dirigé une équipe collégiale qui venait de faire son entrée dans le monde du soccer féminin pour la première fois.

Malheureusement pour moi, je savais que la fin de mon DEC signifiait un départ pour l’université l’année suivante. Ça m’attristait de devoir partir, mais jamais je n’oublierai le lien que j’ai eu avec mes coéquipières du cégep. Peu de gens comprennent à quel point le sport crée des liens forts entre les individus. Il faut le vivre pour réellement le comprendre : une équipe sportive, c’est littéralement une deuxième famille.

Je voulais donc à tout prix revivre cette expérience que j’avais vécue au cégep. J’étais déterminée à sortir de ma zone de confort et travailler autant qu’il le fallait pour faire l’équipe de soccer du Rouge et Or. On dirait que soudainement, j’avais un besoin de débuter le parcours que je n’ai jamais voulu entreprendre dans mes jeunes années comme joueuse de soccer. On m’avait dit que l’équipe de soccer à Québec était une très bonne équipe, mais je n’avais aucune idée de l’importance de celle-ci et surtout, je n’avais aucune idée que l’équipe avait gagné le Championnat canadien la même année où j’ai appliqué à l’université. Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, mais j’avais une envie de me lancer. Donc, avec l’aide du cégep, j’ai eu la chance d’être en contact avec l‘entraîneur du soccer féminin universitaire, Helder Duarte. Il m’a dit que je pourrais faire le camp de sélection en automne si jamais j’étais acceptée dans mon programme.

Donc, me voilà aux camps de sélections, au Stade TELUS, quelques mois plus tard, à essayer d’intégrer la meilleure équipe de soccer universitaire du pays, et ce, sans bagage intéressant dans le monde compétitif du soccer. Je me rappelle m’être dit: « Au pire, ce n’est pas grave si tu n’es pas prise, au moins tu auras essayé ! » Mais au fond de moi, je savais que je serais déçue si je ne faisais pas l’équipe. Pour moi, c’était le scénario parfait de pouvoir pratiquer le sport que j’aimais en même temps qu’étudier l’architecture, un domaine qui me passionnait autant que le soccer. Je voulais également me prouver que j’étais capable d’intégrer une équipe aussi prodigieuse.

Je venais de déménager, la journée même, dans un appartement dans le Vieux Québec avec une colocataire que je ne connaissais même pas. Je venais de faire mes « au revoir » à mes amis à Montréal puisque je savais que je ne reviendrais pas souvent. J’arrive avec mon chandail du cégep du Vieux Montréal sur le dos, observant le groupe de filles tout habillées pareil avec le chandail noir écrit « Rouge et Or : De gloire et d’excellence », me dévisageant un peu, se demandant j’étais qui. Mon Dieu que j’étais stressée! Je me rappelle à quel point j’ai joué mon pire soccer la première journée du camp de sélection et à quel point j’étais découragée de moi-même. Les filles étaient des machines, faisaient leurs passes à la perfection, tiraient au but comme des déchainées. Quant à moi, je faisais mes passes tout croche et je tirais comme un enfant de 12 ans… L‘entraîneur est venu me voir après la pratique, m’a dit de revenir le lendemain et je voyais dans ses yeux à quel point il n’était pas satisfait de ma performance. Ce regard d’insatisfaction est tout ce qu’il me fallait pour me permettre de rebondir.

Effectivement, la deuxième journée du camp de sélection a été un grand revirement. Je pense avoir surpris l‘entraineur et moi aussi, d’ailleurs. Je pense que j’avais besoin de m’adapter à un niveau de jeu auquel je n’étais pas habitué à être confronté à ce jour. J’ai redoublé mes efforts en espérant me surpasser et prouver que j’avais en effet ma place au sein de l’équipe. À la fin de la semaine de camp, après m’être donnée corps et âme sur le terrain, la phrase que je rêvais d’entendre s’est fait dire par l‘entraîneur : « Jess, on te prend dans l’équipe. »

Je n’en croyais pas mes oreilles.

La saison d’hiver tirant à sa fin, je dois dire que mon expérience au sein du Rouge et Or a largement dépassé mes attentes. En intégrant l’équipe, je ne connaissais pas la réelle importance du programme sportif de l’Université Laval et l’attrait médiatique que celui-ci engendrait. Je suis passée d’une fille qui jouait au soccer pour le plaisir avec des amies à une fille qui se ramasse à signer des autographes à des petites filles qui voient les joueuses du Rouge et Or comme des « stars ». Je me rappellerai toujours du sentiment que j’ai eu la première fois que je suis rentrée dans le vestiaire du Rouge et Or : des places assignées, les noms gravés sur des plaques métalliques, les divans au centre, les trophées… Je croyais rentrer dans le vestiaire des Canadiens de Montréal. Je voulais quasiment que quelqu’un me pince le bras pour savoir si tout cela était vrai.

Par contre, en intégrant l’équipe, je savais que j’avais beaucoup de travail à faire pour atteindre le niveau de jeu des autres joueuses qui avaient déjà une bonne longueur d’avance sur moi. Étant une jeune recrue avec peu d’expérience, il faut que je m’assure de tout donner à chaque fois que  j’embarque sur le terrain, et ce, même si je passe une nuit blanche pour finir une maquette à temps pour une critique en architecture. On sous-estime souvent le programme dans lequel je suis; pourtant, les domaines en création sont souvent tellement demandant puisqu’un projet ne finit jamais. C’est donc un combat constant entre : est-ce que je passe une nuit blanche pour faire un beau travail pour ensuite arriver fatiguée à ma pratique ou est-ce que je remets un travail «correct » pour pouvoir arriver en forme pour la pratique ? Vous demanderez aux filles de l’équipe le nombre de fois où je me suis présentée à une pratique avec des petits yeux fatigués!

Bref, faire partie du Rouge et Or demande beaucoup de sacrifices et une bonne gestion de son temps. Souvent, on est confronté à faire des choix qui peuvent parfois être difficiles, surtout pour une étudiante en première année qui rentre dans un monde complètement nouveau. Il faut souvent savoir dire non aux fameux « party » avec la gang en architecture pour pouvoir être en forme pour une pratique ou un match le lendemain, ce qui n’est pas évident pour quelqu’un qui essaye de s’intégrer non seulement dans une équipe de soccer déjà soudée, mais également dans sa propre cohorte en architecture. Jongler avec ces deux mondes n’est pas facile, mais quand je pense à tout ce que j’ai vécu jusqu’à maintenant, je n’échangerai tout ça pour rien au monde. J’ai une chance incroyable de vivre cette expérience et de faire partie d’une équipe de feu. J’ai peut-être beaucoup de choses à apprendre et du chemin à faire, mais je pense être bien partie.

Pour finir, je tiens absolument à remercier mes parents qui ont fait de nombreux sacrifices pour me permettre de réaliser cette expérience inoubliable. Ce n’est peut-être pas facile pour eux de voir leur fille grandir loin de la maison familiale pour les études, mais je sais que peu importe ce que je décide de faire, ils seront toujours là pour m’appuyer.


SKI ALPIN / ÈVE ROUTHIER

11 mars 2016

Ève Routhier est actuellement étudiante au baccalauréat en communication publique à l’Université Laval. Championne individuelle du RSEQ à son unique saison dans l’uniforme du Club de ski alpin Rouge et Or en 2014-2015, elle a accepté au terme de cette saison le poste d’entraîneure adjointe de la formation.

Bonjour,

Je m’appelle Ève Routhier et j’occupe actuellement le poste d’adjointe à l’entraineur en ski alpin. Avant de joindre la grande famille du Rouge et Or, j’ai fait partie de l’équipe nationale de ski alpin et participé à des compétitions internationales pendant près de dix ans. Du coup, contrairement à la plupart des étudiants-athlètes du Rouge et Or, j’ai dû mettre mes études en veilleuse pendant plusieurs années afin de me concentrer uniquement sur ma carrière sportive. Je savais que je retournerais éventuellement sur les bancs d’école, mais où, quand et dans quel domaine? Seul le temps me le dirait. À ce moment-là, mon plan d’après-carrière se résumait à cela.

On entend souvent dire que les athlètes sont bien mal préparés pour faire face à ce qui les attend dans la « vraie vie ». Et c’est vrai! Même si je trouvais mon plan assez précis comparativement à celui de plusieurs de mes coéquipiers, je me suis vite rendu compte que ma vision était plutôt illusoire. Après huit ans à fuir les tableaux noirs, les pupitres et les horaires réguliers, je vous assure que le retour à la réalité m’a frappée de plein fouet!

Heureusement, j’ai joint l’équipe de ski alpin du Rouge et Or, ce qui a grandement facilité cette transition. En plus, n’ayant pas complété ma formation collégiale, j’avais plusieurs cours de mise à niveau à reprendre et le sport m’a permis de garder un équilibre sain dans ma nouvelle vie.

Pourquoi le Rouge et Or? La ville, l’Université, les installations, l’équipe, l’ambiance… Toutes ces réponses! Je ne pourrais mettre le doigt sur LA raison qui m’a poussée vers Québec, le choix m’apparaissait tout simplement évident. Et là-dessus, je ne m’étais pas trompée! D’ailleurs, très rapidement, mon sentiment d’appartenance s’est développé envers ma nouvelle équipe. J’ai aussi eu, entre autres, la chance de représenter les couleurs du Rouge et Or lors des Universiades en Espagne et d’y remporter une médaille de bronze.

J’ai vécu une année exceptionnelle. Le ski avait toujours été pour moi un sport individuel, mais où l’organisation m’entourant était primordiale. Sur le circuit universitaire, ce concept d’équipe est plus vrai que jamais et l’ambiance y est rafraichissante. L’objectif principal, ce n’est plus tant les médailles individuelles, mais les victoires d’équipe à chaque fin de semaine de courses et les bannières. Une complicité s’installe entre coéquipiers alors qu’une rivalité se vit davantage entre les universités. D’ailleurs, cette atmosphère se reflète au bas des pistes lorsque tous se regroupent pour encourager un des leurs.

Bref, une expérience absolument enrichissante et combien nécessaire pour mon équilibre tant psychologique que physique!

En fin de saison, au printemps dernier, j’ai réalisé que j’avais perdu la flamme pour la compétition. J’avais l’impression d’avoir fait le tour, d’avoir vécu tout ce que j’avais à vivre en tant que coureuse et d’avoir finalement bouclé la boucle. Il était temps pour moi de tourner la page sur ma carrière d’athlète et de partir à la recherche de nouveaux défis. Le timing ne pouvait mieux tomber alors qu’un poste d’adjoint au sein de l’équipe d’entraineurs s’offrait. J’ai aussitôt sauté sur l’occasion. Le ski ayant fait partie de ma vie depuis mon plus jeune âge, c’était la suite logique, pour moi, de rester impliquée dans ce merveilleux monde de neige et de froid. Inspirée par certains de mes anciens entraineurs, j’essaie de partager mes expériences et ma passion auprès des athlètes. De plus, j’applique quelques-unes de leurs méthodes et de leurs façons de faire pour que ceux-ci progressent tout en rendant la démarche intéressante.

Maintenant adjointe à l’entraineur au sein de l’équipe de ski alpin du Rouge et Or, j’adore mon nouveau rôle auprès des étudiants-athlètes. Bien que la plupart d’entre eux soient mes amis ou d’anciens coéquipiers, l’approche, sur les pistes, demeure une relation enrichissante et  stimulante. En soutien à l’entraineur-chef Sven Pouliot, en plus de mon implication aux entrainements, aux courses et aux activités de financement, j’assure les communications, l’application des horaires et je supervise à l’occasion la préparation physique. Du fait qu’il s’agit d’un sport individuel, mon plus grand défi est d’arriver à motiver et à gérer le niveau d’implication que chacun est prêt à donner.

Aujourd’hui, je me rends compte que la compétition ne me manque pas, mais l’environnement, l’ambiance et le ski m’allument toujours. Je me considère privilégiée de pouvoir continuer de vivre ma passion tout en poursuivant mes études. J’ai définitivement le meilleur des deux mondes!

Go Laval!


ROUGE ET OR / MARC-ANTOINE PÉPIN

4 mars 2016

Marc-Antoine Pépin est bachelier en kinésiologie en plus d’avoir complété un microprogramme en nutrition à l’Université Laval en 2013. Il agit à titre de préparateur physique pour différentes équipes du Rouge et Or depuis 2012.

Comment le Rouge et Or fait-il partie de ma vie? Voici une journée type d’un préparateur physique avec le Rouge et Or.

Mardi matin
Ce matin, on se lève tôt. Grosse journée au PEPS. Préparation du sac de sport, préparation des lunchs puis habillement. Important de ne pas faire d’erreurs, je dois m’assurer de porter des vêtements aux couleurs des équipes avec lesquelles je vais travailler aujourd’hui, sinon, je vais en entendre parler toute la semaine! J’opte donc pour un t-shirt Rouge et Or (ça passe partout), les shorts de l’équipe de soccer et un pantalon de l’équipe de rugby.

Mardi 9h – Club de tennis de l’Université Laval
Je commence la journée avec le Club de tennis de l’Université Laval. Pour leur première année d’existence en tant que club de l’Université Laval, on doit asseoir des bases solides. Leur objectif : Gagner la bannière provinciale et retourner aux Championnats canadiens au mois d’août. Comme ils sont actuellement en saison de compétition, l’entraînement est un peu plus léger et dynamique : Entraînement en circuit, pliométrie, gainage. Pour certains et certaines, c’est une première en salle d’entraînement, je dois donc prendre le temps de démontrer les exercices, m’assurer qu’ils sont exécutés de façon sécuritaire et augmenter les charges de manière progressive avec les athlètes. Mais ils apprennent vite! Je crois même qu’ils finissent par apprécier le tout.

Par la suite, petite pause. J’en profite pour finaliser les nouveaux programmes d’entraînement du rugby qui commencent la semaine prochaine.

Mardi 11h – Rugby Rouge et Or
Je pars du PEPS et je traverse au Stade TELUS pour une séance de développement de vitesse avec les filles de rugby. Rendu à la fin février, la technique de course commence à être très satisfaisante, les départs ont été travaillés un peu, on se permet donc aujourd’hui de commencer à travailler sur la prise de décision. Petite séance par contre, la fatigue de mi-session se fait sentir. Après un bon échauffement pour prévenir les blessures, les filles s’élancent. L’ambiance est bonne, l’éthique de travail est au rendez-vous. Les filles ont mal digéré la défaite en demi-finale provinciale l’an passé, et ça paraît dans le travail et l’intensité des entraînements. Tout ce qui reste à souhaiter, c’est qu’elles soient épargnées par les blessures durant la saison civile qui arrive (relativement) bientôt.

Après dîner, encore une pause. J’en profite pour regarder les résultats de l’équipe de ski alpin Rouge et Or (Super! Ils ont bien performé au Relais en fin de semaine dernière), puis je m’enligne vers la clinique de physiothérapie, pour une petite discussion avec les physios (Christine et Charlotte). On fait le tour des athlètes avec lesquels je travaille, afin de savoir où les blessés sont rendus dans leur réhabilitation, clarifier les limitations, et décider d’un plan d’action pour limiter leur déconditionnement physique.

Mardi 16h – Soccer masculin Rouge et Or
Seconde traversée de la journée au Stade TELUS, cette fois-ci pour un entraînement avec le soccer masculin. Comme ils sont eux aussi en saison de compétitions, ils doivent faire de manière autonome deux entraînements en musculation par semaine à la salle d’excellence, mais le mardi, je prends les joueurs 30 minutes avant leur pratique pour travailler de manière un peu plus spécifique sur le terrain synthétique. Travail de stabilité, de gainage, d’accélération, de cardio. Ce n’est pas facile, mais le but est justement de travailler leur résilience, leur volonté de vaincre, et leur capacité à persévérer dans l’effort et la douleur. La saison va bien, premier au classement, mais les gars gardent la tête froide et l’entraînement va bon train.

Dernière petite pause, je règle certains dossiers, fais le suivi de certains courriels, puis je vais me promener un peu à la salle d’excellence, faire un peu de social avec les athlètes qui s’y trouvent. Je réponds à quelques questions, apporte certaines corrections de technique (principalement pour des mouvements d’haltérophilie), puis je prépare le circuit pour les filles de soccer.

Mardi 19h – Soccer féminin Rouge et Or
Dernier contrat de la journée, supervision d’un circuit d’entraînement avec les filles de soccer féminin. De façon similaire à l’entraînement avec le club de tennis ce matin, il s’agit ici d’un circuit, alliant puissance, agilité et stabilité. Aujourd’hui, c’est justement la présentation d’un nouveau programme. Taux de présence plutôt faible à l’entraînement, probablement dû à la mi-session. Par contre, les filles présentes travaillent bien, elles vont même jusqu’à dire que le nouveau programme leur plaît! Ça termine bien la journée.

Mardi 20h30 – Fin de la journée
J’enfile mon manteau Rouge et Or et je pars du PEPS, après une journée toute Rouge et Or. Même si les journées durent longtemps, la gratification est parmi les plus grandes. Je travaille avec des équipes du Rouge et Or depuis 2012, et l’aventure est toujours exceptionnelle, on ne se tanne pas. Lorsque les gens me demandent pourquoi je continue à m’occuper de la préparation physique des équipes malgré les longues journées, les programmes d’entraînement qui sont toujours à refaire, les entraînements sous la pluie, les réponses sont nombreuses :

  • Pour les émotions que ces athlètes nous font vivre (autant dans la victoire, la défaite que les pratiques) qui sont des moments inoubliables, des moments qui resteront toujours gravés dans notre mémoire;
  • Pour les gens qui font partie de la grande famille du Rouge et Or (les entraîneurs, les physiothérapeutes, les membres des CA, la direction, mais surtout les athlètes), tous des gens incroyablement dévoués et passionnés, pour qui le sport fait partie de la vie;
  • Pour la joie de voir un athlète se développer à son plein potentiel, et croire (peut-être un peu égoïstement) que nous y sommes en partie pour quelque chose;
  • Pour la confiance en nous-mêmes que cette expérience nous permet de développer, en nous sortant constamment de notre zone de confort, en nous amenant à toujours devoir nous remettre en question, à savoir si ce que nous faisons est optimal pour les athlètes;
  • Pour la fierté de représenter un programme sportif où les valeurs de persévérance, d’excellence et de réussite sont prioritaires.

Si je souhaite continuer longtemps à faire partie de la grande famille du Rouge et Or? Bien sûr. Si c’était à refaire, est-ce que je ferais la même chose?  Sans aucun doute!

Go Laval Go!


NATATION / GENEVIÈVE CANTIN

25 février 2016

Geneviève Cantin est étudiante au baccalauréat en psychologie. Elle fait partie de la formation universitaire du Rouge et Or natation depuis 2011.

Bonjour,
Je me présente, Geneviève Cantin, nageuse pour le Rouge et Or natation depuis 10 ans. D’entrée de jeu, je crois que c’est bien de le préciser, je suis un peu mal à l’aise de parler de moi de la sorte. Je suis plutôt une personne « low profile » qui ne fait pas trop de vagues. Cependant, je crois que le fait de témoigner de mon expérience me fera sortir de ma zone de confort.

