FOOTBALL / Antony Dufour

31 mars 2017

Antony Dufour est étudiant au baccalauréat en Enseignement préscolaire et primaire de l’Université Laval. Il fait partie du club de football Rouge et Or depuis 2014.

Le camp de printemps
Le camp printanier 2017 à Orlando était mon quatrième et dernier à titre de joueur avec le Rouge et Or. Nous sommes très chanceux de pouvoir vivre une telle expérience année après année. Il s’agit d’un excellent moment pour nous d’avoir du plaisir entre coéquipiers et pratiquer le sport que nous aimons tous. En plus de s’améliorer individuellement, nous nous améliorons grandement en tant qu’équipe. Avec toutes les répétitions que nous avons, nous évoluons énormément tout au long de la semaine.  De plus, c’est un moment opportun pour chacun afin d’apprendre à se connaître. Chaque année, plusieurs recrues s’ajoutent au groupe et j’ai senti que celles de cette saison se sont bien intégrées aux vétérans dès le début. Il est également clair que notre équipe est plus soudée à la fin du voyage. Par exemple, lors du long trajet de 60 heures d’autobus en compagnie de près de 80 joueurs répartis dans deux véhicules, on peut dire que l’espace est plutôt restreint. Beaucoup de liens se tissent et plusieurs moments cocasses se produisent, des moments qu’on se remémore tout au long de la saison !

Cette année, il y a eu beaucoup d’intensité tout au long du camp. Si vous pensez que nous allons prendre cela à la légère étant donnée notre victoire du championnat l’an dernier, vous vous trompez. Les gars sont motivés plus que jamais. Nos objectifs restent les mêmes années après années : exceller tout au long de la saison et remporter la dernière partie au mois de novembre. Je suis certain que nous avons le potentiel pour réaliser de grandes choses encore en 2017. Nous avons une équipe talentueuse et nous allons continuer à travailler fort pour que de belles choses se produisent.

Une journée typique
Nous nous levons le matin vers sept heures pour aller déjeuner au restaurant de l’hôtel. Par la suite, nous avons des meetings qui visent à installer les jeux que nous allons exécuter lors de nos deux pratiques de la journée. Vient ensuite la préparation avant de partir pour le terrain de pratique. Un superbe terrain naturel dans un centre sportif, le Apopka Field, où se trouvent plusieurs autres terrains de différents sports. Le nôtre est ligné selon les règles du football canadien pour que nous puissions être à l’aise. Une fois les deux pratiques terminées, nous retournons à l’hôtel pour récupérer de différentes façons (bain de glace, bain chaud, étirement, roulage, physio, etc.). Par la suite, nous allons souper dans un des nombreux restaurants autour de l’hôtel. C’est une belle occasion d’être entre amis et aussi de faire connaissance avec les recrues. Pour terminer, nous avons en soirée deux heures de meeting; une heure pour les unités spéciales et une heure pour nos unités respectives (offensive ou défensive). C’est à ce moment que nous apportons des correctifs aux jeux pratiqués, pour mieux exécuter le lendemain.

Clairement, les premiers jours de pratique sont une adaptation pour nous. Nous passons de -20 degrés à Québec à 25 voire 30 degrés à Orlando. Nous devons donc nous hydrater abondamment pour éviter la déshydratation de notre corps. Rendu en août, l’adaptation est évidemment moins grande parce que nous nous sommes entrainés tout au long de l’été avec une température chaude.

Le camp en Floride est évidemment un bon moyen de se prouver. Les entraîneurs peuvent voir quel genre d’équipe ils auront entre les mains lors de la saison. Ils veulent constater l’évolution des vétérans lors de la saison morte et évaluer les jeunes qui arrivent. C’est également lors du camp printanier que nous voyons et pratiquons les jeux de base. Lorsque nous reviendrons sur le terrain au camp d’entraînement en août, nous ne perdrons pas vraiment de temps avec cet aspect, puisque nous devrons avancer plus rapidement dans le cahier de jeu afin d’être fin prêts pour la saison. 

Ce voyage est donc loin d’être des vacances pour nous. En plus des deux pratiques et deux meetings par jour, plusieurs d’entre nous ont énormément de travaux scolaires ou examens à étudier. La vie d’étudiant-athlète n’est pas toujours facile. Nous devons faire d’énormes sacrifices afin de pouvoir pratiquer notre sport. Le manque d’argent, le manque de temps avec nos familles, le manque de temps avec nos compagnes de vie, voilà des problèmes couramment vécus par nous tous. Il peut parfois être vraiment déchirant de faire certains choix. C’est pourquoi nous devons bien nous entourer dans la vie, de gens qui seront là pour nous lors des moments sombres afin de nous remontrer la lumière. Parfois on commet des erreurs et elles sont difficiles à réparer. C’est dont avec ces gens qui veulent ton bien que l’on réussit à reprendre le dessus.

Sommes toute, nous aimons notre sport et nous sommes bien où nous sommes, au sein de la meilleure organisation au pays.

UL on top !

Antony Dufour


SOCCER FÉMININ / CYNTHIA TURCOTTE

24 mars 2017

Cynthia Turcotte est étudiante au baccalauréat en Sciences de la consommation à l’Université Laval. Elle fait partie du club de soccer féminin Rouge et Or depuis 2013.

Le chemin de la fierté
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une passion pour le soccer. Ce sport habite mes pensées depuis que je suis toute petite. Je me rappelle encore mes débuts avec les Comètes de Beauport alors que j’étais âgée de seulement quatre ans. Plus tard, j’ai tenté le coup en AA dans une ligue régionale. Sélectionnée, j’ai été inondée de félicitations de ma famille. J’ai par la suite fait mon chemin jusqu’au AAA tout en évoluant en concentration soccer, à François-Bourrin, passant par l’équipe AAA du cégep Garneau, l’équipe semi-professionnelle du Dynamo de Québec et finalement le Rouge et Or.

Toutefois, un changement est survenu en moi vers l’âge de seize ans. Ma passion s’est essoufflée. Le feu a perdu de son intensité. Mon intérêt pour le soccer venait d’en prendre pour son rhume. Je ne voulais plus chausser les crampons. Même après avoir remporté plusieurs médailles d’or avec la sélection régionale, en Coupe du Québec ou au Championnat canadien, je n’avais plus le goût de ratisser les terrains. Je n’avais que 16 ans et ce sport m’avait déjà permis d’aller deux fois en Europe et d’aller compétitionner plusieurs fois aux États-Unis.

Honnêtement, j’avais envie de faire autre chose, de découvrir de nouveaux horizons.

En juin 2011, après avoir pris une petite pause du soccer haut-niveau, le téléphone sonne à la maison. C’est l’entraîneur de l’équipe de soccer du Cégep Garneau AAA. Il m’invite aux sélections. Je ne peux vous dire les émotions qui me hantent à cette époque: joie, anxiété, fébrilité. En un instant, les braises de ma passion se rallument. Je me présente alors aux essais, plus nerveuse que jamais. On me sélectionne dans l’équipe. WOW! Je suis tellement fière. À force d’efforts soutenus, je réussis à me tailler une place sur le onze partant, en tant que défenseure. Notre équipe termine en première place du podium au championnat canadien en 2011. La saison suivante, gonflée à bloc, confiante, je reçois une claque au visage: je suis retranchée. Pour la première fois de ma vie, je fais face à un échec. Je m’effondre, à la fois en colère et attristée. Après l’avoir abandonné, le soccer me rend alors la monnaie de sa pièce.

Je suis assailli de questions.

C’est alors que l’entraîneur du AA, au collège Garneau, me convainc de poursuivre ma carrière.

Après une saison, je retrouve le plaisir de jouer. Après deux saisons, je recommence à performer, on me nomme capitaine, on m’élit sur l’équipe d’étoile et nous remportons le championnat provincial. Plus que jamais, le feu du soccer brûle en moi. Je veux continuer. Un petit hic: la prochaine étape, c’est le Rouge et Or et tout le monde veut porter son uniforme. Moi aussi, d’ailleurs.