Il était une fois…
J’ai fait mes débuts en natation à l’âge de 7 ans. Tous les membres de ma famille nagent. Après quelques années avec les clubs de natation au Saguenay, j’ai dû me résoudre à quitter le nid familial à l’âge de 15 ans. Sans entrer dans les détails, il devenait très difficile pour moi de continuer à nager dans mon patelin. Le choix du Rouge et Or devenait évident à ce moment-là, puisque mes deux frères ainés avaient déjà tracé la voie auparavant. Mais la décision de nager pour le Rouge et Or a tout de même été difficile à prendre. Mais comme on dit : « faut s’qui faut ».

En 2006-2007, ma carrière a officiellement commencé. J’imagine que j’ai progressé rapidement, car j’ai fait ma première équipe nationale junior six mois après mon arrivée à Québec. À partir de ce moment, fini pour moi les vacances d’été et les câbles de piscine allaient devenir mes alliées. Qu’importe ! Afin de réaliser mon rêve d’aller aux Jeux olympiques, j’étais prête à tout.

En 2008, à l’âge de 17 ans, j’ai participé à ma première qualification pour les Jeux olympiques de Pékin. La tâche était relativement simple : nager vite et terminer parmi les deux premières. Ce n’était pas sorcier. Mais en novembre 2007, pendant une séance de musculation, un mauvais mouvement a eu raison de mon dos. Diagnostic : entorse lombaire. Après un retour progressif, j’ai repris l’entrainement intensif au début janvier 2008. Par la suite, j’ai pris part aux essais olympiques qui avaient lieu à Montréal, et j’ai atteint la finale, en terminant en huitième position de mon épreuve du 200 mètres dos. En raison de mes excellents résultats, j’ai été nommée sur l’équipe canadienne junior pour participer aux Mondiaux à Monterrey (Mexique), en juillet de la même année. Neuvième au 200 mètres dos. Quand même ! Voici une chronologie rapide de certaines compétitions majeures de 2010 à 2011 : Première équipe senior, pan-pacifiques senior 2010 (Californie) sixième et meilleure Canadienne, Commonwealth 2010 (Inde) huitième place et première Canadienne, Mondiaux senior 2011 (Shanghai) 16e en demi-finale.

2011-2012…
Je commence mon périple universitaire. En effet, je débute mes études en sciences du langage pour ensuite me diriger en psychologie afin de devenir orthophoniste. Parallèlement, j’entame également mes années universitaires avec le Rouge et Or natation. Mais, c’était aussi l’année de ma sélection pour les Jeux olympiques de Londres. L’année s’annonçait intense ! En ce qui a trait à mon année universitaire avec le Rouge et Or natation, je n’aurais pu demander mieux, 21 victoires sur 22 épreuves au niveau provincial, la bannière au combiné et un record SIC au 200 mètres dos. Mais, il en fut tout autrement du côté civil. J’ai 21 ans et c’est l’année des Jeux olympiques de Londres. Mes chances étaient bonnes, voire très bonnes. J’étais rapide et régulière. Ma préparation était quasi à point. Puis, au début février, les choses ont commencé à changer. J’ai commencé à me sentir fatiguée. Ce n’était pas le genre de fatigue que je pouvais reprendre en me couchant à 20h et en me levant à midi le lendemain en pensant que tout allait rentrer dans l’ordre. À un mois des qualifications, je ne pouvais m’arrêter, car l’enjeu était trop important. Je me souviens encore de ce moment amer. Lors de mon échauffement avant les finales, aux essais, je savais que quelque chose n’allait pas. Je donnais mon maximum, mais mon corps ne répondait pas. Je me souviens du regard de mon entraineur, l’incompréhension et la panique se lisaient sur son visage. Je me rappelle aussi d’avoir lancé un coup d’œil, en panique, à ma mère dans les estrades. Lisant mon  non verbal, elle est descendue me voir et je lui ai dit : « Ça va pas, ça va vraiment pas». J’ai dû me rendre à l’évidence, même après avoir tout donné, mon rêve m’échappait.

Montagnes Russes…
Oui, vraiment les années suivantes ont été de vraies montagnes russes. Dès le début de la saison 2013, j’ai été pénalisée à cause d’une entorse sévère à la cheville, mais malgré tout cela j’ai quand même pu participer aux Mondiaux universitaires (FISU) qui avaient lieu en Russie. J’ai terminé en cinquième position.  Début de la saison 2014, j’ai pensé arrêter de nager. Mais après mûre réflexion, j’ai décidé de poursuivre ma carrière et j’ai remporté les Championnats canadiens au niveau civil. Pour une deuxième fois, j’ai fait partie de l’équipe canadienne pour les Jeux du Commonwealth en Écosse, ainsi que les Championnats pan-pacifiques en Australie. En ce qui concerne l’année 2015, elle ressemblait étrangement à celle de 2012. Malchance ou chance ? Je réussis tout de même à faire ma place dans l’équipe des Mondiaux universitaires (FISU) en Corée.

Aujourd’hui…
Après un début d’année difficile, nous avons enfin su ce qui se tramait dans mon corps, l’anémie. Ces résultats m’ont permis de dissiper tous les doutes que je pouvais avoir par rapport à mon état de santé depuis 2012. Il était temps. En cette année olympique, je peux dire que j’ai hâte de nager, mon entourage me soutient et je me sens plus confiante que jamais. ENFIN ! Physiquement et mentalement je suis prête à compléter mes 27 heures d’entrainement (20 heures en piscine et 7 heures en musculation) par semaine.

Fin de carrière universitaire…
Je complète cette année mon cycle de 5 ans avec le Rouge et Or natation. Déjà ! Même si la natation est considérée comme une discipline individuelle, il n’en demeure pas moins que le réseau universitaire, de par son système de pointage, crée un esprit d’équipe, une chimie ou un sentiment d’appartenance qui vont me manquer.

Bonne continuité au Rouge et Or natation !


GOLF / FRÉDÉRIC MATTHEY

19 février 2016

Frédéric Matthey est finissant au baccalauréat en comptabilité. Capitaine de l’édition actuelle de l’équipe masculine de golf Rouge et Or, il fait partie de la formation depuis 2013.

Lettre à un jeune moi

Cher Frédéric,
Oui, je suis bel et bien en train de t’adresser cette lettre. Tu es sur la route du retour avec un de tes bons amis et vous repartez du Royal Montréal alors que tu viens de jouer tes deux pires rondes de l’année au Championnat provincial de golf amateur.

Sans le vouloir, tu te remets en question; qui es-tu vraiment, quelles sont tes priorités à court et à long terme, et surtout, que faire avec ton golf. Le golf, c’est le sport qui est devenu ta passion depuis quelques années maintenant et tu sais à quel point ça peut être un sport difficile, surtout au point de vue mental. Tu viens de terminer tes années collégiales à St. Lawrence où tu te souviendras beaucoup plus de ces trois années pour les liens d’amitié que tu auras formés avec tes coéquipiers que pour les trois titres provinciaux d’équipe remportés. Tu te questionnes à savoir si tes meilleurs moments sur les terrains sont derrière toi et si tu serais prêt à tourner la page pour de bon. Tu es au courant que le camp d’entrainement du Rouge et Or approche à grands pas et tu hésites à tenter ta chance.

Fais-moi confiance, prends cette chance et va à ce camp, ce sera probablement la meilleure décision que tu auras prise dans les vingt premières années de ta vie.

Tu iras bel et bien au camp et à ta grande surprise, tu seras confirmé dans l’équipe après la première journée du camp. Tu rejoindras à ce moment-là une équipe qui aura gagné les 11 derniers Championnats provinciaux. Dès la semaine suivante, tu auras la chance de jouer ton premier tournoi universitaire à Chicoutimi. Tu réaliseras ce que c’est de représenter une, sinon la plus prestigieuse équipe universitaire au pays. Ce tournoi sera sans aucun doute un point tournant dans ta vie en tant que joueur de golf et en tant que personne. À l’issue de ce tournoi, tu ne pourras jamais assez remercier ton entraineur Mathieu Paradis pour ce qu’il te dira. Son message te fera comprendre toutes les implications qu’engendre le fait de porter le chandail du Rouge et Or. Tu deviendras par la suite un meilleur coéquipier ainsi qu’un leader. Cette expérience fera de toi un homme plus discipliné et plus engagé dans tout ce que tu entreprendras, peu importe la facette de ta vie que ça impliquera.

Lorsque ta première mi-session universitaire arrivera, tu auras un doute à savoir si tu avais vraiment fait le bon choix deux mois et demi plus tôt. En effet, tu évalueras ta situation personnelle et tu te demanderas vraiment si ça vaut la peine de continuer l’aventure… Tout d’abord, même si ton golf s’est grandement amélioré durant l’automne, tu auras seulement eu la chance de jouer un autre tournoi, un tournoi Match Play, où tu te donneras cœur et âme pour conclure celui-ci avec une fiche parfaite de trois victoires en autant de matchs. Ce sera cependant ta seule chance de représenter les couleurs du Rouge et Or cet automne-là. Au niveau scolaire, tes résultats ne répondront pas à tes standards quelque peu élevés. Pour ajouter à tout ça, tu n’auras pas eu le temps espéré pour voir ta famille et tes amis, et c’est pourtant au sommet de tes priorités de passer du temps avec eux. Tu penseras à tous ces aspects pendant une longue, froide et pluvieuse semaine de relâche.

C’est à ce moment-là que je veux que te me fasses le plus confiance. Fréd, persévère; malgré ces deux derniers mois en dent de scie, de bien meilleurs moments sont à venir, il faudra cependant que tu sois patient. Ce sera la bonne décision à prendre, crois-moi.

Durant ton premier off-season, tu travailleras très fort dans trois domaines très importants et ça te rapportera éventuellement des dividendes : à l’école, au gym et dans la salle de golf. Tous ces efforts, jumelés à un excellent camp d’entrainement en Floride, te permettront de réaliser un objectif que tu n’osais à peine imaginer; tu obtiendras la chance de représenter l’équipe au Championnat canadien que se tiendra à Winnipeg.

À ce tournoi, tu ne joueras pas à la hauteur de tes attentes. Cependant, tu auras grandement appris sur toi-même. Même si ça te prendra un certain temps à digérer cette déception, tu en ressortiras plus fort.          

Le reste de l’année 2014 passera très vite et tu connaîtras une bonne saison, mais tu sais au fond de toi que tu es capable de mieux. Tu commenceras à vouloir récolter les fruits de tes efforts, et c’est avec cette perspective que tu seras motivé à retravailler fort durant la saison morte.

Au mois de mai, avant de partir pour ton deuxième Championnat canadien qui se tiendra à Guelph, tu finiras premier à une qualification qui se tenait dans des conditions horribles (pluie, froid et vent). Tu seras le seul à jouer en dessous du par, ce qui te fera rêver à une victoire à la fin du mois. Tu arriveras avec beaucoup de confiance, tu seras plus prêt et plus mature qu’à pareille date l’année précédente. L’équipe finira cependant sixième à neuf coups de la troisième place; une autre déception. Cependant, la chimie entre les joueurs est bonne. Tu sais que de bonnes choses arriveront ou sont à venir.

Le mois d’août 2015 arrivera à grands pas et tu recevras un honneur bien mérité, celui d’être nommé capitaine de l’équipe. Tu seras conscient des implications reliées à ce titre et tu les prendras au sérieux. Tu veux être le leader de cette équipe qui sera à la recherche d’un premier titre national depuis 2012.

La semaine avant d’entreprendre les tournois universitaires, tu remporteras finalement ton premier Championnat du club. Ce ne sera que le début d’un très bel automne. Justement, lors du deuxième tournoi universitaire, tu réaliseras un objectif personnel que tu t’étais fixé en début d’année, soit celui de jouer en dessous de la normale sur un tournoi de deux jours. Ton équipe ira ensuite à Montréal à la fin septembre pour le provincial. Après une première ronde désastreuse, ton rôle de capitaine sera mis à l’épreuve puisque l’équipe devra maintenant absolument remporter les deux derniers jours de compétition afin de mettre la main sur la bannière, sans quoi elle retournera à la maison les mains vides pour la première fois en 14 ans. L’équipe fera preuve de beaucoup de caractère, ce qui lui permettra de remonter la pente jusqu’à la victoire. Tu vivras des moments forts en émotion et tu savoureras beaucoup plus la victoire par la suite. Tu commenceras à croire à cet instant que cette équipe-là peut aspirer aux grands honneurs en Colombie-Britannique lors du prochain tournoi national.

Fréd, je sais que cette décision de joindre le Rouge et Or en est une qui demande une bonne réflexion, mais je veux que tu saches que tu ne la regretteras jamais. Le Rouge et Or, c’est bien plus qu’une équipe, c’est une famille. Lors de ta carrière universitaire, qui est loin d’être finie au moment où je t’écris, tu auras la chance de rencontrer plusieurs personnes extraordinaires qui t’aideront énormément. Ce parcours avec le Rouge et Or t’ouvrira l’esprit et te fera voir les choses différemment, et pour le mieux évidemment. Ton attitude s’améliorera et tu développeras la volonté d’être le meilleur, cette attitude de champion, celle qui t’oblige à donner ton maximum dans tout ce que tu entreprends et entreprendra dans ta vie.

Depuis la victoire du club d’un quatorzième gain consécutif sur la scène provinciale, tu n’as qu’un seul but en tête : amener cette équipe à remporter le Championnat canadien. À chaque entrainement, tu te donnes à fond en sachant que ce sont tous ces petits détails qui pourront faire la différence dans quelques mois. Sois reconnaissant de tout ce qui t’est arrivé au cours des dernières années. Fonce à fond dans cette aventure, et continue à te défoncer pour que de bonnes choses arrivent. Tout est possible, il suffit d’y croire et d’y mettre les efforts. Go Laval!


BADMINTON / MAXIME MARIN

12 février 2016

Maxime Marin est bachelier en Kinésiologie et étudiant de première année à la maîtrise en administration des affaires, profil gestion des entreprises. Actuellement capitaine de l’équipe masculine de badminton Rouge et Or, il fait partie de l’équipe depuis 2011.

Remporter les trois bannières
Voilà l’objectif de notre saison universitaire. Voilà la raison de nos efforts.

J’ai la chance immense de faire partie d’une équipe maintenant arrivée à maturité. Depuis les cinq dernières années, j’ai vu plusieurs vétérans quitter l’équipe, et j’ai vu tout autant de recrues y entrer. Chaque année, au moment des initiations, je ressens la même excitation. Je me revois en septembre 2011, l’année de mon entrée dans la grande famille du Rouge et Or. Petit garçon de Lorraine, dans les Laurentides, j’ai décidé cette année-là de quitter la maison de mes parents afin d’entreprendre un nouveau départ, celui d’étudiant-athlète universitaire dans une nouvelle ville. Je me souviens du sentiment d’extrême fierté que j’ai ressenti la première fois que j’ai enfilé mon manteau rouge, arborant l’immense logo de l’équipe au milieu du dos. Je peux donc comprendre la fébrilité qu’ont les nouvelles recrues d’entreprendre leur première saison universitaire.

2011 : Une première saison de rêve
À l’aube de mon cinquième et dernier Championnat provincial universitaire par équipe, je me permets de vous faire une petite rétrospective de mon parcours avec les « Rouges ».

Alors que je n’étais qu’une recrue, j’ai eu la chance immense de faire partie de l’alignement partant lors de mon tout premier Championnat universitaire qui avait lieu au PEPS. Encore mieux, j’ai joué la partie décisive. La cinquième partie. Celle qui allait décider de tout. Allions-nous terminer la saison en champion ou devrions-nous attendre à l’année suivante ? Mon partenaire et moi avions donc la lourde tâche, mais également l’immense privilège de décider de l’issue de la saison. Comme vous pouvez le deviner, nous avons remporté la rencontre à la troisième et dernière manche, contre une équipe de double jusque-là invaincue sur le circuit universitaire. Je me souviens encore de la joie immense et des frissons qui m’ont envahi lorsque toute l’équipe est venue nous rejoindre sur le terrain afin de célébrer notre triomphe.

2012-2015 : Des victoires individuelles
Je suis encore à la recherche de ces frissons. La saison 2011 s’est conclue par mon premier, mais également mon dernier titre de champion provincial universitaire. Les trois saisons suivantes se sont terminées de manière beaucoup moins festive. Nous étions alors une équipe beaucoup plus jeune, une équipe qui manquait d’expérience et qui était encore à la recherche de son identité. Alors que l’équipe féminine a vu arriver des recrues d’exception et qu’elles ont réussi à triompher à deux reprises grâce entre autres à la profondeur de leur alignement, l’équipe masculine devait se rendre à l’évidence, nous faisions face à des équipes puissantes, dans un réseau universitaire plus compétitif que jamais. Notre tour viendrait, mais nous devions être patients et travailler plus fort que jamais afin d’atteindre nos objectifs.

Lors de ces trois saisons, j’ai eu la chance d’être sélectionné trois fois sur la première équipe d’étoile universitaire, ainsi qu’une fois (2014-2015) en tant qu’athlète par excellence. J’ai également pu représenter le Canada lors des Championnats du monde universitaire à Cordoba, en Espagne en 2014 ainsi qu’aux Universiades à Gwangju, en Corée du Sud en 2015. Malgré ces résultats aussi impressionnants qu’inattendus, j’ai de la difficulté à être pleinement satisfait. Le sentiment de gagner en équipe me manque. L’idée de pouvoir participer individuellement à un résultat collectif est incomparable et ne se présente pas souvent dans un sport comme le badminton, où les échecs et les victoires se vivent bien souvent seul.

2015-2016 : La reconquête
L’équipe est maintenant mûre et pour plusieurs d’entre nous, il s’agit de notre dernière chance. Remporter une bannière universitaire étant déjà un exploit en soi, nous visons plus haut. Nous n’avons pas encore connu la défaite et nous n’avons plus peur. Nous sommes prêts à terminer cette saison de rêve en s’emparant des trois bannières (masculine, féminine et mixte). Il s’agirait là d’un record, d’un exploit jamais réalisé, ainsi que l’occasion pour toute l’équipe de ramener la bannière mixte qui nous échappe depuis la saison 2007-2008.

C’est ce samedi, au PEPS, que l’équipe féminine tentera de remporter une troisième bannière d’affilée et que l’équipe masculine aura l’occasion de déloger les champions universitaires défendants. Serez-vous des nôtres afin de nous encourager dans notre «Conquête de l’excellence» ?


CHEERLEADING / STÉPHANE MARTEL

5 février 2016

Stéphane Martel est bachelier en génie chimique de l’Université Laval depuis 2014. Ancien étudiant-athlète du club de cheerleading Rouge et Or de 2012 à 2015, il est aujourd’hui entraîneur adjoint de la formation.

Depuis que je suis jeune, je me suis toujours fait dire de ne jamais lâcher l’école et de faire ce que j’aimais. Après réflexion, c’est ce que j’ai réalisé : j’ai étudié et j’ai fait du sport. Je n’étais pas un premier de classe, mais j’aimais étudier. Je me souviens lorsque les vacances finissaient et qu’il fallait retourner sur les bancs d’école, tous mes amis, sans exception, auraient préféré rester à la maison pour s’amuser. Moi, j’étais content parce que je savais que la saison de sport allait recommencer. En fait, j’aimais l’école majoritairement à cause du sport. Mes parents m’ont éduqué l’importance d’une saine habitude de vie et les bénéfices que le sport pouvait amener. Dès que j’ai pu commencer à marcher, mes parents m’ont inscrit dans un cours récréatif de gymnastique à raison d’une heure par semaine.  C’était loin d’être quelque chose de difficile, mais mon entraîneur a tout de suite vu mon potentiel et a proposé à mes parents de m’inscrire dans un club compétitif. Sans hésitation, mon père qui a déjà été champion canadien en gymnastique à tout de suite refusé cette proposition. Il savait ce qu’était la compétition et ne voulait pas que je me limite à un seul sport, que je vive toute la pression, les blessures et les sacrifices qu’il a dû traverser pour en arriver là. Il m’a répété que je devais faire ce que j’aimais dans la vie. Durant cinq années, à raison d’une heure par semaine, j’ai compris comment mon corps fonctionnait à partir des bases qu’on m’enseignait.

Un peu plus tard, j’ai délaissé la gymnastique pour une autre discipline : le cirque. C’était encore récréatif, mais à raison de trois heures par semaine. En même temps, j’ai aussi fait partie de l’équipe de badminton interscolaire et c’est à ce moment que j’ai commencé à connaître ce qu’était la compétition. Tout est devenu clair pour moi. C’est ce que je voulais faire : m’améliorer, performer et trouver mes limites. J’ai eu la chance de toujours avoir d’excellents entraîneurs. Mon entraîneure, à ce moment, était Geneviève Rochon. Elle a tout de suite vu mon potentiel et mon dévouement aux entraînements. Elle a pu exploiter mon potentiel et développer mon côté persévérant. Encore une fois, je n’étais pas toujours le premier, mais j’étais celui qui travaillait le plus fort parce que j’aimais ça. Comparativement aux autres athlètes, je n’étais pas celui qui avait la meilleure technique, mais j’avais du cœur au ventre et c’est ce qui faisait la différence. J’ai compris que c’est en se fixant des objectifs qu’on pouvait atteindre et dépasser plus rapidement nos limites. Plus je faisais de compétitions, plus je voulais me surpasser et grâce à cela, j’ai été récipiendaire de l’athlète masculin de l’année. 

Un peu plus loin dans mon parcours, j’ai connu mon deuxième entraîneur en badminton. C’était un passionné. Marc Tavara a été un entraîneur d’exception qui a su me transmettre ses valeurs au travers de ce sport. Il avait la capacité de faire un parallèle avec les valeurs de la vie et le sport. Cette personne, en particulier, m’a permis de me développer tant au niveau personnel qu’athlétique. J’ai à nouveau compris que les capacités de chacun n’avaient pas de limite. Il faut travailler fort pour mériter les résultats escomptés. Encore une fois, j’ai été nommé athlète masculin de l’année. 

Certaines blessures m’ont obligé à laisser ce sport, mais j’ai tout de même continué à m’entraîner. C’est à ce moment que j’ai connu le cheerleading. C’est selon moi, le sport le moins bien connu, mais c’est celui qui nécessite le plus de compétences au niveau physique. Le cheerleading exploite la force, l’endurance, la puissance et la précision à travers plusieurs éléments acrobatiques. Tout le monde est capable de courir le 100 m, mais très peu de gens sont capables de les courir sous la barre des 10 secondes. Le cheerleading ressemble un peu à ça. Il faut réussir à insérer le plus d’éléments possible à l’intérieur d’une période de 2 min 30 s pour convaincre les juges. C’est cet aspect qui est intéressant, car avec la gymnastique et le cirque, j’arrive à comprendre mes mouvements en plus de la précision et l’endurance du badminton. C’est en évoluant au sein de l’équipe de cheerleading du Rouge et Or que j’ai pu faire la fusion de tous les sports que j’ai pratiqués et que j’aimais faire. Avec toutes les différentes approches de chaque entraîneur, les objectifs font partie de la base. 

Je n’ai jamais été attiré par la facilité. Au niveau académique, j’ai décidé d’aller en ingénierie  pour me rendre la tâche plus difficile, mais aussi parce que j’étais déterminé et persévérant. Je savais que ça n’allait pas être facile, mais trois ans plus tard, j’avais mon diplôme entre mes mains. Mon passage à l’université m’a fait connaître une équipe exceptionnelle et m’a permis de me développer davantage. 

L’année où je suis arrivé dans l’équipe de cheerleading du Rouge et Or, nous avons gagné le titre de champion provincial, mais également le titre de champion canadien. C’était une première. Après tous les efforts et les sacrifices pour y arriver, ces résultats n’étaient pas de la chance, mais bien le fruit du travail acharné. Mon parcours avec le Rouge et Or m’a permis d’élever mes objectifs à un autre niveau. 

Au moment où je croyais que mes limites étaient atteintes, j’ai eu tort. Je me suis fait recruter parmi l’une des meilleures équipes au monde. À la suite d’une année complète d’entraînement, notre équipe s’est classée 1re au Canada et 5e au monde derrière de légendaires équipes. Toujours à la poursuite de mes limites, j’ai décidé de les repousser pour atteindre les mêmes standards que le Rouge et Or, c’est-à-dire l’excellence. Toutes les difficultés que j’ai rencontrées sont surmontables il faut simplement être capable de les gérer et de continuer à avancer. Il faut faire ce que l’on aime!


SKI DE FOND / ALEXIS MORIN

29 janvier 2016

Alexis Morin est étudiant en kinésiologie à l’Université Laval. Il en est à sa première saison au sein du club de ski de fond Rouge et Or.

Premier week-end de compétitions aux États-Unis
Lors du troisième weekend de janvier, le tout premier Carnival de la saison du circuit EISA avait lieu. Il s’agit d’une division du fameux circuit NCAA qui regroupe les meilleurs skieurs de l’Est des États-Unis et quelques universités canadiennes. En préparation pour cette première fin de semaine importante, j’ai quitté Québec jeudi tôt en matinée avec une partie de l’équipe, les autres venant nous rejoindre sur le site de compétition plus tard dans la journée. Nous sommes donc arrivés à Waterville dans le Maine en début d’après-midi avec comme objectifs d’effectuer une reconnaissance du parcours, de tester les skis pour les courses à venir et de faire une activation pour être fin prêt pour la compétition du lendemain.

À notre arrivée, nous avons été surpris par la quantité de neige qui était toujours au sol après le déluge de la fin de semaine passée. Cette neige naturelle combinée à la neige artificielle soufflée dans les derniers jours permettait d’avoir des conditions plus qu’acceptables compte tenu des circonstances, mais seulement la boucle du sprint (1,5 km) était en bonne condition. Des roches et brindilles étaient présentes sur les autres pistes. J’ai donc effectué plusieurs tours de cette boucle avec différentes paires de skis afin de me familiariser avec le parcours, mais aussi pour voir quelle paire de skis était la plus rapide dans les conditions de neige actuelles. Les différences entre deux paires de skis ou deux cires différentes peuvent parfois paraitre minces, mais cela peut faire la différence entre une bonne course et une très bonne course au niveau du résultat. Une fois le testing terminé, j’ai fait quelques accélérations et tours plus rapides en préparation du sprint en style classique qui avait lieu le lendemain. Nous avons par la suite quitté le site pour regagner l’hôtel. Après le souper d’équipe, nous avons une petite réunion pour planifier la logistique du lendemain et puis c’est le temps de l’étude et des travaux jusqu’au coucher.

Vendredi matin, le réveil sonne à 7h puisque la course est à 10h. Je me réveille généralement 3h avant l’heure de la compétition pour avoir le temps de bien digérer mon déjeuner. Par contre, avant de manger, je vais faire un jogging d’une dizaine de minutes pour m’activer. Nous faisons nos bagages pour la journée et quittons pour le site de course à 8h30. Une fois sur le site, nous nous habillons et le réchauffement débute à 9h. Après avoir skié environ 30 minutes, nous allons tester les skis de course pour s’assurer d’avoir assez de cire d’adhérence. Puis, durant les quelques minutes qui restent avant le départ de la course, nous faisons quelques accélérations pour nous assurer de prendre le départ bien activés et fin prêts pour un sprint court et intense. À 10h, l’heure de la qualification est venue. Les skieurs s’élanceront sur la piste les uns après les autres à intervalles de 15 secondes. Quelques minutes avant leur départ, les skieurs enfilent leurs skis et se présentent à la ligne de départ. Pour moi, c’est à ce moment que le stress s’intensifie. Lorsque mon tour vient, je prends une grande respiration et dès que je quitte le départ, le stress se dissipe.

Il s’ensuit un effort maximal de plus de trois minutes où nous attaquons chaque section du parcours. Lorsque les 100 skieurs ont complété le parcours, les 30 plus rapides sont sélectionnés pour passer aux rondes éliminatoires qui débutent à 12h45. Nous effectuons un court retour au calme avant de manger un petit repas. Parmi les huit membres de l’équipe, seulement deux personnes se taillent une place pour les rondes d’après-midi. Gabrielle s’est classée au 28e chez les femmes et je me suis classé au troisième rang chez les hommes. Mon coéquipier se classe au 32e rang à seulement un dixième de secondes de la 30e position alors que seulement 15 secondes séparent les 30 premiers hommes.

Pour les rondes éliminatoires, la préparation est la même que pour la qualification matinale. Lors de chaque ronde, six skieurs s’affrontent. En quart de finale, les deux premiers skieurs de chaque vague passent à la ronde suivante. Ils sont accompagnés par les deux meilleurs troisièmes. Puis, en demi-finales, ce sont les trois premiers skieurs qui avancent à la finale. Ce sont les filles qui débutent et, malgré une excellente première moitié de course, Gabrielle ne réussit pas à se tailler une place pour la ronde suivante en vertu de sa quatrième position. Elle améliore tout de même son rang et termine la journée 20e. Voir que Gabrielle a eu de bons skis rehausse mon niveau de confiance peu avant le départ de mon quart de finale. Je demeure dans les deux premières positions tout au long de la vague pour finalement l’emporter. Une fois la ligne traversée, je sais que je n’ai que 15 minutes pour reprendre mon souffle et refaire mon énergie pour la demi-finale.

Encore une fois, le même scénario se produit. Je demeure non loin du premier skieur toute la course pour finalement le coiffer dans le dernier tiers. Je termine une dizaine de mètres devant une très chaude lutte pour les places en finale. Encore une fois je n’ai que 15 minutes avant le départ de ma prochaine course, la finale. Tous commencent à être fatigués, mais c’est la course la plus importante qui est à venir. Lors de la finale, je manque d’adhérence et glisse au cinquième rang au sommet de la seule côte importante. Je me repose du mieux que je peux durant la descente rapide et je rejoins progressivement les meneurs sur le plat et les vallons qui mènent à l’arrivée. Sous les encouragements de mes coéquipières toujours présentes sur le site, je réussis à remonter jusqu’à la troisième position, quelques mètres seulement derrière le gagnant du jour. Je savais que j’avais le potentiel de me rendre en finale, mais le fait de l’accomplir et en plus de terminer sur le podium est un bel accomplissement. Une fois la remise des médailles faite, nous retournons à l’hôtel et entamons la préparation du souper. La soirée se termine encore une fois assez tôt, car d’autres courses sont encore au programme le lendemain.

Samedi matin, l’horaire de compétition permet un réveil plus tardif. La compétition des filles débute à 10h alors que celle des gars commence à 12h30. Aujourd’hui, c’est une courte distance en skate au programme, 5 km pour les filles et 10 km pour les gars. Les filles quittent l’hôtel alors que la neige commence à tomber sur Waterville. Lorsque les compétitions débutent, quelques centimètres de neige fraiche recouvrent la piste. Aujourd’hui, les coureurs s’élancent encore sur le parcours à intervalles de 15 secondes, mais la course n’est pas faite en deux temps comme un sprint. Le temps de parcours de chaque skieur est comptabilisé et le plus rapide l’emporte. Les filles s’élancent dans la tempête de neige sur un parcours rendu plus ardu par les conditions météo. Rien pour les aider, le fartage de coach Luc, qui est habituellement excellent, est aujourd’hui plutôt ordinaire. Les filles n’obtiennent pas les résultats souhaités, mais il reste tout de même le lendemain pour se reprendre!

La compétition des gars se faisant plus tard dans la journée, la recette de fartage est modifiée et les skis sont meilleurs. Par contre, la piste est de plus en plus molle en raison des multiples passages des skieurs et de la neige qui ne cesse pas de tomber. Cela n’empêche pas Conor de faire une très bonne course, lui qui termine en 16e position. Je terminerai pour ma part en 26e position, fatigué de ma longue journée de la veille. Cette journée de course mettait fin au premier Carnival américain et la majorité des équipes planifiaient leur retour. Par contre, étant donné la présence d’une course du circuit TD Bank Eastern Cup le lendemain, nous avons décidé de rester pour accumuler de l’expérience de course supplémentaire.

Dimanche matin, c’est donc un 10 km départ de masse en style classique qui attend toute l’équipe, autant les filles que les gars. À nouveau, le premier départ est celui des filles. Aujourd’hui, le format de course est simple : au coup de départ, tous les skieurs s’élancent en même temps sur la piste et le premier à compléter les trois tours l’emporte. Heureusement, les conditions de pistes sont meilleures que la veille et les skis des filles le sont aussi. Ainsi, malgré une course rapide dès le début, les filles peuvent se tenir à proximité de la tête. Les écarts se creusent à mesure que la compétition avance et au final, Gabrielle termine septième, Christel 21e, Camille 29e et Marilie 38e. Ce fut sans aucun doute la meilleure journée de course pour les filles et représente davantage leur potentiel pour les prochaines courses.

Le départ des gars se fait à nouveau sur l’heure du midi. C’est avec une recette de fartage différente que nous prenons le départ. En effet, la température plus chaude a forcé des ajustements de dernière minute au niveau du kick. Le départ se fait donc et rapidement deux groupes se forment à l’avant. Conor et moi faisons partie du second groupe alors qu’Hugo, parti sur la dernière ligne, est occupé à remonter le peloton. Nos skis sont rapides, mais l’adhérence s’avère minimale, ce qui rend les montées du parcours plus difficiles qu’elles devraient l’être. Lors du dernier tour, je me détache de mon groupe pour terminer en sixième position, alors que Conor sera le plus rapide de son groupe pour terminer en huitième position. Hugo, parti en 100e position, terminera finalement sa remontée en 61e place. Le retour au calme fut de courte durée pour tous puisque nous avons terminé cette semaine avec une bonne fatigue compte tenu de ces trois journées de compétition exigeantes.

Les quatre heures de voiture pour revenir à Québec parurent drôlement plus longue qu’elles le furent lors de l’aller. Globalement, cette première fin de semaine en a été une bonne pour l’équipe. Malgré les courses moyennes, tous ont eu au moins une bonne journée et cela augure bien pour la suite des compétitions américaines. L’ensemble de ces compétitions constituera une solide préparation pour les Championnats canadiens qui ont lieu au Yukon en mars et qui représentent l’objectif majeur pour l’équipe.


SOCCER / SAMIR GHRIB

22 janvier 2016

Samir Ghrib est entraîneur-chef du Club de soccer masculin Rouge et Or depuis son entrée sur le circuit universitaire en 2000.

Coacher : le plus beau métier du monde

Chercher sa voie
Je suis arrivé de ma Tunisie natale un 7 janvier 1984 à l’aéroport Mirabel, avant de prendre le chemin pour Québec. À l’époque, je pensais que l’Université Laval, était à Montréal, à Laval… Laval la banlieue !

Une fois à Québec, à la suite d’études préparatoires au Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF), je me suis inscrit à l’Université Laval.  J’ai mis du temps avant de trouver ma voie, même si ma petite voix intérieure savait depuis longtemps ce que je voulais faire.

Après seulement un mois, j’avais dit à mes parents que je voulais vivre au Canada, et plus particulièrement à Québec. J’ai eu le coup de foudre pour la ville, mais surtout pour ses gens. Après 32 hivers, je ressens toujours la même chose, le sentiment de liberté, de respect, de sécurité et celui de vivre dans une très  belle ville, ni trop grande ni trop petite, qui a bien évolué depuis 1984. Elle a pris confiance pour devenir une ville fière et attrayante, à l’image de notre université et ses équipes du Rouge et Or.

Après des études en administration et en économie, j’ai fini par faire un baccalauréat en sciences politiques et une maîtrise pluridisciplinaire en relations internationales (politique, économie et droit). Mon objectif à l’époque était de devenir un ambassadeur ou de travailler au ministère des Affaires étrangères. Mais, je n’ai jamais terminé mon essai de maîtrise, car j’avais commencé à travailler comme journaliste à Radio-Canada, après y avoir effectué un stage.

Écouter sa petite voix intérieure
Mon court passage à la radio de Radio-Canada a été déterminant dans ma prise de conscience par rapport à ce que je voulais réellement faire de ma vie. En 1996, on m’avait offert un emploi à Radio-Canada, et j’avais le choix entre Halifax et Ottawa. À force de réfléchir, j’ai fini par me poser la fameuse question existentielle : qu’est-ce que je veux? Et surtout, qu’est-ce que j’aime? Ma petite voix intérieure qui sommeillait en moi depuis mon enfance commençait à se manifester pour m’éclairer et me guider. Elle semblait me dire : « qu’est-ce que tu attends? Arrête de tourner autour du pot!»

J’ai donc refusé l’offre de Radio-Canada, au grand dam de mes parents, pour décider de vivre de ma passion : le soccer. J’ai donc réalisé mon rêve, celui de fonder mon école de soccer privée (1996-2008). Naturellement, ça a été difficile au début, mais j’étais tellement heureux de vivre de ma passion, tellement concentré sur le moment présent, tellement engagé dans mon projet, que je ne me souciais pas des problèmes qui survenaient sur mon chemin. Je les voyais comme des défis pour grandir.

Ce ne sont pas les très maigres profits de l’école de soccer qui pouvaient me ralentir. Je prenais un taxi pour partir de Ste-Foy et aller au CNDF avec mes ballons, mes dossards et mes cônes. Ça m’a coûté une fortune! Mais chanceux comme je suis, parallèlement à mes activités de l’école de soccer, j’ai eu le privilège d’être engagé par l’école Cardinal-Roy, en compagnie de mon ami Helder Duarte, l’actuel entraîneur du Rouge et Or féminin. Il a fallu que j’attende 1998, soit deux ans après avoir décidé d’organiser ma vie autour du soccer, pour avoir la bénédiction de mes parents. En fait, lors de leur passage à Québec et d’une promenade aux alentours de l’Université Laval, ils m’ont observé discrètement, à mon insu, pour réaliser que j’étais heureux. Ils m’ont donc donné leur bénédiction. La bénédiction des parents est importante, elle vous donne des ailes et vous rend fort. Ils m’ont donné un passeport pour la vie, c’est-à-dire une éducation et des valeurs. Je leur dois tout, car ils m’ont appris à aimer et à penser.

Samir Tremblay
C’est cette éducation qui m’a permis de m’intégrer très rapidement et de découvrir le Québec et les Québécois. Mes premiers amis québécois m’avaient baptisé Samir… Tremblay! Ils m’ont fait chanter la chanson Iglou Iglou, fait regarder Slap Shot, Elvis Gratton et La Petite Vie, pour me dire que j’étais bien armé pour m’intégrer! D’une certaine façon, ils m’avaient délivré mon premier certificat de résident permanent, certes symbolique, mais tellement fort au niveau du message!