Mon téléphone se remet à sonner. D’autres universités m’offrent des bourses couvrant mes frais d’études et de logement. Rien du côté de LAVAL. Déçue, j’accepte l’invitation d’une autre université. J’irai visiter leur campus dans quelques jours. Pourtant, j’ai la tête ailleurs. Je m’imagine au Terrain-6. La veille de mon départ, j’actualise ma boîte de réception. Un message du Rouge et Or. Probablement une erreur ou une publicité.

Bonjour Cynthia,

On m’a informé de ton intérêt à faire partie de l’équipe de soccer du Rouge et Or. Je te propose de venir me rencontrer, moi et mon assistante, afin d’en discuter. Par le fait même, voici les différentes dates du camp de sélection. Confirme-moi ta présence.

Au plaisir,

Helder Duarte

OMG! C’est un rêve?

L’été suivant, je m’entraîne comme une Amazone. Sur le terrain, mais aussi hors-terrain. Le jour J survient. J’arrive au camp de sélection du Rouge et Or. J’ai tellement hâte de prouver que j’ai retrouvé mon niveau de jeu, mais après la première semaine de camp, c’est un fiasco total. Je rate des passes trop faciles, je tire par-dessus le but, je me positionne mal. Aaarrggghh! Il a fallu qu’Helder me secoue devant tout le monde durant un entraînement pour que je me ressaisisse. Nous faisions un exercice de passes relativement simple. Mon tour est arrivé, je maîtrise le ballon et fais une passe, mais cette dernière se retrouve à l’extérieur des limites de l’exercice. C’est alors que j’entends : « MAIS QU’EST-CE QUE TU FAIS ? » C’était mon entraîneur. « TU ES EN TRAIN DE TOUT GÂCHER. RESSAISIS-TOI. » Alors que je me rends compte que tous les yeux sont braqués vers moi et que tout le monde a arrêté de jouer. Heureusement, la deuxième semaine d’entraînement se déroule mieux, mais la farouche impression que ce sera insuffisant me tenaille.

Les entraîneurs me convoquent.
Le verdict tombe.
Je suis prise dans l’équipe.

—Dans l’équipe réserve? demande-je.
— Ben voyons donc, Cyn, non. Dans la première équipe!

Je ca-po-te!

Mon insertion au sein du Rouge et Or n’a pas été facile. À ma première année, je devais faire ma place au sein de filles qui étaient là depuis déjà quelques années. Je me rappellerai toujours le moment où j’ai enfilé pour la première fois mon #8 et la première fois où j’ai mis les pieds sur le terrain du PEPS-6. Mon cœur pirouettait de bonheur! J’ai dû me battre pour mon poste. Mais j’ai tellement appris, car évoluer au sein du Rouge et Or, c’est parfois s’oublier pour le bien de l’équipe. C’est accepter de ne pas toujours se voir sous les lumières des projecteurs et de travailler lorsque ceux-ci sont éteints. C’est acheter les journaux pour voir ses coéquipières à la une. C’est de ne jamais abandonner et devenir un modèle pour les jeunes, les rencontrer dans les écoles et leur dire : « Réussir, atteindre son rêve, c’est possible.» Et au Rouge et Or, être Cynthia Turcotte, c’est de voir son nom gravé à deux reprises sur le majestueux trophée Gladys Bean, remis aux championnes canadiennes.

Être une Rouge et Or, c’est profiter d’une tribune comme « Ma vie en Rouge et Or » et remercier tous ceux qui m’ont permis d’être là où je suis aujourd’hui: à commencer par tous les membres de ma famille, ma mère, mon père, ma marraine et mon parrain, mon cousin Pier-Alexandre, ma grand-mère Monique, mon entraîneur Ruben… et j’en passe ! Je leur dois une grande partie de ma fierté. Certes, mon histoire n’a rien d’extraordinaire vous me direz, mais si je peux inspirer que ce soit un seul joueur de soccer, je serai ravie et ce sera mission accomplie.

Cynthia Turcotte


BADMINTON / ANNE-JULIE BEAULIEU

10 mars 2017

Anne-Julie Beaulieu est étudiante au baccalauréat en Droit à l’Université Laval. Elle fait partie du club de badminton Rouge et Or depuis 2014.

Mars 2007
Du haut de mes 12 ans, je franchis pour la première fois le tourniquet de l’entrée du PEPS. De l’autre côté m’attend Étienne Couture, entraineur-chef du Rouge et Or. Je suis à la fois enthousiaste et nerveuse de faire sa connaissance. Il m’accueille chaleureusement. Nous nous dirigeons vers le grand gymnase. Je rencontre les membres du Rouge et Or et m’entraine avec eux pour la toute première fois. Je fréquentais à ce moment le programme sports-étude de l’école secondaire Cardinal-Roy. Le Rouge et Or a été très accueillant, permettant ainsi à quelques jeunes athlètes de se joindre à l’équipe universitaire dans une optique de développement à long terme. J’allais donc à l’école le matin et je pouvais participer aux entrainements du Rouge et Or en après-midi ou en soirée.

À l’époque, j’étais beaucoup trop jeune pour réaliser dans quelle aventure exceptionnelle je venais de sauter à pieds joints ainsi que de l’immense chance qui s’offrait à moi et dont j’allais profiter pleinement.

Suivirent des années d’entrainement acharné avec des athlètes certes plus âgés que moi, mais qui faisaient tout en leur possible pour m’intégrer au sein de l’équipe. Ils m’ont donné d’importants conseils, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du terrain. Ils ont eu une immense influence sur ma motivation à persévérer dans ce sport et sur ma recherche de l’excellence. Ils m’ont inculqué des bonnes méthodes de travail. Je me souviendrai toujours qu’à la fin de chacun des entrainements, Louis-Laurent Trudel prenait le temps de jouer une partie avec moi. Assurément, Étienne a joué un très grand rôle dans mon intégration et je suis extrêmement reconnaissante des nombreuses heures qu’il a passées avec moi en après-midi, avant le début des entrainements avec l’équipe universitaire en soirée.

Septembre 2014
À la suite de mon retour du Championnat du monde universitaire tenu à Cordobà en Espagne, je fais mon entrée à l’université et, par le fait même, je fais partie de l’alignement officiel. Je peux porter le manteau du Rouge et Or et je peux être sur la photo d’équipe! Quelle fierté! Je sens que plein de nouveaux défis s’offrent à moi. J’avais si hâte de porter les couleurs du Rouge et Or lors des compétitions universitaires!

Je conclus ma première saison avec une fiche parfaite sur le réseau universitaire et des résultats satisfaisants sur la scène canadienne et internationale en remportant, entre autres, la médaille d’or du double féminin aux Jeux du Canada et la médaille de bronze du double féminin au Championnat panaméricain.

Septembre 2015
Toutefois, ma deuxième saison universitaire commença sur une note beaucoup moins heureuse alors que je subis une blessure au ligament croisé antérieur lors de la première étape sur le circuit canadien senior. Après de nombreux examens médicaux, le ligament était partiellement déchiré et l’opération a donc été mise de côté puisque les tests révélaient qu’il était presque aussi solide qu’un ligament post-opération. Chanceuse dans ma malchance, ce fut donc le début d’une longue remise en forme, en espérant que les choses se dérouleraient comme prévu et que mon genou tiendrait le coup. Je fus accompagnée par l’équipe médicale du Rouge et Or et par un préparateur physique qui m’ont supporté dans ma réhabilitation. Je dus m’habituer à jouer avec une imposante orthèse, ce qui, malgré ce que j’appréhendais au départ, s’avéra plus facile que je le croyais. En effet, la transition se fit plutôt rapidement et quelques mois plus tard, après des efforts soutenus, je fus de retour sur le terrain et prête à recommencer l’entrainement intensif. Il fallait faire vite, la saison tirait à sa fin. Mon retour à la compétition s’effectua lors du Championnat provincial universitaire où j’ai aidé le Rouge et Or à remporter la bannière par équipe mixte et où j’ai récolté dans les épreuves individuelles l’or en double féminin et en double mixte.