Samir Tremblay a fini par tomber amoureux d’une belle Québécoise (Renée Morency), et ils ont eu deux beaux enfants que j’appelle mes petits Québécois d’amour (Lilia et Skander)! Ils sont toujours là pour moi, quels que soient les moments difficiles. Avec le temps, un coach finit par comprendre qu’il ne doit pas se laisser détruire par la passion qu’il éprouve pour son sport, ça peut vous transformer en une personne égoïste. On apprend à donner du temps de qualité à ceux qu’on aime. La famille, c’est aussi une équipe, et il faut s’en occuper. Et une équipe, c’est aussi une famille.

La voie est libre
Depuis mon arrivée à Québec, j’avais programmé ma carrière de coach. J’ai commencé avec les 7-8 ans, garçons et filles, en entraînant autant au niveau civil que scolaire. Ce n’est pas compliqué, j’ai organisé ma vie autour de ma passion et j’ai foncé à fond.

Aujourd’hui, je vis de ma passion, exclusivement du sport, partagé entre mon poste d’entraîneur du Rouge et Or et celui de directeur technique de l’Association de soccer de Beauport depuis 2006. Avec, le Royal, c’est aussi une belle histoire de succès avec des dirigeants exceptionnels (Guy Morasse, Jacques Racine, Andrée Bolduc, Yves Gosselin). Ce bout-là mériterait un texte à lui tout seul intitulé « Ma vie en Royal de Beauport»!

Que ce soit avec le Rouge et Or ou le Royal de Beauport, mon but a toujours été de faire de la région de Québec un bastion du soccer masculin. Et je suis assez fier du résultat, puisqu’en huit participations au championnat canadien, le Rouge et Or a remporté une médaille d’or (2009) et deux médailles d’argent (2007 et 2013). Avec le Royal , ce sont six coupes du Québec, une médaille d’or (2012) et une médaille d’argent (2009) lors des championnats canadiens civils. J’ai donc grandi comme coach dans cette double structure parallèle, scolaire et civile,  avec l’objectif de faire progresser notre sport dans la région de Québec.

J’ai bien compris l’importance du réseau scolaire ici au Canada. Quand, j’étais gamin, je regardais avec envie les films américains qui parlaient du football collégial ou universitaire. Je me suis identifié à ces entraîneurs de carrière qui façonnent les personnes avec les valeurs saines et éducatives du sport. J’en ai fait ma mission, celle de fabriquer des champions de la vie, et pour moi, un champion est un être épanoui. C’est avec cette philosophie que j’ai traversé le temps, avec les différentes équipes que j’ai entraînées jusqu’à aujourd’hui. Elles sont nombreuses, et j’ai touché à tout, passant du niveau régional au niveau provincial AAA, les sélections régionales des Jeux du Québec, les équipes du Québec ou encore dans un passé récent l’équipe semi-professionnelle de l’Amiral de Québec (aujourd’hui appelée le Dynamo).

Après des débuts effectués au Collège Saint-Charles-Garnier et un long passage de 13 ans au Cégep François-Xavier-Garneau (FXG), j’ai eu le privilège d’être choisi entraîneur-chef de l’équipe masculine du Rouge et Or de l’Université Laval en 2000. Ma vie en Rouge et Or commence donc en 2000.

Le Rouge et Or, c’est magique !
Je n’ai pas eu le privilège de jouer pour mon université, et pourtant j’ai tenté de convaincre les autorités de l’époque de relancer le soccer masculin, qui avait déjà existé, et j’ai eu le privilège d’en devenir le coach. Je parle de privilège, car c’est comme ça que je vois les choses. Ce n’est pas une fausse modestie, mais plutôt la prise de conscience savourée chaque jour, à chaque instant de vivre de sa passion. Quand on questionnait ma fille Lilia, à l’époque où elle avait 5 ans, sur le métier de son père, elle répondait : « il regarde des matchs!»

L’apprentissage de l’excellence (2000 – 2004)
Les cinq premières années du programme de soccer, soit de 2000 à 2004, ont été difficiles, avec aucune participation aux séries de fin de saison. La saison 2002-2003 a été particulièrement difficile avec aucune victoire. Mais, l’objectif a toujours été le même : remporter le championnat canadien. Durant les années difficiles, je me présentais aux conférences de presse de début de saison, et j’affirmais toujours le même objectif quand on me posait la question : remporter le championnat canadien. Ce n’était pas de la prétention, mais une façon de voir les choses. Pour moi gagner, c’est un processus et non pas une finalité, car le processus est fait d’étapes et de défis qui nous permettent de grandir comme personne et de faire grandir les étudiants-athlètes dont nous avons la charge. La défaite et la victoire sont les deux faces d’une même médaille, celle du progrès.

L’arrivée de Gilles Lépine à la tête du programme Rouge et Or a été déterminante. Je lui suis très reconnaissant. Il m’a connu lors de mes années à la tête de l’équipe de soccer de François-Xavier-Garneau, où nous avions instauré une tradition gagnante. Devant nos difficultés, il m’a soutenu en me disant que ce qu’il voulait, c’était de prendre mon temps pour bâtir un programme gagnant avec des joueurs heureux. Depuis, le stress et la pression se sont transformés en une énergie positive, celle qui vous rend lucide et efficace, celle qui vous permet de concilier valeurs et actions. Une énergie qui vous aide à passer de l’apprentissage de l’excellence à la conquête de l’excellence.

J’ai une pensée spéciale pour des joueurs comme Michel Mana Nga, Vincent-Jean Dubé et Boris Salou. Les deux premiers ont connu les années difficiles de construction et d’investissement tandis que le dernier, appelé le Sage africain, a été notre premier athlète à remporter le titre de meilleur joueur au Québec en 2007. On lui doit surtout le cri d’équipe, qui est encore le même aujourd’hui! Ils ont beaucoup contribué au développement de notre programme de soccer. Un entraîneur n’est rien sans ses joueurs. C’est un travail d’équipe.

La conquête de l’excellence (2005-2009)
Gagner, avancer et progresser ne se font pas tout seul. Se développer comme personne, ça ne se fait pas tout seul. Nous rencontrons tous dans la vie, ce que j’appelle les forces du bien, des personnes qui ont les mêmes valeurs que toi, qui veulent la même chose et qui te soutiennent dans tes projets. Mme Sylvie Lévesque et M. Jean-Guy Tremblay, les parents de notre ancien capitaine, Alexandre Lévesque-Tremblay, ont joué un rôle important dans le développement de notre programme avec un important soutien financier. Je leur suis éternellement reconnaissant.

Cette conquête de l’excellence va se faire sous l’égide d’un conseil d’administration, dirigé par M. Serge Nadeau et secondé avec passion et énergie avec M. Régis Dumont, M. Alain Roy et Mme Monique Richer, pour ne pas tous les nommer. Ils nous ont donné les moyens (bourses) pour faire progresser notre programme de soccer. Ce sont des bénévoles extraordinaires qui croient en notre mission, et ils se renouvellent à l’image de nos étudiants-athlètes du Rouge et Or. Aujourd’hui, la relève est bien assurée avec la présidence de M. Yvan Pelletier, bien entouré.

Les bourses qui ont été mises à notre disposition nous ont permis d’attirer des étudiants-athlètes français qui ont marqué le programme comme Julien Priol et Samuel Georget. Les deux ont remporté le titre de meilleur joueur au Canada, respectivement en 2010 et 2012. Samuel Georget est aujourd’hui résident permanent et vit aussi de sa passion comme responsable de la concentration soccer de l’école Samuel De Champlain.

Sous la présidence de M. Nadeau, l’équipe de soccer masculine a remporté le championnat canadien en 2009. En 2015, c’est sous la présidence de M. Alain Roy que l’équipe féminine a remporté le sien. Vous me voyez venir. Donc, sous la présidence de M. Pelletier, nous devrions voir nos deux équipes remporter un championnat canadien !

Un triplé historique
La conquête du championnat canadien en 2009 a été une belle histoire avec un triplé historique qu’aucune université québécoise n’a réalisé : le championnat provincial extérieur, intérieur et le championnat canadien.

Un championnat canadien acquis dans une finale endiablée, avec le même suspense qu’on retrouve dans les films… américains. Nous perdions 2-0 contre McGill après 20 minutes de jeu, un adversaire que nous avions battu 3-0 en finale provinciale, une semaine avant. En l’espace de 5 minutes, soit tout juste avant la fin de la première mi-temps, les joueurs se prennent en main, sous l’extraordinaire leadership de notre capitaine Alexandre Lévesque-Tremblay, qui jouait blessé, pour marquer trois buts en cinq minutes  (40e, 43e et 45e)! C’était l’euphorie dans le camp lavallois, et la tristesse dans celui de McGill. Terrible comme contraste, mais c’est ça le sport! Ce soir-là, l’entraîneur-chef des Redmen est venu dans notre vestiaire pour nous féliciter, un geste de grande classe. Ce soir-là, McGill nous a permis d’être meilleurs et d’être allés chercher une performance exceptionnelle. L’adversité vous rend fort.

Moi qui ai toujours été fasciné par les films sportifs américains, j’en vivais un ce soir-là, en direct, et il était vrai. Je voyais une bande de joueurs, une bande d’amis, revenir de l’arrière, dans un match où nous pouvions prendre l’eau à tout moment, sans le brio de notre gardien de but Vincent Cournoyer, se battre, passant par un court moment de désespoir pour ensuite réagir et gagner, et savourer des moments extraordinaires. Un match est un condensé de la vie humaine. Nous passons par toutes les vagues d’émotions. Des émotions qui restent en vous toute la vie.

D’ailleurs, c’est ce que je dis continuellement à mes joueurs : le Rouge et Or de l’université Laval, c’est des émotions et un diplôme dans une université dotée d’installations sportives incroyables, et dans une magnifique ville, Québec!

À la reconquête de l’excellence (2009 à aujourd’hui)
Quand tu goûtes pour la première fois aux délices de la victoire, ça te donne envie d’y retourner. En 2013, le Rouge et Or a été finaliste, et l’année 2014 s’annonçait très prometteuse avec un groupe de joueurs expérimentés et motivés d’aller jusqu’au bout de l’aventure. Mais, cette aventure a été remise à plus tard avec l’affaire des joueurs suspendus. Nous étions sur le point de nous qualifier pour le championnat canadien.

On va appeler ça des erreurs de jeunesse. Un triste épisode qui vient tester tes valeurs fondamentales. La vie est comme un match, avec des défis permanents. Dans ce triste épisode, nous avons passé les valeurs avant les résultats. Je dis nous, car un coach n’est rien sans son staff. Je suis bien entouré avec mes collèges Michel Fischer (14 ans),  Vincent Cournoyer (3 ans) et Emmanuelle Arbour (20 ans, comprenant FXG).

La colère cède la place à l’analyse, l’introspection pour savoir ce qui n’a pas marché. Des amitiés ont été brisées, d’autres renouées. Il faut savoir avancer dans la vie, car elle est courte. Pour certains, ils ont compris et appris de leurs erreurs. Pour les autres, j’espère qu’ils sont dans ce même processus.

Je suis un éducateur dans l’âme et j’ai toujours soutenu mes joueurs avant, pendant et après leur carrière universitaire, car la vie est un processus. Je suis un coach, je n’ai pas le temps pour la rancune. Un coach est guidé par le présent pour mieux préparer l’avenir, mais aussi enrichi du passé…

Même si le groupe a été amputé du tiers de ses membres, l’édition du Rouge et Or à l’hiver 2015 a trouvé le moyen de remporter le championnat provincial de soccer intérieur. Comme dans un film américain…

Aujourd’hui, nous sommes sur le chemin de la reconquête du sommet pour vivre une autre belle aventure humaine et sportive.


SKI ALPIN / LAURENCE VALLERAND

15 janvier 2016

Laurence Vallerand est étudiante en Affaires publiques et relations internationales. Capitaine de l’équipe féminine de ski alpin Rouge et Or en 2016, elle fait partie du club depuis 2012.

Le ski alpin, le sport où les bottes sont deux pointures plus petites que nos chaussures habituelles pour optimiser la performance. Le sport où nous préférons glisser à toute allure sur de la glace. Le sport où une course peut se gagner par un centième de seconde. Le sport où la constance est l’élément clé.

Permettez-moi de vous mettre en contexte quant à mon parcours en ski alpin. Avant d’arriver au Rouge et Or, j’ai fait partie de l’Équipe du Québec, pour ensuite faire brièvement partie de l’Équipe Canadienne de développement. Durant ces années, les vols d’avion n’étaient que la routine. Une fois les camps d’entraînement sur neige au Chili, en Nouvelle-Zélande et dans l’Ouest canadien complétés, arrivait enfin un calendrier très chargé de compétitions. Pour vous donner une idée, en seulement une saison, je pouvais prendre le départ plus d’une cinquantaine de fois. Je poursuivais le calendrier de courses avec un seul but, soit de faire partie de l’élite mondiale. Plus précisément, mon objectif d’aussi loin que je puisse me le rappeler était de représenter le Canada aux Jeux olympiques. Malgré toutes mes années de dévouement à l’entraînement, mon rêve n’a pu être atteint. Il était donc temps de tourner la page. Même si je devais abandonner mon rêve d’aller aux Olympiques, il n’était pas question d’arrêter de compétitionner. C’est alors que j’ai été introduite au Rouge et Or. Durant quatre années remplies de succès, de détermination et de blessures, j’ai pu me dépasser en tant qu’athlète et étudiante, et surtout créer des liens avec des coéquipiers qui dureront à jamais.   

Mes quatre années passées au sein du Rouge et Or ne me semblent pas comme une fin à ma carrière de skieuse, mais plutôt comme un tremplin vers un nouveau chapitre de ma vie. Effectivement, les opportunités d’entraînement et le support de toute l’équipe du Rouge et Or permettent aux athlètes d’exceller autant sur les pistes que sur les bancs d’école. Suivant ce précieux encadrement, plusieurs d’entre nous performent mieux une fois arrivés au sein du Rouge et Or qu’au sein d’équipes élites. Selon moi, ceci s’explique notamment par le fait que le ski alpin, dans le circuit universitaire, devient un sport d’équipe à part entière. La performance de chacun des membres de l’équipe est cruciale, puisque le classement entre les équipes se base sur les points cumulatifs obtenus par chaque université aux jours de compétition.

L’ambiance qui règne aux jours de courses est au plaisir, certes, mais aussi à l’encouragement et au dépassement de soi. Notre objectif premier, soit de gagner la bannière universitaire, n’est jamais trop loin dans nos esprits, mais nous veillons à ce que chaque membre de l’équipe performe à son plein potentiel. En tant que capitaine d’équipe, j’essaie de renforcer cette cohésion, pour que tous sentent un fort lien d’appartenance à l’équipe. Notre première course universitaire se tiendra ce samedi 16 janvier, à Stoneham. Nous nous comptons chanceux de pouvoir lancer officiellement la saison à la maison ! Nous détenons réellement un avantage, puisque nous nous entraînons régulièrement sur la piste de course. Nous avons hâte de prouver aux autres équipes de quoi nous sommes capables, et surtout de prouver à nous-mêmes que nos efforts ont porté fruit. De mon côté, je ne pourrai pas prendre part aux compétitions de cette fin de semaine, pour cause de blessures récurrentes. Le reste de ma saison est encore incertaine, mais ça ne m’empêchera pas de rester impliquée au sein de l’équipe. Malgré ce doute quant à mes capacités à pouvoir prendre le départ pendant la saison, je ne peux m’empêcher de me considérer chanceuse. Chanceuse d’avoir une équipe qui m’a tant appris et qui m’a permis de vivre une multitude d’expériences. Chanceuse de pouvoir inculquer aux recrues, si ce n’est qu’un peu, ce que constitue l’esprit d’équipe universitaire. Chanceuse d’avoir pu me démarquer sportivement au courant des dernières années.

En rétrospective de ces quatre années, je me sens donc grandie. J’ai eu la chance de représenter le Canada aux Universiades de Trentino (Italie) et de Granada (Espagne), de représenter le Rouge et Or sur le circuit NCAA, et d’avoir contribué au développement du circuit universitaire québécois. Le circuit universitaire nous permet de vivre d’incroyables expériences sportives, tout en se développant comme humain. Jamais je ne pourrai oublier mon passage à l’Université Laval grâce au Rouge et Or.

Bonne saison à tous!


ATHLÉTISME / CHARLES PHILIBERT-THIBOUTOT


SKI DE FOND / MARTIN GUAY

4 décembre 2015

Martin Guay est administrateur au sein du comité administratif du Club de ski de fond Rouge et Or depuis 2011. Il est diplômé de l’Université Laval en Communication publique (1991) ainsi qu’en Administration des affaires (2012).

Quand j’ai accepté de joindre le CA du Club de ski de fond Rouge et Or, j’avais deux objectifs en tête. Je voulais contribuer au développement de l’équipe, encore toute jeune, et apporter un peu de mon expérience en communication au sein du groupe. Je voulais aussi participer à l’évolution de l’image du sport; montrer que le ski de fond, traditionnellement contemplatif, un peu grano, est un véritable sport d’entrainement, technique et performant, particulièrement bénéfique aux plans cardio et musculo-squelettique. Surtout, je voulais que le ski de fond connaisse du succès dans le modèle « étudiant-athlète » que le Rouge et Or avait si bien réussi à bâtir pour une douzaine d’autres sports.

Mon travail de liaison entre l’équipe et les partenaires du Club me demandait une heure ou deux par semaine pendant la saison, les réunions du CA, à peine deux heures par mois. Ça me laissait du temps pour skier les fins de semaine au sein d’un club civil de la région et constater la croissance du sport ainsi que le plaisir des jeunes à s’entrainer et à se retrouver les week-ends pour des courses amateurs.

Créer l’effet WOW en ski de fond
À l’été 2013, je cherchais une façon de faire connaître les étudiants-athlètes exceptionnels qui formaient l’équipe et de propager l’idée parmi les skieurs du Québec que le Rouge et Or, c’est aussi du ski de fond! Je savais que les occasions de voir à l’œuvre les membres du Club sont plutôt rares, puisqu’ils sont presque toujours aux É.-U., à skier avec les athlètes de la NCAA. Étant un fidèle amateur de football depuis les débuts du Club, j’avais vu grandir l’engouement pour le sport sur le campus et constaté les améliorations importantes au Stade TELUS-UL ces dernières années. Je trouvais dommage que ces infrastructures tombent en dormance l’hiver. De plus, je savais que l’Université souhaitait augmenter les activités pendant la saison froide sur le campus, un milieu de vie à l’année. C’est comme ça qu’est née l’idée de tenir une course de ski de fond dans le stade : le Sprint Rouge et Or!

L’idée, c’est bien beau, mais encore fallait-il concrétiser le projet et, surtout, convaincre un paquet de monde que c’était faisable de créer une piste de ski de fond à partir de rien dans un endroit absolument pas prévu pour ça!

Heureusement, il y avait d’autres rêveurs au sein du CA, des crinqués qui étaient prêts à se retrousser les manches pour y arriver! Charles Lavoie, des canons à neige HKD Snowmakers, Pierre Harvey, la légende canadienne du ski de fond, notre président du CA, Luc Jolicoeur, et mon collègue de l’UL, Louis-Emmanuel Jamet ont été les premiers à embarquer dans l’aventure, ainsi que notre entraineur-chef, coach Luc Germain. Pierre avait déjà vu des courses dans des stades en Scandinavie et on avait tous été impressionnés par la popularité de la course organisée sur la colline parlementaire, à Québec en 2012. On n’avait évidemment pas les moyens de faire aussi gros, mais on était prêt à se démener pour réussir!

Pour la première édition du Sprint, on a choisi de faire ça au cœur de l’hiver, fin janvier, un soir de semaine, afin que les étudiants-athlètes puissent y participer. On misait sur le nouvel éclairage du Stade, l’écran géant, la collaboration du personnel du Service des activités sportives et les skieurs de la région pour tenir une course qui n’existe pas au sein du Circuit régional; un sprint de 400 m! La neige abondante et le froid intense ont bien failli venir à bout de nos ambitions! Pierre, Louis et moi avons dû pelleter les escaliers plusieurs fois afin de retirer la neige durcie et la glace pour que les skieurs puissent se rendre à la piste! Un thermomètre frôlant les moins 20 n’a pas freiné les curieux et nous avons réussi à offrir un événement spectaculaire, grâce aussi à la contribution exceptionnelle de l’animateur et commentateur professionnel Randy Ferguson, qui nous a offert ses services, à la veille de partir pour les Jeux de Sotchi avec Radio-Canada/CBC!

L’an deux
Après le succès de la première édition, il fallait repenser le timing de l’événement; tous ces efforts pour créer une piste de ski dans un stade ne pouvaient pas se limiter à une soirée! Tout le monde voulait qu’on tienne le Sprint le week-end, mais nos étudiants-athlètes n’étaient pas disponibles de janvier à mars. L’apport inestimable de nos partenaires de neige artificielle et de damage (HKD et Prinoth) ainsi que les succès de la Glisse Boréale, à la Forêt Montmorency (du ski de fond en novembre!) nous ont incités à tenter de tenir le Sprint à la mi-décembre! Il fallait pas mal de guts pour croire qu’on allait skier au Stade TELUS alors qu’il y avait à peine une trace de neige en ville! Le déplacement du Sprint le week-end nous a aussi permis d’offrir des épreuves le vendredi soir, en plus du samedi. On profitait ainsi davantage des aménagements et on pouvait offrir une autre exclusivité aux skieurs : une course à l’élimination! C’est une épreuve courante en cyclisme et en athlétisme (j’ai déjà assisté à une démonstration sur la piste du stade pendant la demie d’un match de football), mais personne n’avait fait ça en ski de fond! L’épreuve consiste à partir en groupe pour un nombre précis de tours de piste. Après deux, trois tours, on commence à éliminer les deux-trois derniers du peloton, ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste que cinq skieurs dans le dernier tour qui se battent pour les trois médailles. Ça a permis aux étudiants-athlètes du Club de se mesurer avec les meilleurs skieurs de la région, dont quelques olympiens! Dans une finale enlevante, le champion universitaire canadien, Frédéric Touchette, est venu coiffer au fil d’arrivée le champion de l’année précédente et ex-Rouge et Or, David Grégoire!

Mon engagement au sein du Club me permet de côtoyer des passionnés et d’appuyer des étudiants-athlètes inspirants. Il m’a aussi permis d’apprendre, sur la fabrication de la neige et la coordination de bénévoles, et de diversifier mon expérience, notamment en gestion d’événement sportif. Pour 2015, le Sprint Rouge et Or proposait une course à relais, un sprint en équipe! Comme la plupart des skieurs n’ont jamais vécu une telle expérience, l’épreuve n’étant au programme qu’aux championnats canadiens et en Coupe du monde, ça aurait été spectaculaire! Malheureusement, la météo a été contre nous et nous avons dû annuler les courses parce que nous n’étions pas capables d’enneiger suffisamment. Si Dame Nature collabore et que notre équipe d’enneigement réussit le tour de force l’an prochain, on devrait retrouver à nouveau l’ambiance festive et unique du Sprint Rouge et Or en 2016!

Martin Guay
Administrateur Rouge et Or ski de fond
Directeur d’épreuve Sprint Rouge et Or


FOOTBALL / SEYDOU-JUNIOR HAÏDARA

27 novembre 2015

Seydou-Junior Haïdara évolue comme receveur de passe dans la Ligue Canadienne de Football avec les Roughriders de la Saskatchewan. Il a porté les couleurs du Club de football Rouge et Or de 2009 à 2012.

Si je pratique le football au niveau professionnel depuis trois ans, je l’exerce, somme toute, depuis déjà 16 ans.

C’est plus que la moitié de ma vie. Et j’ai gagné deux fois.

DEUX FOIS.

J’ai donc échoué pendant 14 saisons. Je suis 2 en 16. J’ai un taux de réussite de 12,5 %. Calculez-le comme vous voulez, le résultat reste toujours le même : je suis un perdant. Du moins, statistiquement. C’est la douce ironie de la vie d’athlète ; spécialement celle d’étudiants-athlètes.

En 2013, après ma première saison dans la LCF, j’ai eu la chance de revenir voir mes anciens coéquipiers et entraîneurs, des gens qui ont eu un impact majeur sur ma vie, remporter une deuxième Coupe Vanier en deux ans – la deuxième du Rouge et Or à la maison. J’étais heureux de pouvoir revivre une parcelle du sentiment d’extase que j’avais vécu en 2010 et en 2012.

La fin de semaine dernière, j’ai pu venir, encore une fois, encourager l’équipe sur place, cette fois-ci, à l’occasion de la Coupe Dunsmore. Or, cette année, l’issue du match a été différente. Ce fut déchirant de voir, impuissant, mes anciens collègues gérer la vive émotion négative de la défaite. En particulier quand on est pleinement conscient du niveau d’engagement et d’effort qu’ils ont mis tout au long de l’année. Les gens parlent toujours des succès du Rouge et Or football, mais tant qu’on n’a pas vécu l’expérience au quotidien, on ne peut pas réaliser l’ampleur des sacrifices et de l’adversité que ces succès impliquent, tous les jours. Encore une fois, j’ai revécu, à travers l’équipe, une parcelle d’une émotion que je connaissais bien ; mais cette fois, c’était une émotion bien plus sombre.

Observer les joueurs et les entraîneurs de l’équipe, après ce match, m’a donné envie de réfléchir à mon propre rapport à la défaite; à comment il est difficile, pour les athlètes et les entraîneurs, de la gérer. Mais surtout, de transformer ce sentiment extrêmement négatif en motivation – en sentiment positif.

Je me suis posé une question. Quelle est la différence, pour moi, entre les années où j’ai eu la chance de remporter le match final et celles où je l’ai perdu ?

La vérité, c’est qu’il n’y a pas de différence.

Pour moi, la victoire ou la défaite, c’est le même résultat. S’il y a une différence, c’est seulement dans la nature ou dans l’ordre des sentiments ressentis. Mais ces sentiments racontent la même histoire.

Attention : JE NE DIS PAS QUE GAGNER N’EST PAS IMPORTANT. Seulement, il y a des nuances à faire.

Aucun athlète qui se respecte ne voudrait se faire dire que peu importe ce qu’il va faire, sa victoire, au bout du compte, est garantie. Ainsi, chaque saison, avant le match final, je suis excité, fébrile… Je me prépare à vivre ce pour quoi j’ai travaillé toute l’année. Pendant toute la durée du match, je suis en extase; je vis dans le moment présent à 100 %. Je récolte la semence du travail que j’ai effectué toute l’année, et même avant. Le temps et l’espace n’existent plus; parfois, j’ai l’impression qu’il m’est possible d’enfreindre les lois de la physique.

Je suis quelqu’un d’intense.

C’est donc dire qu’en 2009 et 2011, j’ai vécu des déceptions totales. Comme après mes 12 autres saisons d’échecs, j’ai eu à vivre un énorme deuil. J’ai été amer, triste, frustré… J’ai même eu honte. Mais à chaque défaite, la réalité qui frappe le plus fort, dans les jours qui suivent, c’est le sentiment de vide.

Je me retrouve soudainement avec énormément de temps libre, mais je ne sais pas quoi faire de ma vie. Je n’ai pas seulement perdu le match ; j’ai perdu ce que j’aimais le plus au monde, ce qui me rend le plus heureux. Et je ne pourrai pas le retrouver avant des mois. Des longs mois. Ma sœur appelle cette phase « ma dépression post-saison de football ».

Heureusement, le temps fait toujours son effet et je finis inévitablement par réaliser que j’aurai le privilège de recommencer, que toutes ces émotions négatives me serviront à me rappeler pourquoi j’y mets autant d’effort. C’est là que mon désir de vaincre revient. Je réalise quelle belle opportunité j’ai de pouvoir recommencer tout le processus. Je retrouve ma joie de vivre ; je redeviens moi-même.

En 2010, après avoir gagné pour la première fois de ma vie, j’ai vécu l’euphorie. La vraie. La grande. Je pouvais vivre, enfin, les émotions du gagnant. Je pourrais enfin voir ce qui vient après l’euphorie de la victoire ! Le devinez-vous ?

Eh oui ; la dépression post-saison de football.

La première fois, ce fut un choc. J’étais confus: pourquoi quand je gagne, je me sens exactement comme quand je perds ?

Puis, j’ai pensé à ce que notre entraîneur Glen Constantin nous dit à l’issue de chaque dernier match de la saison : « Those who stay will be champions ».

« Those who stay will be champions ». C’est la réalisation que la force du Rouge et Or football n’a rien à voir avec les victoires ou les défaites, avec les huit titres de la Coupe Vanier, les 11 victoires de la Coupe Dunsmore d’affilée, les 70 gains de suite à domicile, etc. Ces statistiques incroyables, pour moi, ne sont que le résultat d’une culture de gagnant. Une culture qui prône le travail acharné et la persévérance dans l’adversité.

« Those who stay will be champions ».

Si j’entends beaucoup de choses concernant le programme de football du Rouge et Or, en particulier à la suite de la deuxième défaite en deux ans à la Coupe Dunsmore, je crois que c’est parce que la nature humaine fait en sorte que l’on craint le changement, que l’on craint les événements qui nous sortent de notre routine ou de notre zone de confort. Or, actuellement, je ne vois pas le Rouge et Or dans une mauvaise situation. Je vois plutôt une opportunité pour eux de relever un défi gigantesque; un défi qui, je l’avoue, m’excite. Croyez-le ou non, je suis un peu jaloux de ce défi qui se présente aux joueurs et entraîneurs du Rouge et Or. Parce que je sais qu’ils ont tous les outils pour le relever, qu’ils soient mentaux ou physiques.

Je suis extrêmement fier d’avoir fait partie de ce programme. Et je sais que le résultat de cette année est décevant. En particulier pour les finissants. Mais vous étiez champions bien avant la fin du match. J’ai goûté à la victoire avec vous; et pour les plus jeunes qui n’y ont pas encore goûté, focalisez sur le processus. C’est ce processus qui fait de vous des champions. C’est là que tous les efforts se concentrent. Si vous focalisez sur le processus, les résultats viendront tôt ou tard… Mais cela, seulement si vous persévérez.

Parce que devinez quoi ? Those who stay will be champions.


ROUGE ET OR / GILLES LÉPINE

20 novembre 2015

Gilles Lépine est directeur adjoint du Service des activités sportives et responsable du programme Rouge et Or depuis 2004. Il est détenteur d’un baccalauréat en éducation physique à l’Université Laval depuis 1978.

Ma vie en Rouge et Or…
En effet, j’ai passé une très grande partie de ma vie en Rouge et Or : adolescent j’étais un fan, particulièrement du basketball et du volleyball Rouge et Or, qu’ils m’impressionnaient ces « grands »; même au cégep je continuais de les suivre en espérant que ce soit mon tour un de ces jours; comme d’autres, le sport a été pour moi un outil d’accrochage à l’école, car si je voulais jouer pour le Rouge et Or, il fallait que je me rende à l’Université.  Étudiant-athlète, ma vie se résumait à étudier en attendant le prochain entraînement ou les prochains matchs. Que cela a passé vite… Je me voyais comme le « king », on ne pensait qu’au sport et on n’avait peur de personne. Après, j’ai eu la chance d’être nommé entraîneur-chef de l’équipe féminine de volleyball et de l’équipe masculine par la suite. Que j’ai aimé cette période, différente, mais tout aussi intense.  Par la suite, même si ma vie professionnelle prenait son élan et que j’entraînais au niveau collégial, je me suis impliqué comme annonceur maison, puis comme administrateur  bénévole et même comme commanditaire en associant le Rouge et Or à la campagne De Facto que nous venions de mettre en place. Aujourd’hui, ça fait maintenant 11 ans que je suis à la tête de notre petite mais dynamique équipe de coordination. Il en est passé de l’eau sous les ponts. Ça fait si longtemps, qu’il y a des jeunes qui me croient quand je leur dis que lorsque j’étais au sein du Rouge et Or, les miroirs étaient encore en noir et blanc…

Pourquoi autant de passion, d’énergie et de projets avec l’impression permanente que ce n’est jamais assez et que nous pouvons en faire encore plus? Ma réponse bien personnelle : Parce que la quête de l’excellence n’arrêtera jamais, parce que les valeurs du Rouge et Or nous rejoignent tous. Que nous ayons 8 ou 88 ans, cette recherche de s’élever au maximum de nos capacités intellectuelles et physiques dans un contexte éthique et éducatif nous inspire et nous sert de référence, qu’on soit étudiant-athlète ou non. Au-delà de la victoire, le processus nous enflamme, c’est peut-être l’une des choses les plus inspirantes que peut faire l’humain. Se pousser au maximum en se respectant lui-même et les autres tout en représentant une institution d’enseignement supérieur et même la région, dans le cas du Rouge et Or.

Pourquoi tous ces entraîneurs qui ont connu la conquête du Championnat canadien universitaire veulent-ils y retourner année après année, le faire vivre à leurs étudiants-athlètes, même si cela demande une tonne de temps, d’énergie et de planification? Parce que de contribuer à faire grandir ces jeunes, qui sont possiblement les plus beaux ambassadeurs de notre société, est probablement la plus belle « job » du monde. À titre anecdotique, je viens de passer quatre belles journées à accompagner notre extraordinaire équipe de soccer féminin qui était au Championnat canadien universitaire. Et bien je vous confirme que notre entraîneur-chef, Helder Duarte, n’a rien vu de Vancouver si ce n’est que par la fenêtre de sa chambre où il faisait du vidéo et de la planification. C’est ça la passion et c’est la même chose pour tous les entraîneurs du Rouge et Or.

C’est la même raison qui anime les administrateurs bénévoles que j’ai le plaisir de côtoyer régulièrement, voire quotidiennement, au sein des treize corporations Rouge et Or. Pourquoi prendre beaucoup de leur précieux temps « libre » pour donner un coup de main au Rouge et Or? Parce que ces jeunes talentueux et déterminés nous impressionnent et que l’on souhaite que nos enfants ou petits-enfants aient le privilège et le talent pour vivre ou s’inspirer de cette expérience hors du commun. La même déduction s’applique à mes collègues du Services des activités sportives qui en mettent toujours un peu plus sans attendre un bonus ou une augmentation salariale.

Ces dernières années j’ai eu la chance d’avoir la visite d’une bonne dizaine de collègues d’autres universités au Canada qui m’ont tous posé la même question « Quel est le secret du WRouge et WOr ? » (prononcé en anglais!) Comment sommes-nous devenus l’une, sinon « la » marque la plus reconnue du sport universitaire au Canada ? Ma réponse ?… Comme bien des recettes, il faut plusieurs ingrédients :

  • Des entraîneurs compétents, passionnés et en ligne avec nos valeurs;
  • Des étudiants-athlètes talentueux, passionnés et persévérants tant aux études qu’à l’entraînement;
  • Du personnel dédié, efficace, qui ne compte pas leur temps et leurs efforts;
  • Une connexion réelle avec le milieu sportif, scolaire et social de la région;
  • Et par-dessus tout, l’ingrédient très spécial, des administrateurs bénévoles qui sont là pour les bonnes raisons. Ils sont nos meilleurs ambassadeurs auprès du milieu. À titre d’exemple, peu de gens savent que des gens d’affaires influents, administrateurs de clubs Rouge et Or, travaillent comme bénévoles lors de compétitions telles que le football pour amasser des sous pour « leur » club. Nous sommes certainement uniques au Canada à ce chapitre.

Je terminerais en affirmant que le Rouge et Or n’est pas une fin mais un moyen, un extraordinaire moyen « d’éducation » et un incroyable outil pour le sentiment d’appartenance. Tout le monde est fier des succès du programme d’excellence; l’étudiant, l’employé de l’Université, le recteur, le maire et même le simple citoyen. Peu d’activités étudiantes peuvent se targuer de si bien mobiliser positivement la collectivité.

Nous sommes tous le Rouge et Or.

Go Rouge et Or Go !


FOOTBALL / JEAN-PHILIPPE BOLDUC

13 novembre 2015

Jean-Philippe Bolduc est détenteur d’un certificat en marketing et consommation et étudiant au certificat en management dans le cadre du baccalauréat multidisciplinaire. Il évolue comme maraudeur au sein du Club de football Rouge et Or depuis 2012.

Après quatre saisons au sein du Rouge et Or football, j’ai eu la chance de côtoyer de grands compétiteurs et des entraîneurs de haut calibre.  À bien y repenser, c’est sûrement la soif de compétition qui a été la première raison pour laquelle j’ai choisi de me joindre au Rouge et Or.   Ma volonté d’atteindre l’excellence et ce dans tous les aspects de ma vie est une ambition que je partage avec tous les membres de notre équipe.   Lorsque j’ai pris la décision de venir jouer ici, je savais que ce ne serait pas toujours facile… loin de là!  Tous les joueurs plus talentueux les uns que les autres choisissent de porter les couleurs du Rouge et Or parce qu’ils savent qu’ils seront poussés aux limites de leur plein potentiel;  c’est certainement ce que tout vrai compétiteur recherche. 

À quelques jours de la Coupe Dunsmore, l’esprit de compétition ressort davantage.
Nous sommes à une journée de la Coupe Dunsmore et l’esprit de compétition se manifeste à son plus haut niveau.   Je peux vous le confirmer car je l’ai vécu au cours des quatre dernières années.  Voir des coéquipiers comme Arnaud Gascon-Nadon, Jean-Alexandre Bernier, Frédéric Plesius, Guillaume Rioux, Vincent Plante et Dominic Noël pour ne nommer que ceux-là ainsi que les entraineurs se préparer, porter une attention aux détails et avoir une concentration maximale démontre le niveau de professionnalisme qui caractérise le Rouge et Or.