L’objectif principal de ma saison demeurait le Championnat canadien universitaire qui arrivait à grands pas. Il ne me restait que peu de temps pour finaliser ma préparation, ce tournoi servant de qualification pour le Championnat du monde universitaire, tenu cette fois-ci à Ramenskoye en Russie.

Le Championnat canadien universitaire avait lieu cette année-là au PEPS et je réussis à atteindre les finales du double féminin et du double mixte, ce qui m’assurait une place sur l’équipe représentant le Canada au Championnat du monde universitaire. Ces résultats m’ont rassuré sur l’état de mon genou et je fus d’autant plus contente de m’envoler vers la Russie après l’épreuve que je venais juste de vivre.

Lors de la saison 2015-2016, le Rouge et Or a accompli quelque chose qu’aucune université n’avait auparavant réussi, c’est-à-dire, remporter les trois bannières provinciales du RSEQ. Cet exploit nous a valu entre autres le titre d’équipe de l’année lors du Gala annuel du Rouge et Or. Ces résultats découlent de l’engagement de chacun des athlètes et de la profondeur incroyable de l’équipe.

Février 2017
Lors du dernier Championnat canadien senior, Stéphanie Pakenham, ancienne étoile du Rouge et Or, et moi, avons remporté la médaille d’argent du double féminin. Quelques jours plus tard, nous nous envolions pour Santo Domingo afin de représenter le Canada au Championnat panaméricain par équipe. Le Canada a défait la République dominicaine, le Pérou, les États-Unis, et le Brésil pour mettre la main sur la médaille d’or. Au-delà des résultats, ce fut une expérience inoubliable et l’occasion de tisser des nouvelles amitiés avec les membres de l’équipe nationale.

Mars 2017
Cette année, le Championnat canadien universitaire se tiendra également au PEPS du 17 au 19 mars et le Rouge et Or participera pour la première fois, depuis mon entrée au sein de l’équipe,  au volet par équipe de la compétition. C’est un défi de taille qui nous attend, mais je suis convaincue que nous avons une réelle chance de remporter cette bannière très convoitée. Notre équipe est de taille pour rivaliser avec les meilleures raquettes au pays et c’est une chance inouïe que nous avons de jouer dans notre gymnase devant nos amis, familles et partisans. Nous avons tous bien hâte de montrer ce dont nous sommes capables, surtout après les honneurs que nous avons récoltés lors du Championnat par équipe mixte du RSEQ il y a quelques jours. Dans le volet individuel de la compétition, j’espère me qualifier pour les Universiades qui auront lieu cet été à Taipei, objectif que je chéris depuis plusieurs années et que j’espère voir se concrétiser.

À l’aube de ma dernière année au sein de l’équipe, je ne peux m’empêcher de penser à mon éventuel départ qui approche beaucoup trop vite! Durant les dix dernières années, le Rouge et Or m’a assurément aidé à me développer en tant qu’athlète, mais autant et sinon plus en tant que personne. Tous les athlètes que j’ai côtoyés au sein de cette équipe étaient plus formidables les uns que les autres. Le Rouge et Or a été et continue d’être bien plus qu’un club sportif pour moi, c’est une famille dont chaque membre est unique et laisse sa marque d’une façon certaine. Des amis avec qui j’espère garder contact toute ma vie.

#GoLaval #Ensemble

Anne-Julie Beaulieu


SKI DE FOND / ALEXIS MORIN

3 mars 2017

Alexis Morin est étudiant au baccalauréat en kinésiologie à l’Université Laval. Il fait partie du club de ski de fond Rouge et Or depuis la saison 2015-2016.

Il y a maintenant quatre semaines, j’ai quitté le Québec en direction d’Almaty, au Kazakhstan. Si on me l’avait demandé il y a deux ans, je n’aurais jamais pensé visiter ce pays de ma vie. J’ai effectué ce long voyage de plus de 30 heures afin de participer aux Universiades d’hiver, un événement qui regroupe les meilleurs étudiants-athlètes de plus de 50 pays à travers le monde. Cette compétition est le deuxième plus gros événement multisports de la planète, derrière les Jeux olympiques bien entendu. Lorsque j’ai eu la confirmation en juin dernier que j’étais sélectionné sur l’équipe qui représenterait le Canada, c’était clair que cette compétition devenait l’objectif principal de performance pour ma saison 2016-2017. J’allais avoir la chance de me mesurer à des skieurs provenant de pays où la culture du ski de fond est beaucoup plus importante qu’au Canada. Je voulais donc être au meilleur de ma forme afin de me comparer à ces skieurs qui peuvent bien performer au niveau mondial. Le fait de représenter le Canada à une compétition de telle envergure a également été une grande source de motivation pour moi tout au cours de l’été et de l’automne.

Ma préparation en vue des Universiades s’est somme toute très bien déroulée, avec entre autres mon meilleur été d’entrainement à vie en termes de qualité et de quantité d’entrainement. Cela est principalement dû à une bonne conciliation de mon entrainement, de mon travail et de ma vie sociale. Travailler dans une boutique de sport environ 25 heures par semaine a certes limité le nombre d’heures que je pouvais consacrer à l’entrainement, mais j’ai tout de même été en mesure de garder ma charge d’entrainement haute, notamment un bloc de 3 semaines où j’ai accumulé près de 55h d’entrainement. Cette bonne préparation s’est poursuivie à l’automne et s’est transposée dans les courses auxquelles j’ai pris part avant mon grand départ. J’ai entre autres obtenu une deuxième place au sprint classique de la première fin de semaine de compétition du circuit NCAA, ce qui a gonflé ma confiance et ma motivation à moins d’une semaine de mon départ.

Le voyagement s’est bien déroulé, malgré d’innombrables passages aux douanes et contrôles de sécurité lors de notre escale à New York et un long temps d’attente à Amsterdam. Nous sommes donc arrivés à Almaty à 3h du matin et nous avons été accueillis par une horde de bénévoles en manteaux vert fluo. On a été reconduits au village des athlètes, où nous avons dormi un court moment avant d’aller déjeuner.

Tous les repas étaient servis dans une grande cafétéria où nous pouvions manger à volonté les plats d’origines diverses. Je dois avouer que j’ai été particulièrement étonné par la nourriture offerte lors des déjeuners : mon premier de l’autre côté du monde a été composé d’œufs à la coque, de saucisses de poulet trop cuites, de choux de Bruxelles et de brocolis cuits, mais froids ainsi que de boules de pain frites dans l’huile. Ça s’annonçait intéressant pour la suite. Nous sommes allés explorer ce village des athlètes construit pour l’occasion, avec ces édifices de logements numérotés de 1 à 10. Nous avons également fait un arrêt au fitness center pour une petite séance de musculation et vélo, seuls dans ce gym lui aussi tout neuf. Lors de nos repas subséquents, nous avons réalisé que les diners et soupers servis à la cafétéria étaient beaucoup moins dépaysants et que ça faisait bien la job, comme on dit. Les déjeuners nous ont par contre toujours surpris, avec en vedette des crêpes et du gruau à consistance très variable, auquel nous avions la possibilité d’ajouter un mélange de beurre fondu et de moutarde. Non merci!

Le deuxième jour, nous sommes allés découvrir le centre de ski et les pistes sur lesquelles les compétitions allaient se tenir. Première constatation : les 50km qui nous séparent du centre de ski sont affreusement longs à parcourir. Nous avons été assis 1h30 dans cet autobus aux allures de sauna avant de sortir pour pouvoir enfin respirer de l’air frais. Ce magnifique centre de ski, nommé Alatau ski area, est situé au milieu des montagnes à 1450m d’altitude. La température était parfaite pour notre premier ski. Nous avons découvert des parcours de course avec de nombreux virages en épingle et deux ponts qui permettent le croisement des pistes. J’ai adoré les parcours et le paysage montagneux, mais j’étais surpris par la neige, extrêmement sèche pour les -2 degrés annoncés au thermomètre.