La semaine où chaque détail est important.
Pour les recrues, tout se passe extrêmement vite à notre première année.  Plus tu évolues dans le programme, plus  tu as le temps de savourer l’intensité de cette semaine déterminante. À ton année recrue tu n’as pas le temps de voir les choses défiler, ce sont les vétérans et les entraîneurs qui te montrent comment faire. Ceci est vrai pour l’ensemble de la saison mais plus spécifiquement pendant les séries. Les vétérans portent attention aux détails, s’assurent que tous les joueurs donnent leur effort maximum parce qu’il n’y a plus de filet de sécurité et donc plus de deuxième chance. Il se peut que ce soit notre dernière pratique, notre dernier match et les vétérans se font un devoir de le rappeler puisque ça fait partie de leurs rôles et de leurs responsabilités.

Je suis aujourd’hui un vétéran et cette semaine représente autant une semaine stratégique qu’une semaine de retour sur les trois dernières années.  Permettez-moi de vous raconter mes trois Coupes Dunsmore.

Coupe Dunsmore 2012 : Sherbrooke à Québec
Cette année-là, c’était mon année recrue et j’ai eu la chance de jouer beaucoup même si c’était ma première année. Deux ans auparavant, le Vert et Or avait perdu la Coupe Dunsmore sur le dernier jeu du match.  Vous pouvez imaginer que l’équipe de Sherbrooke souhaitait se venger, mais ce ne fut pas le cas. Durant tout le match, Sherbrooke jouait bien mais nous avions l’avantage, jusqu’au moment où nous avons fait un jeu truqué sur les unités spéciales. Boris Bede a lancé une passe à Adam Thibault dans une formation de botté de dégagement, un jeu truqué exécuté à la perfection.  Nous avons mis fin à leurs espoirs.  « Big time players make big time plays in big time games », c’est exactement ce que Boris et Adam sont.  Rappelez-vous leurs performances à la Coupe Vanier 2012 sans oublier celle de Maxime Boutin!

Coupe Dunsmore 2013 : Montréal à Québec
La victoire de cette année-là fut le travail de l’équipe au grand complet. Je me souviens d’un match très serré où chaque verge fut durement gagnée.   Le score de 14-11 en témoigne. La partie aurait pu tourner en faveur de l’autre équipe, mais nous avons saisi les opportunités lorsqu’elles se sont présentées bien qu’elles aient été peu nombreuses.  Avec une performance d’équipe comme on venait de réaliser, on savait que nous étions sur la bonne voie. La suite fut sensiblement la même histoire, les deux derniers matchs ont été gagnés en équipe.

Coupe Dunsmore 2014 : Montréal à Québec
Ce match, qui ressemble drôlement à celui de l’année précédente, s’est décidé aussi par la mince marge de trois points. Un autre match de la grande rivalité Québec-Montréal. Je me rappelle que nous n’avons jamais perdu espoir avec l’échappé provoqué par Shayne Gauthier qui nous a permis de nous rendre en prolongation. Le résultat de cette partie n’a pas été celui que nous souhaitions, par contre nous nous sommes fait la promesse de nous redonner la chance l’année suivante. 

Cette chance est déjà arrivée.  

Coupe Dunsmore 2015 : Montréal à Québec
Nous voilà à 51 semaines du match de l’an dernier et cette nouvelle chance pour le match de la Coupe Dunsmore se présente. Nous sommes exactement à l’endroit où nous voulions être.  L’objectif a été atteint.  Cette semaine en est une des plus intenses et particulières pour les gars de l’équipe et pour moi.  Je salue notre esprit de compétition et de discipline. 

L’accomplissement du défi est à notre portée et le seul objectif est la victoire!

Bon Match!

Jean-Philippe Bolduc
Maraudeur de 4ème année
F.T.F


BASKETBALL / KARL DEMERS-BÉLANGER

6 novembre 2015

Karl Demers-Bélanger est étudiant en actuariat et évolue comme arrière au sein du Club de basketball Rouge et Or depuis 2012.

Avant de vous parler du voyage en Chine, je dois vous mettre en contexte sur comment nous nous sommes retrouvés à faire cette tournée. Le tout a débuté cet été par la conquête du championnat de la Ligue de basketball du Québec élite (LBQ) par notre équipe, la Capitale-Nationale, une équipe constituée presque entièrement de gars du Rouge et Or. En fait, la LBQ est une ligue d’été où l’on retrouve un niveau de compétition élevé. Elle est constituée en grande partie de joueurs  du réseau de Sport interuniversitaire canadien (SIC), d’anciens joueurs de SIC et de joueurs qui ont de l’expérience dans les rangs professionnels. Ensuite, vers la fin de l’été, un agent brésilien embauché par la Chinese Basketball Association afin de trouver des équipes professionnelles qui disputeront des matchs hors concours en octobre a contacté notre entraîneur. Finalement, il a été convenu que deux joueurs ayant de l’expérience au niveau professionnel allaient nous accompagner. Il s’agit de Samuel Audet-Sow, un ancien du Rouge et Or, et Robinson Odoch Opong, un de mes anciens coéquipiers au collégial qui a joué par la suite dans la NCAA. C’est donc à la fin août que j’ai appris que nous allions avoir la chance d’effectuer cette tournée en sol chinois.

Préparation
Du côté de la préparation pour le basket, il n’y a pas eu beaucoup de différences pour moi. En septembre, comme à l’habitude, nous avons fait plusieurs pratiques et quelques parties hors concours. Puis, en octobre, juste avant notre départ, nous avions un tournoi au Nouveau-Brunswick. C’est plutôt du côté des études que la préparation a été différente pour moi. En fait, j’allais être absent une vingtaine de jours pendant le mois d’octobre. J’allais donc manquer la plupart de mes examens de mi-session. J’ai donc dû prendre des arrangements avec mes enseignants pour que je les reprenne à mon retour le 26 octobre.

Aspect sportif
Le mardi 6 octobre aux alentours de 6h du matin, j’ai pris l’avion en direction de Toronto où, par la suite, je suis embarqué dans un autre appareil en direction de Shanghai. Après 14 heures de vol, nous sommes enfin arrivés à Shanghai. Malheureusement, il nous restait encore trois à heures de transport à faire avant d’arriver à notre hôtel dans la ville de Xuzhou, située au nord de Shanghai. Nous sommes donc enfin arrivés à destination aux alentours de 23h, heure de Chine, le jeudi 8 octobre après 40 heures de voyage. Je n’allais pas avoir beaucoup de temps de repos puisque l’horaire du lendemain était : entrainement le matin à 9h puis match à 15h contre l’équipe du Brésil, probablement la meilleure équipe que j’ai affrontée pendant la tournée. Disons que ce ne fut pas notre meilleure performance. Le lendemain, j’ai eu ma première expérience avec le basketball de Chine. Nous avons affronté les Jiangsu Lions dans un match qui devait débuter à 20h. Après une cérémonie de danse, de batterie et plusieurs autres, la partie a finalement débuté aux alentours de 21h15. C’est à ce moment que j’ai eu mon premier test avec les arbitres chinois qui sont très peu impartiaux, le terme poli pour le dire. Pour le reste du voyage, nous avons disputé huit autres parties dans plusieurs autres villes de la Chine incluant : Nantong, Yongshan, Tahie, Huangshan, Tongling, Nanjing Guyan et Ganyu. Tous des noms dont je n’avais jamais entendu parler. Disons que j’ai voyagé beaucoup, que ce soit en train, en autobus et même en avion à trois autres reprises. Une journée typique ressemblait à : déplacement vers une autre ville dans la journée, si nous étions déjà dans la ville où nous devions jouer, activité avec les commanditaires (séances photos, etc.) ou bien pratique si le temps le permettait et ensuite match le soir. De plus, si par chance j’avais un moment de libre, je devais m’assurer d’avancer dans mes études afin d’être prêt pour mes examens à mon retour. Ensuite, les trois derniers jours, j’ai eu l’opportunité d’aller passer du temps à Beijing ainsi qu’à Shanghai. J’ai pu marcher une partie de la grande muraille de Chine, la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme, ainsi que de voir le centre-ville de Shanghai. Par la suite, j’ai quitté la Chine pour le Québec le 26 octobre aux alentours de 18h, heure de Chine, pour arriver à Québec le 26 octobre à 23h, heure de Québec. Finalement, je crois que, du côté basket, nous avons bien performé et que cette tournée me sera bénéfique pour la saison à venir individuellement ainsi que pour l’équipe.

Aspect culturel
Au départ, il y a eu une période d’adaptation. En fait, presque personne en Chine ne parle anglais. Il a donc fallu que j’utilise à plusieurs reprises le langage des signes ou bien certaines applications de traduction sur mon téléphone afin de communiquer avec les gens. Par chance, nous avions la plupart du temps une traductrice qui suivait l’équipe afin de nous faciliter la tâche. De plus, les gens semblaient être stupéfaits par notre présence. Il n’était pas rare que des personnes dans la rue nous arrêtent afin de prendre des photos ou bien qu’ils interrompent les discours de mi-temps de notre entraîneur afin, encore une fois, de prendre des photos. Ensuite, la conduite des gens est assez intrépide, c’est le cas de le dire. Finalement, le fait d’avoir passé du temps dans plusieurs villes chinoises méconnues de la population m’a permis de voir un tout autre type de culture que la plupart des gens n’auront pas la chance de connaître.

Place à la saison!
En conclusion, cette tournée en Chine a été une réussite, en particulier pour l’aspect esprit d’équipe. Passer 20 jours de suite en compagnie des gars de l’équipe m’a permis de créer des liens qui m’auraient été impossibles de créer à Québec. Ce voyage passé, il faut maintenant se concentrer sur la saison à venir. L’an dernier nous avons fait un pas dans la bonne direction et maintenant il est temps d’avoir des résultats. Je suis conscient que ce ne sera pas une tâche facile, mais je crois qu’on a le potentiel et que les entraîneurs et les joueurs sont tous sur la même longueur d’onde. J’espère vous voir pour notre match d’ouverture le 13 novembre prochain!


VOLLEYBALL / VICENTE PARRAGUIRRE

30 octobre 2015

Vicente Parraguirre est étudiant en administration des affaires et attaquant du Club de volleyball Rouge et Or depuis 2014.

En février 2014, j’ai reçu un message d’un ancien coéquipier de mon frère, Daniel Cuzmar. Dans le message, il me disait que son entraîneur, Pascal Clément, avait regardé une vidéo de moi sur YouTube et il se demandait si je voulais étudier et jouer au volleyball au Canada. Sincèrement, au début, je n’avais aucunement envie d’essayer. J’avais une belle vie à Santiago et je n’avais pas de raison de changer d’environnement. Cependant, il n’allait pas accepter un non comme réponse. Daniel m’a écrit tous les jours pendant un mois pour savoir si j’avais changé d’idée. Finalement, il atteint son objectif et j’ai accepté la proposition. Je laissais mon pays d’origine pour vivre une expérience unique dans la vie d’un athlète. Je ne savais pas ce qui m’attendait, mais il y avait une partie de moi qui me disait que je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité.

Le 24 août 2014, je suis arrivé à Québec avec une valise remplie de rêves. Il faut dire que ce n’était pas facile de quitter le Chili, qui est situé à plus de 8000 km de Québec, à 19 ans. Honnêtement, j’avais peur et j’avais beaucoup de doutes.

L’apprentissage de la langue française a été difficile. Le premier mois, j’essayais de comprendre quelques mots, mais je ne comprenais rien. C’était fatiguant aussi, parce que durant la journée j’entendais du français, je parlais en anglais et je pensais en espagnol. Au moins, quand j’arrivais à l’appartement, je pouvais parler dans ma langue maternelle avec mon coloc chilien, Daniel et sa blonde québécoise, Maude, qui parle très bien l’espagnol. Ensuite, lorsque j’ai commencé à comprendre, d’autres problèmes sont apparus. La timidité était un problème de tous les jours. Je ne voulais pas faire d’erreurs, donc j’essayais de parler le moins possible. Jusqu’au temps des fêtes, que j’ai passé avec la famille de ma coloc, où j’ai dû parler seulement en français, j’ai laissé de côté mes inhibitions. Avec la nouvelle année est également arrivée une nouvelle période en termes de maîtrise de la langue. Finalement, le français a été plus facile à apprendre que ce que j’avais pensé au début. C’est sûr que je vais toujours avoir un accent, mais au moins le monde me comprend.

En termes de volley, la première année a été compliquée aussi. Pas seulement parce que j’avais de la difficulté à comprendre les instructions de mes entraîneurs, mais aussi à cause de notre saison irrégulière, avec des hauts et des bas, avec des joies et des tristesses. J’étais venu à Québec pour vivre une expérience, cependant en chemin je me suis rendu compte que je ne voulais pas laisser passer l’opportunité que l’on devienne la meilleure équipe au pays. J’avais beaucoup de confiance en notre équipe. C’est pour cela que j’étais très déçu de notre performance au championnat canadien, parce que j’avais le sentiment que nous n’avions pas montré tout notre talent. J’étais frustré aussi de ma performance pendant la saison. Même si j’ai gagné les titres de recrue et joueur par excellence de l’année au Québec, cela ne signifiait rien si je ne pouvais pas aider mon équipe à réussir notre objectif. Cependant, je faisais confiance à notre système et à notre équipe. Je n’avais aucun doute que la saison 2015-2016 serait meilleure.

Ce début d’année a été moins difficile. Cet automne, je suis arrivé vraiment motivé. J’avais envie de rencontrer mes coéquipiers, mais ce que je voulais le plus était de commencer à pratiquer et débuter la nouvelle saison. Si l’année passée, j’étais venu vivre une expérience, cette année c’est la vraie vie, je veux gagner tout ce que nous pouvons gagner. Je veux écrire une nouvelle page d’histoire du Rouge et Or et nous allons l’écrire ensemble, entraîneurs et joueurs. Il est triste de laisser ma famille et mes amis encore une fois au Chili pour venir une deuxième année au Canada. Cependant, l’année passée, j’ai appris beaucoup de choses, l’une des plus importantes étant que même si ta famille est loin, elle t’accompagne toujours.

Il me reste seulement à remercier ma famille, mes entraîneurs, mes coéquipiers, le Rouge et Or et la vie pour me donner la possibilité de vivre cette incroyable expérience qui va toujours avoir une place spéciale dans mon cœur.


BADMINTON / ÉTIENNE COUTURE

23 octobre 2015

Étienne Couture est bachelier en pharmacie et possède une Maîtrise en science de la kinésiologie. Il est entraîneur-chef du Club de badminton Rouge et Or depuis 2006.

SATISFACTION (sur l’air de…)
Je gère la douleur de mon mieux lorsque le téléphone vibre pour la première fois. Mon adjoint va devoir attendre que la morphine fasse son effet avant que je ne le rappelle. La chirurgie à la hanche est récente et je ne suis pas présent à l’ouverture de la saison du circuit national de badminton au PEPS. Quelques minutes à peine s’écoulent avant que ça ne s’emballe sur mon iPhone. Je n’anticipe pas la gravité du verdict quand je jette finalement un œil sur ma messagerie. J’ai à peine besoin de lire pour comprendre : « Anne-Julie Beaulieu blessée… Ligament croisé… ». C’est la deuxième blessure grave qui nous touche en deux semaines. Aucun médicament ne pourra rien pour cette nouvelle douleur… « Fu.. ! »

Notre saison universitaire s’ouvre la semaine suivante à Trois-Rivières. On nous donne favoris malgré la blessure de notre joueuse étoile, mais notre formation apparaît plus vulnérable. Tout le monde vient aux nouvelles. Une empathie sincère pour les uns, l’odeur du sang pour les autres. Mais notre statut ne me préoccupe pas. Nos objectifs restent identiques même si les blessures nous obligent à réinventer le chemin à prendre pour les atteindre. Il est important de se projeter rapidement dans notre « nouvelle saison ».

Au-delà des aspects techniques, tactiques et des attitudes, cette première journée de compétition universitaire est le moment d’observer comment les joueurs parviennent à concilier objectifs individuels et collectifs. Un équilibre délicat et difficile à atteindre tant il implique de la part du joueur une compréhension et une sensibilité au groupe et à ses objectifs. Un apprentissage perpétuel pour l’athlète qui n’a pas grandi dans une équipe de sport collectif. Au fil des rencontres, chaque joueur fait son interprétation des événements : « Pourquoi ai-je joué contre l’UQTR et pas contre McGill ? », « Pourquoi je n’ai pas joué contre Montréal ? », « Pourquoi deux parties et pas trois ? »… Plus le rôle est clair pour le joueur, plus l’interprétation est positive. Je laisse entrevoir à certains que la décision peut s’inscrire dans un cadre plus large qui dépasse leur simple temps d’utilisation. L’acceptation et la compréhension du rôle, c’est la première condition sine qua non à la satisfaction du joueur. La seconde étant de s’assurer de l’atteinte des objectifs individuels à travers l’atteinte des objectifs collectifs. C’est important puisque cette satisfaction sera le gage de notre cohésion pour la suite de la saison. L’entraîneur, créateur de satisfaction ? Un peu, quand même…

Notre première sortie universitaire s’avère finalement un succès. Je sens les joueurs relativement satisfaits. La satisfaction tranquille et sereine de celui qui sait qu’il a fait ce qu’il fallait, mais à qui il reste beaucoup de badminton à jouer. Tout le monde a eu sa part du gâteau. Des parts inégales, parfois frugales, mais suffisantes étant donné le contexte. On prend le temps d’être contents et de savourer, mais comme c’est l’usage dans l’équipe, « pas plus de 24 heures ». Beaucoup de travail nous attend encore et j’anticipe que novembre et les examens apporteront leurs lots d’obstacles et de petites frustrations. Si Heywood Hale Broun, journaliste et écrivain du début du XXe siècle, dit vrai (« Le sport ne forge pas le caractère, il le révèle. »), nous en apprendrons beaucoup sur notre équipe dans les prochaines semaines.

L’autre apprentissage de l’athlète issu d’un sport individuel est celui du leadership. Les notions d’équipe et de groupe sont rarement cultivées chez les jeunes athlètes en badminton. La relative inexpérience du joueur en cette matière lui fait ignorer au début la subtilité de ces modes d’expression et lui fait confondre « collaboration avec le leader » avec « soumission au leader ». Une perception validée par mon souvenir d’une interview d’une spécialiste de la question du leadership de Harvard qui soulignait que le défi du leadership au XXIe siècle était de trouver des gens qui acceptent d’être leadés… C’est la nature même du sport qui rend peut-être cette collaboration moins naturelle.  Le badminton est un duel, une opposition directe qui fait tous les jours à l’entraînement des gagnants et des perdants.  Mais le joueur réalise vite qu’il a besoin du groupe pour progresser.  Le self-made man du sport est un mythe.  J’ai bon espoir que notre équipe devienne le terreau d’un leadership porté par tous qui trouverait son expression dans une réalité concrète et ancrée dans les gestes du quotidien,  pas seulement dans les lettres de référence. 

Nous sommes cette semaine au PEPS pour la suite des activités de la ligue universitaire. Plusieurs têtes d’affiche de notre équipe évolueront au même moment à Winnipeg sur le circuit national. Ça fait partie de l’équilibre à trouver entre les objectifs individuels et collectifs. Au final, ce sera bénéfique pour le développement de tout le monde et notre équipe a le potentiel pour jouer sur plusieurs tableaux à la fois. J’espère que les joueurs présents au PEPS cette fin de semaine y verront une opportunité, un défi qui révèlera le caractère et le leadership de notre équipe !


golf / arthur heinkélé

16 octobre 2015

Arthur Heinkélé est étudiant en administration des affaires à l’Université Laval et athlète du Club de golf Rouge et Or depuis 2014.

Mon projet d’étudier à l’étranger a toujours été pour moi un objectif, un rêve. Le continent américain ouvre des perspectives que l’on ne retrouve pas en France, notamment la conciliation études et sport de haut niveau. Pour ne rien vous cacher, lorsque je cherchais à quel endroit faire mes études universitaires, ma première envie était de partir aux États-Unis. Mais je ne faisais que suivre une « mode ». Sans même le savoir, ce n’était pas par envie mais plutôt pour faire comme tout le monde. Cela me correspondait au départ, mais au fur et à mesure que mon projet prenait forme, je me reconnaissais de moins en moins dans cette idée.

Mon sport, le golf, fait partie de ma vie, de mon équilibre et de mon développement personnel tandis que de travailler en finance est mon projet professionnel. C’est pourquoi j’ai décidé de venir étudier en Administration des affaires. Ce sont ces deux aspects de ma vie qui me font avancer.

Ma vie sportive en France fut riche d’expériences passionnantes, de titres honorifiques, de championnats individuels et par équipe. Lors du Championnat de France par équipe en 2013, j’ai joué contre le capitaine du Rouge et Or à l’époque, Stanislas Caturla. Stan m’a présenté le Rouge et Or, sa philosophie, ses infrastructures, son encadrement technique et mental avec son camp d’entrainement en Floride, son organisation avec ses différents tournois régionaux, nationaux et internationaux. La notoriété de l’Université sur le plan scolaire associé au programme du Rouge et Or m’a motivé à rejoindre cette belle équipe de golf canadienne.

Le rêve est devenu enfin réalité et quel bonheur je vis depuis deux ans ! À mon arrivée, je connaissais très peu de gens, je découvrais les infrastructures du Rouge et Or et la vie au Canada. Mon équipe et mes entraîneurs m’ont accueilli à bras ouverts dès le début et je ne les remercierai jamais assez pour cela ! Je sais que rien ne pourra remplacer ma famille ni mes amis en France, mais je peux dire que j’ai une autre famille avec laquelle je suis heureux et avec qui surtout je veux tout gagner ! Évoluer au sein du Rouge et Or est un grand plaisir, une fierté, et un investissement de tous les jours. C’est une grande famille de sportifs, partisans, et commanditaires qui ont tous le même objectif : l’excellence. Il suffit de constater le nombre de partisans présents lors des matchs de football. Le public répond toujours présent, c’est totalement nouveau pour moi. Aujourd’hui, le Rouge et Or me permet de m’accomplir à 100% dans mon sport et surtout d’aller au-delà de mes limites.

La première année, je suis arrivé tout petit et j’ai gagné mon premier tournoi québécois, entouré de Stanislas Caturla et de Pierre-Alexandre Bedard. J’ai aussi gagné le Championnat provincial par équipe contre nos adversaires reconnus de Concordia. Que d’émotions, que d’expérience acquise. Cette année, notre saison a été formidable : un championnat provincial par équipe pour la 14e année consécutive et le titre de champion individuel québécois. J’ai gagné deux tournois, emmenant mon équipe sur la première place du podium. J’ai aussi remporté une prolongation lors du Championnat provincial avec mon équipier français Baptiste Mory contre nos adversaires de Concordia. Quelle fierté, que d’émotions, que de motivation pour encore faire mieux. Maintenant, notre objectif est de gagner le Championnat canadien à Vancouver en 2016. Pour l’équipe et moi, il s’agit maintenant d’un nouveau défi : rester au sommet.


NATATION / PASCAL-HUGO CARON-CANTIN

9 octobre 2015

Pascal-Hugo Caron-Cantin est étudiant en études littéraires à l’Université Laval et athlète du Club de natation Rouge et Or depuis 2011.

Discussion à l’interne
Ça y est mon vieux. Le dernier mille. Tu touches le mur et tout s’arrête. Ça fait 25 ans que nous travaillons ensemble et dans quelques mois, toutes ces années seront reléguées au statut de souvenirs. Je sais que tu t’en rappelleras longtemps; plus capable de bien tourner la tête, les coudes en compotes, les genoux qui ne plient plus… Mais moi, ce sera pour toujours que je m’en souviendrai. Je l’avoue, ce que je m’apprête à te demander est égoïste, mais je ne vois pas d’autres solutions : plonge une dernière fois, tête première, dans le bassin. Une dernière année et tout sera terminé. Ne t’inquiète pas, je t’entends me demander d’arrêter. Chaque fois, les advils te font taire. Mais nous le ferons ensemble, que tu le veuilles ou non, tu n’es que mon corps après tout. Pourquoi? Je vais te dire pourquoi.

Former l’équipe
Tu te rappelles quand nous sommes arrivés au sein de l’équipe? Jeunes, recrues, la tête pleine d’objectifs qui, pour la plupart, ne se sont jamais matérialisés. Qu’à cela ne tienne, ce sont les vétérans de l’équipe qui nous ont pris par la main pour nous montrer une nouvelle face de la natation et nous faire découvrir de nouveaux rêves. Ils nous ont présenté le plaisir du sport, avec lequel nous continuons d’avancer chaque jour. Nous avons grandi à travers les Bruno Langlois, les Adam Szoo et les Nicolas Murray qui formaient cette équipe. Maintenant, c’est notre tour. Nous sommes le vétéran, nous sommes le capitaine. Nous avons le pouvoir de montrer la beauté de notre sport à ceux qui nous succèderont. N’est-ce pas là une raison valable pour notre dernier rodéo? Ce sont d’énormes souliers à chausser je le sais, mais tu as de très grands pieds.

Récupérer ce qui est nôtre
Tu le sais, je n’ai jamais aimé perdre. Tu l’as sans doute déjà ressenti jusque dans ton ventre, alors qu’une envie de vomir vient toujours main dans la main avec une défaite. Je dois avouer que de durs coups, l’an passé, nous en avons reçu beaucoup. L’un après l’autre, ils ne se faisaient pas attendre. Mais le pire d’entre eux, c’en était un collectif. Nous avons dû rester assis, mangeant notre salade et nos pâtes, misérables, en regardant l’équipe de Montréal aller récupérer la bannière des champions provinciaux. Alors que je t’écris ces lignes, tu ressens encore ce frisson dans ta colonne, je le sais. Cette année, notre équipe semble complète, forte, jeune et surtout ambitieuse. Toi, moi, eux, ensemble, nous pouvons aller récupérer ce titre qui appartient au Rouge et Or. Non! Tu me la fais pas celle-là. Je sais que tu le veux autant que moi.

Finir où tout a commencé
Depuis près de 20 ans que nous parcourons ensemble des kilomètres et des kilomètres en regardant la ligne noire au fond de la piscine. Durant 15 de ces années, il s’agissait de la ligne noire du PEPS. Nous recevons, cette année, le Championnat canadien universitaire. Le grand festival qui marquera la fin pour nous deux. Devant nos parents, nos amis, notre équipe. Sur nos blocs, dans notre piscine. C’est ce que nous voulions, toi et moi, c’est ce que nous attendions.

Allez, remets ton maillot. Une dernière fois. Je te promets, si nous le faisons, jamais on ne regrettera cette longue, tumultueuse, mais si belle carrière. À propos de l’an prochain? Chaque chose en son temps, nous y reviendrons.


FOOTBALL / GUILLAUME RIOUX

2 octobre 2015

Guillaume Rioux est bachelier en intervention sportive à l’Université Laval. Entraîneur des receveurs du club de football Rouge et Or, il a aussi évolué comme receveur au sein de l’équipe de 2009 à 2013.

La fin d’un chapitre
C’est inévitable pour tout athlète, il arrive un jour où notre carrière sportive prend fin. Ils sont peu nombreux à avoir le privilège de quitter leur sport selon leurs propres termes, parce qu’ils le veulent bien et qu’ils se sentent prêts. J’ai toujours su que jouer au football, même si cela occupait une grande partie de ma vie depuis les 12 dernières années, ne serait qu’une étape dans ma vie et qu’il arriverait un jour où je devrais passer à un autre défi. Je me suis toujours promis une chose durant toutes ces années : Je jouerai tant que ça m’apportera du plaisir et que ma santé le permettra. Je m’étais aussi promis que la journée où j’aurai le sentiment de n’avoir plus rien à prouver, il serait temps pour moi de passer à autre chose dans la vie…

L’Europe
Les deux dernières années en Allemagne ont été une expérience extraordinaire pour moi. Elles m’ont permis de prolonger ma carrière et d’aller au bout des choses en étant payé pour pratiquer le sport que j’aime. J’ai dû apprendre à m’adapter à une nouvelle culture en vivant dans un pays qui ne parle pas ma langue. J’ai représenté mon pays natal, la France, dans deux compétitions internationales. Je me suis fait des contacts et des amis partout dans le monde qui ont tous une passion commune pour le même sport. Finalement, ces deux années m’ont permis de voyager et de faire pratiquement le tour de l’Europe !

Les derniers mois en Allemagne ont cependant soulevés toutes sortes de questionnements et de réflexions. Bien sûr, j’avais encore beaucoup de plaisir à jouer au football, qui reste une grande passion pour moi. Cependant, plusieurs choix que j’ai dû faire dans le passé afin de continuer à jouer sont tranquillement devenus des sacrifices. Pour moi, le sport n’est pas une finalité en soi mais plutôt un moyen pour se développer comme personne. Dernièrement, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour et que de jouer au football ne me permettait plus vraiment d’avancer dans la vie et de progresser comme individu. J’ai alors compris qu’il était temps de me retirer pendant que je suis encore en santé et que de belles opportunités de carrière se présentent.

Le Rouge et Or
Ceux qui me connaissent le savent, j’ai un énorme sentiment d’appartenance pour le Rouge et Or. Les cinq années passées ici comme joueur ont été une expérience formatrice pour moi. Je me suis développé comme athlète mais surtout comme personne et comme leader. Ces cinq années m’ont donné les outils nécessaires pour entreprendre ma deuxième carrière, celle d’entraîneur et de préparateur physique. Il est temps pour moi de transmettre mes connaissances, mes valeurs et mon intensité et je me sens extrêmement privilégié de pouvoir le faire dans la meilleure organisation au Canada.

Un nouveau chapitre…
Après 12 ans comme joueur de football, je me retire selon mes propres termes en étant fier de mon parcours et de mes accomplissements. Je vois les prochaines années comme une sorte de semi-retraite, puisque je pourrai continuer à représenter l’équipe de France quelques matchs par année lors des compétitions internationales. C’est tout de même le début d’un nouveau chapitre de ma vie : le coaching. Au sein du Rouge et Or. Je rentre à la maison.


CROSS-COUNTRY / FÉLIX-ANTOINE LAPOINTE

30 septembre 2015

Félix-Antoine Lapointe est entraîneur-chef du club d’athlétisme et cross-country Rouge et Or depuis 2011.

Nous sommes presque en octobre 2015, la saison de cross-country universitaire est bien entamée et les équipes féminines et masculines du Rouge et Or semblent avoir tous les outils pour connaître un automne à la hauteur de nos objectifs qui sont encore une fois ambitieux cette année. Dans quelques jours, nous accueillerons à la maison la compétition interconférence RSEQ-AUS sur le magnifique parcours des plaines d’Abraham.

C’est déjà ma cinquième saison en tant qu’entraîneur-chef du programme d’athlétisme et de cross-country du Rouge et Or. Le temps passe vite et les saisons de cross-country et d’athlétisme s’enchainent  à un rythme qui laisse peu de temps pour souffler. Aujourd’hui, je prends quelques minutes pour faire un retour en arrière et décrire comment j’ai vécu la saison de cross-country 2014.

Automne 2014
À peine de retour d’une tournée de compétitions estivales en Belgique organisée par la Fédération Québécoise d’Athlétisme, je reviens à Québec à la fin du mois d’août 2014, tout juste à temps pour planifier le début de saison de l’équipe de cross-country du Rouge et Or.

En préparant ce début de saison, je suis déterminé à guider l’équipe féminine de cross-country du Rouge et Or vers un premier titre provincial en cinq ans. L’équipe est à maturité et après une saison 2013 difficile, je suis animé par le désir d’aider la formation à causer la surprise sur les scènes provinciales et nationales. Pour y arriver, j’ai notamment suivi une formation très enrichissante quelques mois avant la saison. Le programme du «Canadian Athletics Coaching Center» de l’Université d’Alberta m’a permis de côtoyer plusieurs entraîneurs de haut niveau, de peaufiner ma pratique et de préciser ma philosophie. Cette expérience m’a notamment fait apporter quelques ajustements à la planification des entraînements de l’équipe féminine du Rouge et Or en différenciant davantage le programme des équipes féminines et masculines et planifiant un horaire d’entraînement distinct pour ces deux équipes lors de certaines séances d’entraînement.

Chez les hommes, l’objectif est bien différent et l’équipe souhaite demeurer en tête du réseau RSEQ en plus de parvenir à répéter les podiums nationaux acquis en 2012 et 2013. Dans le milieu du sport, demeurer au sommet est souvent un défi dont on sous-estime la difficulté. Les équipes ciblées comme favorites ont la lourde tâche d’être attendues de pied ferme par l’ensemble de leurs adversaires. L’époque où l’équipe masculine de cross-country du Rouge et Or causait la surprise avec une deuxième place nationale en 2012 était maintenant révolue, l’objectif est désormais de demeurer l’un des meilleurs programmes au pays tout en ayant la pression de vouloir être détrôné par nos adversaires. J’ai donc dû m’assurer que les athlètes avaient suffisamment confiance en leurs moyens pour atteindre les objectifs d’équipe tout en m’assurant que les étudiants-athlètes soient conscients que l’opposition serait au rendez-vous et qu’on devait travailler fort pour réussir. Je me suis notamment servi des vétérans ayant vécu les succès sur la scène nationale de 2012 et 2013 pour guider les athlètes plus jeunes. Avoir un groupe de leaders en fin de parcours universitaire au sein d’une équipe est une opportunité incroyable pour un coach, il est important de bien se servir de ces athlètes pour qu’ils puissent tracer la voie à suivre aux plus jeunes.

Autant chez les femmes que chez les hommes, la saison a bien débuté, notamment avec des victoires importantes à Antigonish en Nouvelle-Écosse lors de la compétition interconférence (RSEQ-AUS). Par la suite, nos deux équipes ont remporté le championnat provincial de façon convaincante. Une belle réalisation puisque c’était la première fois depuis 1986 que le Rouge et Or réalisait un doublé en cross-country, l’aspect le plus satisfaisait de ces résultats était définitivement la victoire de l’équipe féminine qui en un an est passé d’une troisième position RSEQ à une première place provinciale avec une avance considérable sur les autres équipes. Voir le groupe d’étudiantes-athlètes de l’équipe féminine soulever la bannière provinciale avec joie et satisfaction est un moment dont je vais me souvenir longtemps. Pour moi, c’était en quelque sorte la preuve que j’avais bien fait d’oser me remettre en question et de revoir mon approche et la formule d’entraînement utilisée les années précédentes.

Au championnat national universitaire de cross-country à St-Johns, Terre-Neuve, les conditions météo étaient atroces avec des rafales de vent à plus de 100 km/h et de la pluie, sans compter que le parcours comptait son lot de difficultés avec plusieurs ascensions exigeantes. Les femmes ont terminé l’épreuve au 7e  rang, une progression presque inespérée après une 18e place en 2013. Du côté masculin, la course ne se déroule pas aussi bien que prévu pour l’ensemble des membres de l’équipe, mais nous terminons quand même au 3e rang au pays ce qui est satisfaisant et représente un troisième podium national consécutif.

La saison de cross-country 2014 fut définitivement une des plus stimulantes de ma carrière d’entraîneur, car les deux équipes de cross-country du Rouge et Or ont relevé de brillante façon des défis bien différents. J’ai eu la chance de partager des moments magiques avec des étudiants-athlètes fantastiques qui se sont tous dépassés individuellement pour permettre des succès collectifs. Il est impressionnant de constater à quel point la dynamique d’équipe peut être importante dans une saison de cross-country universitaire. Bien que la course à pied soit un sport individuel, c’est définitivement le concept d’équipe qui pousse les athlètes du Rouge et Or à se dépasser chaque automne en cross-country et c’est pour moi un plaisir et un privilège d’encadrer ce groupe de coureurs passionnés.

Depuis la fin de la saison de cross-country 2014, bien des moments forts m’ont encore permis de cheminer et progresser comme entraîneur. D’abord, il y a eu une saison d’athlétisme en salle universitaire couronnée par un quatrième titre provincial en cinq ans ainsi qu’une quatrième place au championnat national chez les hommes. En plus de cela, d’agréables camps d’entraînement en Floride et en Californie en plus des nombreux déplacements à travers le Canada et les États-Unis pour différentes compétitions. Vivre l’expérience des Jeux panaméricains et parapanaméricains en sol canadien fut également un des beaux moments de ma carrière d’entraîneur tout comme ma première présence à une prestigieuse rencontre de la « Diamond League» à Stockholm en Suède. Pour finir je ne peux pas passer sous silence l’ascension sur la scène internationale de Charles Philibert-Thiboutot qui a pris le 15e rang au championnat du monde d’athlétisme à Pékin et avec qui j’ai vécu de beaux moments cet été.

Je commence donc la saison de cross-country 2015 plus motivé que jamais. Après une dernière année chargée et stimulante, me voici à la barre de l’équipe de cross-country du Rouge et Or en étant confiant que la saison qui débute sera tout aussi excitante que la précédente.


SOCCER MASCULIN / KEVIN COSSETTE

25 septembre 2015

Kevin Cossette est bachelier en intervention sportive à l’Université Laval et a évolué comme défenseur pour le Club de soccer masculin Rouge et Or de 2011 à 2015. Il joue actuellement pour le Louisville City FC, club-école des Lions d’Orlando City dans la MLS.

Le message suivant est affiché bien en vue dans le vestiaire du Club de soccer masculin Rouge et Or.

C’est en célébrant ce dernier but, à la 86e minute d’un match amical contre l’Université de la Sorbonne (Paris), le 25 mai 2015, que je prenais conscience que c’était peut-être ma dernière action marquante dans l’uniforme du Rouge et Or. C’est avec un sentiment d’accomplissement et de fierté, accompagné de nostalgie, que je regardais en haut des estrades du Stade TELUS-UL mon père et ma famille venus me voir terminer cette aventure sur une belle note. Mais n’ayez crainte, ce n’est pas seulement ce moment que je vais retenir de mon passage à Québec dans l’uniforme du Rouge et Or.

J’ai été ici quatre ans. Ces quatre années ont passées à la vitesse de l’éclair. Dans mes souvenirs, mon entrée à l’université s’est faite hier et je jouais mes premières minutes dans l’uniforme du Rouge et Or avec les champions Canadiens Julien Priol, Samuel Georget, Vincent Cournoyer, Gabriel Moreau, Louis-Charles Laliberté pour ne nommer que ceux-là. Tous des joueurs qui comme moi ont réussi à marquer le programme Rouge et Or à leur façon. Si vous ne les connaissez pas, je vous suggère de faire une petite recherche sur eux. C’est en partie grâce aux joueurs qui sont passés avant vous que vous pouvez avoir tout ce que vous avez aujourd’hui.