Nous avons passé les jours suivants environ de la même façon, soit prendre l’autobus à 9h, skier de 11h à 12h30 et être de retour au village des athlètes vers environ 14h30. L’après-midi, sieste et/ou études étaient au programme. Pour ma part, je me suis adapté relativement bien aux 11 heures de décalage horaire. Je me réveillais trois ou quatre fois par nuit et j’avais de la difficulté à dormir tard les matins, mais cela a seulement duré pour les deux à trois premiers jours. Cependant, en faisant les premiers entrainements intenses sur skis, j’ai réalisé que l’air sec et l’altitude rendaient la respiration plus difficile que prévu. J’avais hâte de voir ce que ça donnerait en compétition.

La première compétition était un 10km en classique avec un départ individuel. Le parcours de 5km que nous avions à faire deux fois était vraiment cool, mais les conditions lentes le rendaient assez difficile, avec la première moitié quasiment toute en montée. Ça ne m’a pas pris beaucoup de temps pour réaliser que je n’étais pas au sommet de ma forme. Je ne me sentais pas bien et j’ai eu une grosse crampe lors du deuxième tour. Je savais très bien que j’avais fait une mauvaise course dès que j’ai traversé la ligne et je n’ai même pas cherché à regarder les résultats. J’étais franchement déçu de commencer mon voyage avec ma moins bonne course des 2 dernières années.

Le lendemain, la course était un 10km en skate avec un départ en poursuite basé sur les résultats de la veille. J’avais donc plein de skieurs à rejoindre, mais j’ai été ralenti par les 15cm de neige tombés durant la nuit. Ces conditions ne me favorisent pas étant donné mon poids largement au-dessus de la moyenne et je ne me sentais toujours pas au sommet de ma forme. J’ai donc fait un peu mieux que la veille, mais c’était tout de même très loin de l’objectif de percer le top 30 que je m’étais fixé avant le début des compétitions.

C’est donc avec le couteau entre les dents et le désir de montrer mon plein potentiel que j’ai abordé le sprint classique qui avait lieu deux jours plus tard. Cette épreuve est ma favorite et avec le résultat obtenu sur le circuit NCAA, j’étais confiant de me reprendre. J’aimais beaucoup le parcours et les conditions étaient parfaites. J’ai donc fait un bon réchauffement et testé mes skis juste avant la fermeture du parcours. J’ai vu les filles partir, puis c’était à notre tour. Je me suis élancé sur le parcours et j’ai très vite réalisé que la cire qui fonctionnait bien 35 minutes plus tôt était devenue très moyenne. J’ai donc dû pousser plus fort avec les bras pour compenser le manque d’adhérence, ce qui m’a coûté de précieuses secondes. Je me suis donc classé en 24e position, soulagé de faire les vagues éliminatoires, mais déçu d’avoir encore eu un pépin. Ne voulant pas revivre la même situation en après-midi, j’ai pris la décision de faire mon quart de finale sans fart d’adhérence, en utilisant seulement la double poussée. C’était un risque à prendre, mais si le début de la course n’était pas trop vite et que je demeurais dans le groupe de tête, j’allais être le plus rapide dans la portion descendante du parcours. La course a toutefois été assez rapide et je n’ai pas été en mesure de rester avec les trois skieurs à l’avant. J’ai donc terminé en 4e position sur 6, ce qui m’a classé au 18e rang de la journée sur un total de plus de 80 skieurs. Le résultat n’était pas mauvais. En fait, il était assez bon, mais j’ai tout de même été déçu de ne pas m’être senti aussi fort et efficace techniquement qu’à l’habitude sur cette épreuve. Je demeure convaincu que dans une bonne journée comme au sprint NCAA, j’aurais été en mesure de me tailler une place dans le top 10. Pour couronner cette autre journée difficile, l’autobus qui nous amenait au village des athlètes a eu un problème mécanique et nous sommes finalement rentrés après un voyage de 2h45…

Le bilan de ces trois premières courses n’était vraiment pas très reluisant : deux courses de distances franchement décevantes et un sprint dont le résultat me laissait mitigé. J’étais vraiment frustré de voir que les bonnes sensations que j’avais en compétition tout juste avant de partir n’étaient plus présentes et de ne pas pouvoir courser à la hauteur de mon niveau. J’ai fait une solide année d’entrainement et voir que ma forme n’était pas du tout au rendez-vous au moment où je planifiais qu’elle soit au sommet a été très difficile à accepter. En y repensant, c’est la première fois que je ne réussis pas à faire une seule solide course à un moment où j’ai prévu être au meilleur de ma forme. C’est assurément cela qui m’a le plus déçu de la situation. Compte tenu de mes deux mauvaises courses de distance, j’ai été mis de côté pour le relais par équipe, course à laquelle j’avais pris ma place pour acquise avant le début du voyage. Il ne me restait donc plus que deux compétitions, soit le sprint par équipe en skate et le 30km départ de masse en classique. Je me suis donc dit que je devais profiter au maximum de ces courses et du reste du voyage, peu importe les résultats qui viendraient.

Pour le sprint par équipe, j’avais été jumelé avec ma coéquipière Andrée-Anne Théberge puisqu’elle avait elle aussi obtenu le meilleur résultat canadien au sprint individuel. Nous avons terminé à une minute des premiers de notre demi-finale, ce qui s’est avéré 10 secondes trop lent pour accéder au top 15 et à la finale qui avait lieu une heure plus tard. Nous avons cependant été satisfaits de notre gestion de course et nous avons apprécié cette première, puisque nous n’avions jamais fait d’épreuve mixte. (Cette épreuve n’est pas au programme dans aucune autre compétition majeure.)

Après le sprint par équipe, j’ai eu trois journées afin de me reposer et me préparer pour le 30km qui s’annonçait une course éprouvante. Le jour de la course, j’étais décidé à apprécier ma dernière compétition au Kazakhstan et à gérer mon effort le plus efficacement possible. Après 5km, j’ai pris mon premier ravitaillement et j’ai encore fait face à un problème que j’ai eu de la difficulté à régler, soit un inconfort intestinal qui m’a fait perdre un peu de temps entre les kilomètres 5 et 15. Par la suite, les choses se sont placées et j’ai été en mesure de conserver ma vitesse lors des derniers tours et de rattraper du temps à plusieurs skieurs.  J’ai finalement terminé au 40e rang et obtenu ma meilleure course de distance. Au moins, mes compétitions se sont terminées sur une note un peu plus joyeuse.

Après la course a eu lieu la traditionnelle période d’échange de vêtements entre athlètes de différents pays. Ce fut aussi un bon temps pour échanger avec les autres skieurs et j’ai fait de belles rencontres. Nous sommes par la suite retournés au village afin de nous préparer pour les cérémonies de fermeture. Tout comme ce fut le cas pour les cérémonies d’ouverture, le spectacle orchestré par des centaines de danseurs et bénévoles était impressionnant. Ce n’était assurément pas très loin de ce que l’on voit lors des Olympiques. Le voyage s’est donc conclu en beauté et le transport pour revenir au Canada s’est déroulé sans anicroche. Par contre, sans l’excitation que j’avais au départ, cela m’a paru beaucoup plus long.

Finalement, en ce qui a trait à mes performances, ce voyage a été franchement décevant. Aucun de mes résultats ne représente mon réel potentiel et c’est très difficile à accepter. Je me suis fait dire plusieurs fois que « c’est l’expérience qui rentre ». Cette phrase m’agace parce que oui c’est de l’expérience qui rentre, mais en fait c’est précisément à ce moment-là que j’aurais voulu que tout tombe en place, que l’expérience des dernières années m’aide à faire une bonne course. Je garderai donc toujours cette déception vis-à-vis ces courses-là. Par contre, je me considère extrêmement chanceux d’avoir eu la chance de participer à cet événement. J’ai découvert une ville et un centre de ski magnifique que je n’aurais jamais visités sans ma participation à ces Universiades. J’ai eu tellement de plaisir à découvrir les pistes de ski et à m’y entrainer et c’est un beau souvenir que je vais conserver. J’ai aussi rencontré des bénévoles généreux de leur temps et des skieurs de partout dans le monde qui font face aux mêmes défis que moi.

Même en y repensant, je ne peux pas mettre précisément le doigt sur ce qui n’a pas fonctionné pour moi. Difficulté à récupérer du voyagement et du décalage horaire, possible. Altitude, air sec et smog, surement. Une chose est certaine, c’est que ma passion pour le ski de fond et la compétition est grande, plus grande que ma déception face à mes résultats obtenus au Kazakhstan. Je serai donc aux Championnats canadiens dans trois semaines, déterminé à remettre les pendules à l’heure et à prouver ce dont je suis réellement capable.

Alexis Morin


ATHLÉTISME – CROSS-COUNTRY / BENJAMIN RAYMOND

24 février 2017

Benjamin Raymond est étudiant au baccalauréat en Enseignement de l’éducation physique et à la santé de l’Université Laval. Il fait partie du club d’athlétisme et cross-country Rouge et Or depuis la saison 2013-2014.

Mes derniers milles comme étudiant-athlète
À l’aube de conclure mon parcours universitaire, on m’a demandé de vous faire part de mon histoire d’étudiant-athlète. Au cours des quatre dernières années, j’ai rencontré diverses personnes qui ont marqué mon parcours sportif. J’ai aussi été confronté à faire des choix concernant mon parcours universitaire et je suis fier d’avoir représenté deux excellentes institutions, soit l’Université McGill et l’Université Laval. Ainsi, je vais vous expliquer plus en détail mon cheminement sportif qui m’a permis de grandir et d’être la personne que je suis aujourd’hui.

Mon parcours sportif – 2001 à 2011
Je suis natif de Laval et je fais de l’athlétisme depuis l’âge de neuf ans. Je me suis spécialisé assez rapidement dans l’épreuve du demi-fond en athlétisme dès l’âge de 12 ans. J’ai eu la chance d’avoir de bons intervenants pour me faire aimer le sport et ne pas brûler d’étapes, malgré le fait que j’ai rapidement eu de très bons résultats en athlétisme. À mes débuts, mes parents voyageaient de Laval à Montréal pour que je puisse m’entraîner sur une piste d’athlétisme intérieur, puisque l’on n’avait pas cette infrastructure dans ma ville natale. À cette époque, je m’entraînais avec l’entraîneur Louis Carry, qui était affilié au Club d’athlétisme Dynamique de Laval. À mon arrivée au Cégep, je représentais les Indiens d’Ahuntsic lors de la saison de cross-country pour ensuite courir avec mon club civil lors des saisons intérieure et extérieure d’athlétisme. À l’automne 2010, j’ai terminé en neuvième position lors du Championnat canadien junior de cross-country à Guelph, à seulement deux secondes d’une qualification aux Championnats du monde. L’été suivant, en 2011, j’ai remporté l’épreuve du 5000m du Championnat canadien junior et été sélectionné une première fois au sein de l’équipe nationale lors des Pan Am junior à Miramar, en Floride.

De ce fait, plusieurs universités américaines et canadiennes m’ont approché pour m’inviter à joindre leurs programmes sportifs. Le circuit NCAA m’attirait particulièrement puisqu’on m’offrait une bourse d’études complète, mais je ne voulais pas devenir un numéro parmi d’autres athlètes. De plus, c’était important pour moi de continuer à m’entraîner avec mon entraîneur, malgré mon entrée dans une institution universitaire. Finalement, ce qui m’a encouragé à demeurer au Québec pour étudier est que j’ai eu la confirmation que la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec (FAEQ) allait me supporter à l’aide d’une bourse d’études de niveau recrutement universitaire.

Le choix d’équipe universitaire – 2012
Une chose était certaine dans ma tête. Je voulais m’inscrire dans une université du Québec en enseignement de l’éducation physique. Durant mon processus de choix universitaire, à l’hiver 2012, la grève étudiante contre la hausse des frais de scolarité a ralenti les activités de plusieurs Cégeps de la région de Montréal, dont celui du Cégep Ahuntsic. Résultat : ma dernière session de l’hiver au Cégep a dû se compléter en accéléré pendant trois semaines à la fin du mois d’août et au début septembre. À l’Université Laval, il a été déterminé que le département d’éducation physique allait aussi débuter la session universitaire en accéléré une fois que les futurs étudiants termineraient leur session. À l’Université McGill, la date initiale a été conservée, car seulement 2% des étudiants de cette institution allaient provenir de Cégeps francophones. Bref, après avoir analysé les points positifs et négatifs de chaque université, ma décision a été de représenter les Redmen de l’Université McGill. Un choix vraiment pas facile, mais compte tenu de ma situation scolaire et du fait que l’équipe du Rouge et Or ne connaissait pas autant de succès qu’aujourd’hui, j’ai décidé de rester à Montréal.

Succès sportifs – 2012
À l’automne 2012, ma réalité a été de déménager pour la première fois de ma vie en appartement à Montréal, de terminer mes cours au Cégep Ahuntsic, de commencer en même temps l’Université avec des cours en anglais (non, je ne parlais pas anglais avant) et de m’entraîner avec ma nouvelle équipe universitaire en cross-country. C’était tout un défi, mais j’ai eu la chance d’avoir comme colocataire et partenaire d’entraînement Vincent Parent-Pichette, qui m’a aidé à m’adapter à tous ces changements, lui qui étudiait dans le même programme à McGill. Malgré tout, j’ai réussi à terminer en deuxième position au Championnat provincial sur les Plaines d’Abraham, à seulement deux secondes de Charles Philibert-Thiboutot, ce qui m’a valu le titre de recrue de l’année du RSEQ.

Honnêtement, je ne sais pas comment j’ai fait pour survivre à cet automne aussi chargé! Ma première expérience au Championnat canadien universitaire de cross-country à London, en Ontario, a toutefois été assez difficile alors que j’ai pris la 56e position. Il se peut que la fatigue accumulée m’ait rattrapé. Pendant ce temps, l’équipe du Rouge et Or célébrait sa première médaille nationale par équipe. Je me souviens que c’était une surprise qu’une université québécoise accède au podium et c’était vraiment spécial de les voir fêter ce moment historique!

La remise en question – 2012 & 2013
À la suite de la deuxième place du Rouge et Or au Championnat canadien de cross-country, je me suis surpris à rêver à l’idée de contribuer aux succès de cette équipe, mais surtout, de vivre un moment aussi intense que les gars du Rouge et Or avaient vécu après le dévoilement du classement final. Déjà à ce moment, j’y voyais un potentiel de pouvoir gagner par équipe le Championnat national. Considérant que l’équipe de McGill était en reconstruction, j’avais seulement une option en tête : le Rouge et Or.

Après y avoir longuement réfléchi, j’ai abordé les démarches d’un potentiel transfert de l’université McGill à Laval. Dans un premier temps, j’ai informé mon université pour contacter l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Félix-Antoine Lapointe, afin de voir les modalités d’un éventuel transfert. À la suite de quelques entretiens téléphoniques, on a su que le programme d’éducation physique de l’Université Laval allait me créditer les cours que j’avais suivis à ma première année à McGill. Pourvu qu’ils satisfassent les critères préétablis par le MELS, il existe une liberté sur la construction des programmes académiques. Mes cours crédités allaient ainsi être répartis durant mes quatre années à Laval, ce qui me permettrait d’avoir des sessions un peu plus allégées. La seule restriction du programme était de recommencer mes quatre années universitaires, mais ça ne me dérangeait pas étant donné que je voulais courir au sein du RSEQ pendant cinq ans.

Le transfert de McGill à Laval – 2013
Le transfert de McGill à Laval complété, j’étais très excité à l’idée de joindre l’équipe universitaire et de m’entraîner avec plusieurs autres étudiants-athlètes de mon calibre. À mon arrivée à Québec, j’ai été bien accueilli par les membres de l’équipe et je me suis rapidement senti comme chez moi. Je me souviendrai toujours d’un des premiers entraînements avec le groupe, alors que j’avais terminé en neuvième position de la dernière répétition. Je me demandais alors si j’avais pris la bonne décision, puisque selon les résultats de cet entraînement, je n’aurais même pas intégré le groupe des sept coureurs qui prennent le départ du Championnat canadien! Je me suis vite rendu compte de la profondeur du groupe d’entraînement et qu’il était facile de se laisser emporter. Au fil des semaines, j’ai été capable de retrouver une condition physique qui ne m’inquiétait plus.