On revient toujours au même discours : qu’est-ce que nous voulons laisser à la suite de notre passage dans une telle organisation. J’espère que les joueurs que j’ai côtoyés, maintenant devenus pour la plupart des amis, retiendront de moi le style de personne et d’athlète que j’étais. Persévérant, travaillant et au service de l’équipe. Également, quelqu’un de sérieux qui se donnait corps et âme à chaque match, à chaque entraînement. 

Durant ces quatre années, j’ai vécu beaucoup d’émotions. Mon cheminement s’est fait en montagne russe. En passant par une adaptation difficile, une commotion cérébrale, mais aussi un championnat provincial remporté sur le terrain des Carabins en 2013 et surtout une deuxième place au championnat canadien de cette même année. J’ai terminé ma carrière comme capitaine de cette équipe et remporté le championnat provincial intérieur 2015 avec des guerriers. Cette dernière conquête est l’un de mes plus beaux moments à Laval en raison du fait que tout le monde avait compris son rôle au sein de l’équipe et nous allions tous dans la même direction. Il n’y avait pas de JE, il y avait un NOUS. Du côté académique, je suis entré à l’Université Laval et grâce aux trois choix discriminatoires accordés aux athlètes du Rouge et Or, j’ai été accepté dans mon programme d’étude à ma deuxième année. J’ai finalement gradué. Quand la vie vous donne une chance d’accomplir quelque chose de grand, saisissez-là et soyez rigoureux pour y arriver.  

Si j’ai un conseil à donner aux joueurs qui font ou feront partie de cette aventure Rouge et Or, c’est de saisir chaque moment de votre cheminement afin de devenir une meilleure personne dans la vie. Quatre ans dans une famille comme le Rouge et Or, ça passe vite. Adaptez-vous rapidement au style de vie que propose l’Université (si ce n’est pas déjà fait) et n’oubliez pas que vous êtes des étudiants avant d’être des athlètes. Peu auront la chance de continuer à jouer chez les pros après leur passage ici, mais je vous garantis qu’il n’y a pas meilleur endroit pour évoluer et devenir un meilleur individu dans la société. Dès la première fois que vous allez porter le maillot, vous le porterez à jamais. Vous devez être digne de la grosse machine qu’est le Rouge et Or et être des modèles sur et à l’extérieur du terrain. Je vous suggère de bien lire et de vous approprier les valeurs du Rouge et Or afin de toujours être un modèle. 

Regardez attentivement autour de vous et sachez appréciez tout ce qui est à votre disposition afin de pouvoir vous épanouir dans cette équipe. Une équipe d’entraineurs dédiée aux succès de cette équipe. Un des meilleurs programme au pays pour le soccer, les installations, le vestiaire, la salle d’Excellence, l’équipe médicale, etc. Tout est en place pour optimiser votre succès sur et en dehors du terrain.

Maintenant, il reste à chacun d’entre vous de décider ce que vous voulez faire de tout ça. Être membre du Rouge et Or, ce n’est pas seulement être un athlète les vendredis soirs et dimanches après-midis. Cette notoriété restera toute votre vie avec vous dans les bons comme dans les moins bons moments. Profitez de chaque instant, mais comme je l’ai déjà dit, n’oubliez pas d’agir en individu digne de ce programme d’excellence et de le représenter fièrement et adéquatement.

En quittant, amenez avec vous tous vos souvenirs. C’est bien quelque chose que personne ne pourra jamais vous enlever et je vous le garantis, vous allez vivre des expériences et ressentir des émotions que jamais vous n’auriez pensé vivre.

Bonne saison les boys! 

À bientôt,

Guerrier

Kevin Cossette

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B. Sc. Intervention Sportive,  Université Laval 
#23 Rouge et Or soccer


RUGBY FÉMININ / STÉPHANIE BERNIER

18 septembre 2015

Stéphanie Bernier est bachelière en science et technologie des aliments à l’Université Laval et a évolué comme demi de mêlée pour le Club de rugby féminin Rouge et Or de 2008 à 2011.

Déjà trois années se sont écoulées depuis mon dernier camp d’entrainement avec l’équipe du Rouge et Or. Les souvenirs de ces belles années sont bien ancrés dans ma mémoire, la nostalgie atteignant généralement son comble à l’automne, à chaque début de saison. Les athlètes de foot et de soccer vous le confirmeront, il n’y a rien comme jouer un match par une belle journée fraîche d’automne!

Finir sur une bonne note
Mes coéquipières du temps se souviendront des multiples rebondissements que nous avons vécus d’une année à l’autre pour participer au championnat national. Chaque année c’était la même histoire : une autre finale contre nos grandes rivales, les Stingers de l’Université Concordia. Après une victoire en 2008 et deux défaites crèves cœur en 2009 et 2010, plusieurs d’entre nous qui en étions à notre dernière année avions une ultime chance de participer aux Nationaux. Nul besoin de vous dire à quel point la nervosité était palpable la semaine précédant le grand match. Les deux dernières finales avaient malheureusement semé un sentiment pouvant anéantir n’importe quelle équipe : le doute. Il était là notre véritable ennemi…

Et malheureusement, il est revenu nous hanter jusqu’à la demie, où nous tirions de l’arrière 12-3. Je me souviendrai toujours de cet horrible sentiment, je me répétais dans ma tête : pas encore, pas encore!

Le reste du match fait partie de l’histoire, du moins de notre histoire. C’était magique. Ensemble, nous avons dit non à la défaite, non à cet horrible goût amer du travail non-accompli, non au « j’aurais dû » qui nous torture pendant des mois après. Nous avons marqué 40 points en une demie, pour conclure avec une victoire de 43-27. Nous n’en croyions pas nos yeux, nos entraîneurs non plus d’ailleurs. La saison s’est conclue avec une victoire pour la troisième place au championnat national, ce qui est toujours à ce jour, le meilleur résultat des dix années de l’existence du Club de rugby Rouge et Or.

Pour atteindre de nouveaux sommets
Quelqu’un m’aurait annoncé ce qui allait m’arriver pendant les trois années suivantes, j’aurais crié au mensonge. Je ne me suis jamais considérée comme étant une joueuse exceptionnelle. Pour moi, le plaisir de jouer et la camaraderie ont toujours constitué mon leitmotiv premier. En 2012, à la fin de mes années universitaires, j’ai tout de même tenté ma chance avec l’équipe provinciale. Puis tout a déboulé. Ma première invitation pour un camp avec l’équipe nationale (je pensais sincèrement qu’il me prenait pour quelqu’un d’autre, et qu’il allait regretter tout de suite de m’avoir fait voler jusqu’à Victoria, dès le premier jour du camp) et voilà, le doute qui refait surface… Mais bon après tout, qu’est-ce que j’avais à perdre? Jamais je n’aurais cru participer un jour à un camp de ce type, alors aussi bien en profiter puisqu’il s’agirait de mon premier et de mon dernier! À la suite du camp, qui s’est relativement bien déroulé à ma grande surprise, j’ai tout de même mis toutes les chances de mon bord en suivant de façon rigoureuse le programme d’entrainement de l’équipe nationale. J’ai finalement fait ma place au sein de l’équipe, en obtenant ma première sélection officielle l’été suivant au Colorado (2013), en remportant un match contre l’Angleterre, véritable puissance du rugby féminin. Une année bien remplie nous séparait maintenant de la Coupe du monde de rugby féminin qui allait se dérouler à Paris en août 2014. À travers une tournée d’automne en Europe, des matchs contre les États-Unis en avril, une tournée en Nouvelle-Zélande en juin, je poursuivais les entrainements de façon assidue, tout en continuant à travailler! Bien des choses auraient pu s’interposer entre moi et mon rêve de Coupe du monde : une blessure, des contre-performances, le choix des entraineurs, etc.

Je me souviendrai toujours de la journée de mon 26e anniversaire, lorsque j’ai reçu ma sélection officielle pour participer à la Coupe du monde. Un sentiment de soulagement mêlé à de l’appréhension… Je ne voulais pas décevoir mes amis, ma famille et tous ceux qui me supportaient dans cette aventure depuis le début. Surtout, je ne voulais pas me décevoir et revenir avec des regrets.

L’équipe avait connu une très bonne année avec des performances qui ne laissait rien envier aux autres pays. Après deux victoires dans les matchs de pool, contre l’Espagne et les îles Samoa, nous avons fait match nul contre l’Angleterre, ce qui nous a donné accès aux demi-finales. Une défaite nous aurait sorties du carré d’as. Puis, vint la demi-finale contre la France, pays hôte, ce qui voulait dire un stade de 20 000 spectateurs rempli (de Français!) et des cotes d’écoute dépassant les millions, juste en France… Quelque chose à laquelle nous n’étions pas préparées puisqu’aucune d’entre nous ne l’avait vécue auparavant. C’est donc, dans un stade hostile, mais amoureux du rugby que nous avons marqué une page de l’histoire du rugby canadien, en nous procurant un laissez-passer pour la finale, avec une victoire de 18-16 contre les favorites. C’était l’extase! Et la fin de ma Coupe du monde, avec un ligament croisé déchiré en fin de première demie… J’ai donc dû assister à la finale comme spectatrice et regarder mes coéquipières s’incliner devant les Anglaises qui étaient mieux préparées ce jour-là. C’est tout de même avec beaucoup de fierté que je suis revenue au pays, médaille d’argent au cou, genou gauche en compote… Malgré notre performance historique, toute l’équipe est restée avec un sentiment du devoir pas tout à fait accompli, le titre de Championne du monde nous ayant échappé de justesse. Je crois que plusieurs dans l’équipe se sont fait la promesse de revenir en force pour la prochaine Coupe du monde, qui aura lieu en Irlande en 2017. Pour ma part, j’y pense toujours, je dois d’abord retrouver la forme à la suite de mon opération au genou et la naissance de ma fille Julia, il y a de cela, à peine quelques semaines! Maman et athlète de haut niveau, ça sonne bien, mais ça demandera certainement beaucoup de travail et de rigueur de ma part et de celle de mon conjoint, pour y arriver. À suivre…

Donner au suivant
Bien que ma carrière comme joueuse de rugby soit temporairement en suspens, je reste tout de même très impliquée, cette fois à titre d’entraîneuse. Pour tout ce que le rugby et le sport m’ont apporté, je veux à mon tour transmettre ma passion du ballon ovale et inciter les jeunes à bouger. Je pense surtout aux jeunes filles, celles-ci étant deux fois plus à risque que les garçons d’abandonner l’activité physique après l’âge de 14 ans. J’ai maintenant le privilège d’être impliquée auprès de l’Académie de rugby du Rouge et Or destinée aux jeunes filles de 15 à 18 ans, du Cégep de Ste-Foy et même de l’équipe féminine du Rouge et Or. Heureusement, la vie d’athlète peut se poursuivre autrement!


SOCCER FÉMININ / GABRIELLE LAPOINTE

11 septembre 2015

Gabrielle Lapointe étudie en médecine à l’Université Laval et est milieu de terrain pour le Club de soccer féminin Rouge et Or depuis 2012.

9 novembre 2014
Un certain dimanche frisquet de novembre, nous ne pouvions nous douter, mes 22 coéquipières et moi, de ce qui était sur le point de survenir. 14h, le coup de sifflet retentit dans le Stade TELUS-Université Laval annonçant le début de la finale nationale de la saison universitaire. Nous ne pouvions espérer mieux pour notre première présence parmi les deux finalistes que de partager ces 90 minutes avec les quelques milliers de personnes qui se trouvaient sur place. Après un match frôlant la perfection, nous avons permis à nos entraîneurs de finalement soulever cette chère Gladys après 20 ans de travail acharné. Pour nos cinq vétérans de dernière année, il s’agissait d’une fin digne d’un conte de fées, un accomplissement sur lequel tout athlète voudrait se retirer de la scène universitaire. Pour moi et les autres, il s’agissait du début d’un nouveau défi : rester au sommet.

J’étais loin de me douter que ce tournoi allait servir de tremplin pour moi et cinq de mes compatriotes vers l’une des plus belles expériences sportives qu’un étudiant-athlète puisse vivre : les Universiades. Après une année scolaire de trois sessions en médecine tout en conciliant quatre mois d’entrainements intensifs, je me suis envolée vers le Japon puis la Corée du Sud au mois de juin pour vivre une aventure sportive des plus intenses au plan émotionnel et physique. À peine rentrées au pays après 25 jours consécutifs d’entrainement et de compétition, plus de 30 heures de vol et 13 heures de décalage horaire, nous retrouvions enfin nos coéquipières lavalloises sur le terrain à la fin de juillet. Les 30 jours suivants notre périple ont été un dur retour à la réalité pour moi. C’était le temps de remettre les pendules à l’heure : nous ne sommes pas des machines. La chaleur accablante et l’humidité suffocante de l’Asie ont eu l’effet d’un poids lourd sur mon corps.  Je ne peux également pas passer sous silence la difficulté psychologique de redescendre du train grand vitesse d’émotions intenses que j’ai vécues avec ce groupe incroyable de joueuses durant un mois. Il a été difficile pour moi d’accepter que ma vie revienne à la normale à la suite de cette expérience magique. Toutefois, après deux semaines de repos en début d’août, le temps a eu l’effet de me redonner la soif de gagner alors que je retrouvais mes coéquipières pour le camp de sélection du Rouge et Or.

Il pourrait sembler difficile pour certains de trouver une motivation après l’année extraordinaire que nous avons vécue : remporter le championnat provincial à la maison, devenir la première université québécoise championne nationale à la maison, couronner la saison universitaire hivernale d’une troisième bannière consécutive et réaliser la meilleure performance canadienne de l’histoire en soccer féminin aux Universiades. Je vous avouerai qu’il est dur pour moi de penser pouvoir réaliser un meilleur couronnement universitaire. Par contre, la motivation reste toujours la même : se dépasser pour devenir meilleure. Après avoir goûté à ce sentiment incomparable de remporter la finale canadienne, il est inutile de chercher plus loin une autre source de motivation.

11 septembre 2015
Les compteurs sont remis à zéro, tout le monde se retrouve à égalité, à la case départ. Tous les efforts, victoires et honneurs ne sont plus que de précieux souvenirs à l’aube d’une nouvelle course au titre national s’amorçant dans tout le pays. Ce début de saison sera bien différent des autres pour moi : nous sommes les champions défendants, l’équipe à battre. Alors qu’avant, les attentes de performance provenaient principalement de nous, je suis bien consciente que cette fois-ci nos résultats seront épiés par plusieurs, et ce tout au long de la saison automnale. En remportant les grands honneurs de SIC en 2014, nous avons établi un nouveau standard de performance attendu à chacune de nos rencontres. À chaque match que nous jouerons, nous mettrons notre titre national en jeu. Aux yeux de bien des gens, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Pour nous, pas question de prendre un seul match pour acquis. Notre seul objectif : remporter un deuxième trophée Gladys Bean consécutif!


FOOTBALL / HUGO RICHARD

4 septembre 2015

Hugo Richard étudie en génie mécanique à l’Université Laval et est quart-arrière pour le Club de football Rouge et Or depuis 2014.

15 novembre 2014
La fin de la saison 2014 fut subite. En tant que recrue, ce n’est qu’une porte vers le reste de ma carrière qui s’ouvre; pour un vétéran de cinquième année, c’est possiblement la fin du football. Ce fut un match enlevant et rempli d’émotions, mais n’empêche qu’être quart-arrière partant de la première édition à perdre la coupe Dunsmore en 11 ans remet plusieurs choses en questions. Qui suis-je? Qu’ai-je fait de mal? Qu’est-ce que je dois changer? Mais là n’était pas la question. Je me retrouvais face à un mur, un mur que j’avais moi-même érigé, et ce, en l’espace de quelques heures après que mes rêves de coupe Vanier se soient estompés, en l’espace de quelques secondes. Ce mur, qui me semblait si haut et large, était rempli d’articles de médias, de mémoires très vives, de joueurs en pleurs et de sensations de déception. Pour l’instant, je devais me contenter de terminer ma session sur une bonne note et laisser l’hiver arriver.

Hiver 2015
La préparation reste la même, mais la motivation est différente, ce fameux mur jette une ombre sur mon futur proche. Je passe beaucoup de temps en salle d’entrainement avec le reste de l’équipe et parfois c’est difficile de garder les yeux sur les objectifs de l’année qui suit. Pour moi, cet hiver, c’était très difficile. Être replongé en l’an 2014 lors de nombreux galas et cérémonies n’aide pas à passer à autre chose. C’est un trouble avec lequel j’ai dû travailler tout au long de l’hiver et même de l’été. Un horaire combiné d’école et d’entrainement très difficile à suivre, surtout lorsque la fatigue s’installe. Une combinaison de 20 heures de cours, 10 heures de travaux et 12 heures d’entrainement génère une quantité de fatigue très difficile à contrer et pourtant pour nous, c’est la routine. Voir mes coéquipiers s’acharner à la tâche de la même exacte façon dont je le faisais, m’aide à continuer de jour en jour. C’est alors que je réalise que je ne suis pas seul devant ce mur, mais plutôt que tous et chacun de nous y font face, pour les mêmes exactes raisons…

Été 2015
La fin de l’école, la reprise de l’entrainement intensif, la belle température, cet aspect relaxant de ne pas avoir des travaux et des échéanciers en tête me plait beaucoup. Ce sont des choses que j’aurais dû garder en tête avant de m’inscrire pour mon stage en génie mécanique de 15 semaines à environ 35 heures de travail comme auxiliaire de recherche. Cette expérience fut irremplaçable pour mon cheminement d’ingénieur et je ne regrette aucunement cette décision. Par contre, maintenir un horaire à plus de 50 heures semaine, pendant trois mois, est très taxant pour le corps et l’esprit. Heureusement, j’ai pu me sauver dans un univers de football, le temps de deux semaines, en migrant vers Ottawa, pour participer de façon plutôt lointaine au camp d’entrainement du Rouge et Noir de la Ligue canadienne de football, où j’ai pu parfaire mes connaissances, ainsi que vivre l’expérience professionnelle. Malgré mon implication très limitée sur le terrain, ce fut une expérience bénéfique autant pour ma santé mentale que pour le joueur de football en moi. Alors que l’été se poursuivait, la raison de notre croisade vers la saison 2015 devenait plus claire que jamais. Excellence, Dynastie, Domination. Que ce soit par les courses fréquentes à 6h du matin ou par les entraînements où on ne voit pas la fin, j’ai été témoin d’une équipe qui se créait. Quelques joueurs se greffaient encore à la formation, mais ce qui était un groupe de joueurs au début de l’hiver, était maintenant une équipe. L’arrivée à grands pas du camp d’entrainement me faisait un peu peur : les attentes, les nouveaux joueurs, les nouvelles confrontations, une situation bien différente de celle dans laquelle je m’étais retrouvé en 2014. Ces temps sont révolus. Le camp d’entrainement commence, et se termine sur la déception du match hors-concours. Ayant grandi dans cette expérience et ayant, sans le vouloir, cassé toutes les attentes envers mes performances, je me joins à mes confrères, pour un match spécial le 5 septembre 2015. Un seul objectif en tête : gagner le dernier match des séries.