Aujourd’hui, je n’ai plus aucun doute que c’était la meilleure décision de ma carrière. Au cours des quatre dernières années en cross-country, j’ai fait partie de l’équipe médaillée au Championnat Canadien universitaire (SIC / U SPORTS) : troisième en 2013, 2014 et 2015, puis premier en 2016! Depuis cinq ans, la formation du Rouge et Or a réussi à prouver qu’elle était une puissance au Canada en cross-country. C’est assez incroyable d’avoir répété année après année un podium sur la scène nationale alors que le programme n’en avait jamais eu auparavant dans son histoire.

Il est certain qu’une grande partie du succès vient du travail acharné de l’entraîneur-chef depuis six ans, Félix-Antoine Lapointe. Un bon programme se doit d’avoir une constance de la part de ses entraîneurs pour réussir à construire une formation performante année après année.

La conquête nationale – 2016
Le 12 novembre dernier, une foule électrisante est venue supporter les sept étudiants-athlètes du Rouge et Or sur les Plaines d’Abraham, afin de nous aider à remporter notre premier titre national par équipe. Dans la côte de la tour Martello, on entendait des encouragements que pour l’Université Laval! Je n’avais jamais vécu une compétition avec une foule aussi bruyante et fébrile à l’idée de voir l’équipe hôtesse l’emporter. C’est vraiment des émotions intenses que l’on a pu vivre en équipe, avec les onze autres gars du club ainsi que des anciens athlètes du programme qui sont venus nous encourager lors de ce moment historique. Quatre ans après mon arrivée, le rêve est devenu réalité, on a gagné notre premier titre national de cross-country par équipe! C’était un moment exceptionnel de gagner de cette façon devant ma famille, mes amis, mes coéquipiers et tous les partisans du Rouge et Or!

Alors que je suis sur le point de terminer mon parcours universitaire, je réalise qu’il est certain qu’il sera difficile de recréer ces beaux moments dans le futur. Aujourd’hui débute mon dernier Championnat provincial d’athlétisme au PEPS, à Québec. Je tenterai ce weekend de me qualifier pour une épreuve individuelle du Championnat canadien U SPORTS prévu à Edmonton, en Alberta.

Conciliation sport/travail – 2017
D’ici environ deux semaines, je serai expiré du circuit universitaire. C’est une belle étape de ma vie qui va se terminer et je suis fier d’avoir représenté le Rouge et Or. Plusieurs nouveaux défis se présenteront devant moi, autant au niveau sportif que professionnel. J’ai bien l’intention de continuer à courir sur la scène civile après ces belles années universitaires. J’aimerais peut-être courir un peu plus sur la route et envisager faire un premier demi-marathon. Il est certain que je vais devoir faire des sacrifices, mais je suis encore passionné par la course à pied. Comme on dit si bien, j’ai encore beaucoup de défis à réaliser avant d’accrocher mes souliers! ;) En terminant, j’aimerais remercier tous ceux qui m’ont aidé de près ou de loin au cours de ma carrière universitaire. J’en suis très reconnaissant et ces souvenirs resteront gravés à jamais!

#LMCCBC #GoLaval

Benjamin Raymond


VOLLEYBALL FÉMININ / MARIE-MICHELLE CÔTÉ

17 février 2017

Marie-Michelle Côté est étudiante au baccalauréat en génie agroenvironnemental de l’Université Laval. Elle évolue comme attaquante au sein du club de volleyball féminin Rouge et Or depuis la saison 2015-2016.

C’est le 29 décembre que nous nous retrouvons, après un long six jours dans nos familles respectives. L’intense fin de session derrière nous, il n’y avait que l’excitation du voyage pour occuper nos pensées. Six heures de vol et six heures de décalage horaire plus tard, nous arrivons enfin dans la Ville lumière, bien nuageuse en ce 30 décembre matinal. Pas une seconde de repos, nous entamons déjà notre première visite au château de Sceaux, une attraction touristique tout près de notre hôtel.

Le lendemain, une surprise nous happe, nous perdons un soldat aux mains d’une fâcheuse gastroentérite. La malade reste alitée pendant que nous allons faire les boutiques en prévision du réveillon que nous devons organiser le soir même. La journée avance et la soirée approche, nous nous préparons pour la fête du soir où nous aurons la chance de célébrer avec des locaux mordus de notre sport. La maladie continue de faire des ravages dans notre équipe, attaquant autant les coachs que les athlètes; au total cinq d’entre nous ne participent pas aux célébrations du Nouvel An. Malgré l’absence de nos pairs, nous profitons de la soirée pour en apprendre plus sur la cuisine française et les mœurs de nos cousins éloignés.

Pour la première journée de 2017, nous avons la chance d’aller visiter la cathédrale Notre-Dame, ainsi que l’attraction que nous attendions avec impatience : la tour Eiffel. Nous nous arrêtons tout près de celle-ci pour un dernier vrai repas avant le début des matchs le lendemain.

Le 3 janvier, l’appréhension est palpable au sein de l’équipe. Nous ne connaissons presque rien du calibre et du style de jeu des équipes françaises et le stress se mêle à l’excitation que nous éprouvons en ce premier match. Pour certaines filles, c’est les yeux vitreux et l’estomac encore retourné par la gastro que nous nous rendons au match. On observe l’arrivée de l’adversaire, une équipe qui se classe dans la division Élite, une catégorie sous les professionnels. Ce sont des filles payées pour faire ce sport, contrairement à nous qui partageons notre temps entre les études et le volley. Le match débute et nous perdons le premier set au pointage radical de 6-25. Malgré cette défaite drastique, nous nous sommes serré les coudes, les malades comme celles en santé, pour revenir plus fortes dans les sets suivants. Nous perdons le match en trois sets, les deux derniers étant toutefois plus enlevants que le premier. Dans les derniers points du match cependant, notre passeuse chute et sa tête heurte le plancher. Verdict : elle ne pourra pas jouer les trois prochains matchs de notre tournée parisienne. Notre seconde passeuse ne nous aillant pas accompagnés dans notre voyage, le rôle retombe sur les épaules d’une attaquante qui avait été préparée à cette éventualité, mais qui n’a pas l’expérience d’une passeuse de longue date.

Deuxième match, nous affrontons une équipe de Nationale 2, une division sous Élite. Nos adversaires sont plus âgées que ce à quoi nous sommes habituées et leur expérience transparait dans leur jeu. Avec une nouvelle passeuse, une période d’ajustement s’impose. Nous remportons quand même le match en trois sets et cette première victoire en sol Français nous donne confiance. Toutes les filles y ont participé et nous sommes satisfaites du travail accompli.

Le troisième match ressemble beaucoup au deuxième; nous affrontons un adversaire de même calibre avec la même expérience. Nous commençons à voir une cohorte de fans se former et ceux-ci nous nourrissent de leurs encouragements bruyants qui nous donnent l’impression d’être au PEPS. Un autre match à sens unique qui se solde par la marque de trois sets à zéro.

Le dernier match nous oppose à une équipe Élite encore une fois. La fatigue des derniers jours s’additionne à celle du décalage horaire. Nous sommes toutefois remplies de confiance et la foule qui scande « Go Laval go » nous donne le courage nécessaire afin d’affronter ce dernier défi. Nous perdons les deux premiers sets avant de nous lancer dans une remontée qui force la tenue d’un cinquième set définitif. Nous offrons un spectacle à nos spectateurs avant de nous incliner par la marque de 11-15 devant nos adversaires.

Les nombreux obstacles ayant pavé notre route nous ont permis de développer notre esprit d’entraide et de soutien dans les moments difficiles. Les irréductibles qui n’ont pas succombé au virus ont dû se remonter les manches afin de pouvoir compenser pour celles qui n’étaient pas au sommet de leur forme physique, et celles-ci ont dû mettre de côté leur inconfort afin de ne pas laisser tomber l’équipe. Nous avons dû nous habituer au changement de passeuse et nous adapter à l’impact majeur que cela a eu sur notre offensive. Il a été primordial pour nous de sortir de notre zone de confort, autant pour ce qui est des matchs que pour notre alimentation, nos habitudes de sommeil et les infrastructures (la température des gymnases nous a particulièrement déstabilisées). Cette expérience incroyable et les matchs que nous avons joués nous ont donné l’occasion de mettre en action les trois préceptes que nous associons à notre équipe : se battre, en équipe, pour l’équipe.

 

Marie-Michelle Côté


BASKETBALL MASCULIN / VINCENT MARIER

10 février 2017

Vincent Marier est étudiant au baccalauréat en génie mécanique de l’Université Laval. Porte-couleur du club de basketball Rouge et Or de 2013 à 2016, il est actuellement entraîneur adjoint depuis le début de la saison 2016-2017.

– On pourrait aller en voyage cet été, ça serait cool!
– Ouin, mais je travaille, et ça me ferait rater plusieurs entraînements de basket.

– Vince, c’est ma fête vendredi soir, t’as pas le choix de venir!
– Désolé, on joue au basket à Montréal ce soir-là, et je vais revenir trop tard…

– Vincent, c’est la fête de ta sœur mardi…
– J’ai du basket.

– Hey Vince, tu fais quoi ce soir?
– Basket.

« Je ne peux pas, j’ai du basket. » C’est assurément, une des phrases que j’ai le plus utilisée au cours des douze dernières années. Pendant ces douze années, j’ai raté une panoplie de soirées, activités, soupers, etc. Pourtant je ne regrette rien et si c’était à refaire, je ne changerais rien. Je ne changerais rien parce que pour moi rien ne bat le sentiment de voir son équipe l’emporter à la suite d’un match serré. Je ne changerais rien parce qu’au cours de ces douze ans, j’ai développé des amitiés spéciales avec des coéquipiers que je n’aurais jamais connus autrement.

Je profite de ce blogue pour vous faire part de mon parcours et de mon passage avec l’équipe de basket du Rouge et Or.

Douze ans plus tôt, année scolaire 2005-2006, Séminaire Saint-François
C’est ma première année au secondaire. À l’automne, je joue au football où j’évolue au poste de quart-arrière. Une poussée de croissance plus rapide que la moyenne me concède un avantage considérable sur les jeunes de mon âge. À 5’8’’( et oui, déjà plus grand que Jacques Paiement Jr et Vincent Plante) et 140 lbs, ce n’est pas très difficile de me repérer sur le terrain. Je suis donc dominant au cours de ma première saison, où j’accumule verges aux sols et impacts solides à profusion.

La saison de football se termine et la saison de basket commence immédiatement après. Comme au football, mon physique plus développé que les autres et mes qualités athlétiques me permettent de me démarquer. En effet, j’arrive déjà à toucher l’anneau alors que plusieurs de mes camarades de classe ne touchent même pas au filet. J’ai une très bonne première saison au sein d’une équipe de deuxièmes secondaires. C’est d’ailleurs dans cette équipe alors entraînée par Éric Ségal (maintenant entraîneur-chef au Cégep de Sainte-Foy), que je fais la connaissance d’un certain Karl Demers-Bélanger.

Sept ans plus tôt, année scolaire 2009-2010, Séminaire Saint-François
Mes quatre premières années du secondaire sont derrière moi. Je vise un championnat provincial en football et basketball pour terminer mon secondaire en beauté.

Après un été d’entraînement assidu, tout comme mes coéquipiers je suis au sommet de ma forme. Je ne suis plus aussi dominant athlétiquement que je l’ai été au début du secondaire, mais j’ai quand même un bon physique pour un quart-arrière et je possède un excellent bras. Notre équipe est bourrée de talent. Pas moins de quinze joueurs de cette édition porteront les couleurs d’une équipe de football universitaire. Parmi ceux-ci, on retrouve d’ailleurs Marc-Olivier East, Jean-Simon Roy et Louis-Gabriel Beaudet (trois de mes joueurs de lignes offensives, à ce moment-là) qui ont évolué avec l’équipe de football du Rouge et Or au cours des quatre dernières années. On peut donc dire que j’étais très bien protégé. Toutefois, après quelques matchs, je subis une luxation de l’épaule, ce qui met un terme à ma saison. L’équipe s’inclinera en finale provinciale.

Je prends du temps à me remettre de ma blessure à l’épaule. J’ai finalement le feu vert pour recommencer à jouer à la fin du mois de janvier. Cependant, je ne suis plus dans la forme que j’étais à la fin de l’été. Je réussis quand même à tirer mon épingle du jeu, mais pas au niveau que j’espérais. Notre équipe subit une défaite crève-cœur en demi-finale provinciale.

Même si je suis très déçu des résultats de mes deux dernières saisons, je dois passer à autre chose. Plusieurs équipes de football et de basketball collégiales se montrent intéressées et je dois décider dans quel sport je poursuivrai ma carrière sportive. Après quelques semaines de délibérations, j’opte finalement de poursuivre en basketball avec les Dynamiques du Cégep de Sainte-Foy.

Six ans plus tôt, saison 2010-2011, Cégep de Sainte-Foy
Ma première année avec les Dynamiques est assez difficile. Je n’ai plus l’avantage physique et athlétique que j’avais avant sur mes adversaires et mes coéquipiers. Je devrai apprendre à adapter mon jeu.

Cinq ans plus tôt, saison 2011-2012, Cégep de Sainte-Foy
Je m’entraîne fort et travaille sur mon jeu au cours de l’été 2011. Je me sens prêt à débuter la saison et à avoir un impact plus important qu’à ma dernière saison. Toutefois, lors des dernières secondes d’un match présaison, je subis encore une fois une luxation de l’épaule. Je rate une bonne partie de la saison. À mon retour au jeu, j’ai un peu plus d’impact que j’avais à ma première année, mais je ne suis toujours pas au niveau que j’espérais être.

Quatre ans plus tôt, saison 2012-2013, Cégep de Sainte-Foy
Lors de l’été 2012, je m’entraîne fort encore une fois pour ce que j’appréhende être ma dernière saison de basket. Durant la saison, je réussis à adapter mon jeu au calibre collégial et à obtenir beaucoup de temps de jeu, mais je suis loin d’être un joueur dominant. Cette saison sera donc ma dernière, car je ne crois pas pouvoir évoluer au niveau universitaire, ne possédant pas les qualités athlétiques nécessaires. Je termine ma carrière collégiale avec deux médailles de bronze et une médaille d’argent aux championnats provinciaux.

Au printemps 2013, alors que j’étudie un des derniers examens de mon DEC, je reçois un message texte inattendu. Il s’agit de Jacques Paiement Jr, l’entraîneur-chef du Rouge et Or, qui aimerait me rencontrer. Lors de cette rencontre, il me propose de me joindre à l’équipe. Ceci étant dit, il ne me promet rien par rapport à mon temps de jeu. En fait, c’est pratiquement l’inverse. Le rôle qu’il a à m’offrir est celui d’un douzième, voir treizième joueur, de sorte que je ne toucherai pratiquement jamais au terrain, et ça, c’est pour les parties où je serai habillé. Quand même, intrigué par cette proposition, je finis par accepter et je me fixe comme objectif d’être habillé lors des parties.

Trois ans plus tôt, saison 2013-2014, Université Laval
Je reprends donc l’entraînement durant l’été et je suis en pleine forme pour le début de l’année de basket. Je m’adapte rapidement au style de jeu de l’équipe, si bien qu’au cours d’un match hors-concours contre l’équipe de l’Université Sacred Heart (NCAA Division 1), j’obtiens quelques minutes de temps de jeu inespéré.

Les semaines passent et je continue à progresser et à prendre confiance. Certains joueurs de la rotation régulière se blessent et rapidement, mon sort s’améliore. J’obtiens beaucoup de temps de jeu lors de quelques parties hors-concours et je fais relativement bien. J’ai très hâte au match du 11 octobre contre l’Université York, où notre équipe jouera la première partie dans le nouvel amphithéâtre du PEPS. Il s’agira de ma première partie contre une équipe universitaire canadienne. Je m’attends à voir un peu de terrain au cours de cette partie, ce qui dépasse les objectifs que je m’étais fixés au début de l’été. Cependant, quelques jours avant la rencontre, je me luxe l’épaule droite pour une troisième fois. À mon retour au jeu, le train est passé : je ne pourrai réintégrer la rotation cette année-là, j’ai pris trop de retard sur les autres. Je donne quand même mon maximum à l’entraînement, et j’aide l’équipe à progresser du mieux que je peux. Après cette saison, je décide finalement de me faire opérer à l’épaule pour en finir avec les luxations.

Les deux dernières saisons, 2014-2015 et 2015-2016, Université Laval
Avant le début de la saison 2014-2015, je ne bénéficie pas de ma préparation estivale habituelle : à la suite de mon opération, je complète plutôt la réhabilitation de mon épaule. Je rate une bonne partie de la présaison, mais j’obtiens le feu vert au début des matchs du calendrier régulier. J’ai toutefois beaucoup de retard sur mes coéquipiers qui ont su profiter d’un bon été de préparation physique. Plusieurs recrues d’impact se sont également ajoutées à l’équipe, de sorte que je me retrouve à nouveau au bas de la rotation. En plus, l’équipe adopte maintenant un style de jeu beaucoup plus rapide qu’auparavant, ce qui ne m’avantage pas vraiment. Néanmoins, je ne lâche pas à l’entraînement et fais tout ce qui est en mon pouvoir pour continuer à aider l’équipe. L’année qui suit est pratiquement identique pour moi. Je ne vois que très peu d’action durant toute la saison. Comme durant les deux premières saisons, je fais de mon mieux pour être le meilleur coéquipier possible et contribuer comme je peux au succès de l’équipe.

À la suite à cette dernière saison, je décide finalement d’accrocher mes souliers. Je suis un peu déçu et un peu triste. Déçu de ne pas avoir réussi à repercer la rotation, mais en même temps, je pense vraiment m’être approché de mon plein potentiel, moi qui étais déjà prêt à arrêter trois ans plus tôt. Triste, parce que durant mes trois années à jouer avec le Rouge et Or, j’ai développé de forts liens d’amitiés avec plusieurs de mes coéquipiers et de ne plus les côtoyer au quotidien me manquera assurément.

Quand je lui annonce la nouvelle, Jacques Paiement Jr me propose aussitôt de me joindre à l’équipe d’entraîneur, car Pascal Lehoux, entraîneur adjoint lors de mes trois premières années, ne sera pas de retour l’an prochain. J’y pense un peu, puis finis par accepter. De cette façon, je pourrai aider l’équipe comme je l’ai fait lors de mes années en tant que joueur, et je pourrai continuer d’entretenir l’amitié développée avec plusieurs de mes coéquipiers avec le temps.

Présent, saison 2016-2017, Université Laval
Je suis très reconnaissant à Jacques de m’avoir permis de faire cette transition de joueur à entraîneur. Comme au cours des dernières années, je fais de mon mieux pour aider l’équipe et contribuer à son succès.

Comme j’entretenais déjà une bonne relation avec mes entraîneurs, la transition c’est plutôt bien déroulée. C’est sûr que parfois jouer avec cette équipe me manque, mais au bout du compte, je suis persuadé d’avoir pris la bonne décision. J’ai toujours beaucoup de plaisir avec mes anciens coéquipiers et j’apprécie le fait qu’ils soient capables d’écouter quand j’ai un conseil à leur transmettre lors d’un entraînement ou d’une partie. Il reste parfois quelques manques de sérieux, mais on travaille là-dessus. C’est certain qu’au niveau du coaching, j’ai encore beaucoup à apprendre. Néanmoins, je saisis des informations à gauche et à droite que j’ajoute à mon bagage pour m’améliorer.

J’espère bien que tous les efforts que nous mettons collectivement, nous permettrons d’aller jusqu’au bout cette année!

#GoLaval

 

Vincent Marier


SOCCER MASCULIN / SAMIR GHRIB

3 février 2017

Samir Ghrib est entraîneur-chef du Club de soccer masculin Rouge et Or depuis son entrée sur le circuit universitaire en 2000.

Une société, c’est comme une équipe !
Québec, je t’aime ! Québec, cette ville que j’adore a été touchée à son tour par la haine qui sévit dans le monde. Québec, la ville tranquille et paisible. Suis-je surpris ? Non.

Ce qui s’est passé, cette attaque contre nos concitoyens de confession musulmane, ne reflète en rien le véritable état d’esprit des Québécois qui est fait d’ouverture et de respect.

J’ai été touché par leurs témoignages, car malgré la douleur et la tristesse, ils ont crié haut et fort leur amour pour les Québécois et la ville de Québec. Nos politiciens ont été aussi, il faut le souligner, dignes et à la hauteur de l’événement.

Je suis inquiet par ce climat d’intolérance et de discours haineux qui règne dans le monde en général, où les réseaux sociaux permettent aux gens de vomir leur haine de l’autre sous des pseudonymes en toute impunité.

On dirait que les gens ne sont plus conscients que les mots sont des « armes de destruction massive ». C’est un tout qui m’inquiète, qui nous interpelle tous.

Je suis chez vous, mes chers concitoyens, depuis 1984, et c’est devenu mon chez-moi. Jamais, on ne m’a fait sentir que je venais d’ailleurs. Avant même d’obtenir mon statut d’immigrant et la nationalité canadienne, mes amis québécois avaient déjà fait de moi l’un des leurs, dès mon arrivée à Québec, en me renommant Samir… Tremblay.

Je partage tellement l’affirmation de M. Gérard Bouchard, historien et sociologue, au sein de la chronique de Patrick Lagacé, dans La Presse du 2 février, à l’effet que « les Québécois sont des gens de bonne entente, de culture douce. Du monde de bon sens, de jugement. C’est ça qui m’inspire le plus confiance. Mais on est chanceux qu’ils soient encore comme ça. Ça peut s’user ça. »

Pour éviter que cet état d’esprit disparaisse, il faut être vigilant et libérer, voire décomplexer la parole… positive, face à la haine qui pollue nos réseaux sociaux. Il faut être en mode éducation et information continue. Il faut chercher à comprendre, se battre avec des faits pour contrer cette haine qui nous divise. Chacun de nous peut faire la différence, dans son milieu, dans son environnement immédiat par des actions positives. Le tueur, lui, a fait une différence en fauchant des vies humaines.

La religion pour une majorité de gens est vécue paisiblement, vue comme un code moral. Malheureusement, elle est aussi utilisée pour dresser les gens les uns contre les autres.

Il faut investir dans l’éducation pour développer des personnes équilibrées et épanouies. C’est ce que je fais avec mes enfants, en leur donnant à leur tour un passeport pour la vie : des valeurs pour comprendre leur environnement et fonctionner avec leurs semblables. Pour leur expliquer la diversité, je leur donne l’exemple de mon père sur le bouquet de fleurs : un bouquet de fleurs avec plusieurs couleurs, c’est plus beau !

Nous parlons souvent de saines habitudes de vie et alimentaires. Mais, je rêve d’un cours dans nos écoles primaires sur des saines habitudes de gestion émotionnelle, avec l’objectif d’apprendre à notre belle jeunesse comment nouer des rapports harmonieux et respectueux avec les autres, grâce à une communication non violente. Ça commence avant tout par une bonne connaissance de soi, pour mieux connaître l’autre.

Une équipe, une microsociété
En ce qui me concerne, je trouve mes réponses aux questions existentielles dans le sport, un milieu où les différences tombent au service d’une passion commune et le goût de faire partie d’un projet, d’une belle aventure humaine et sportive.

Une équipe, c’est une société en miniature avec ses codes de fonctionnement et ses valeurs. Pour qu’elle avance, ses membres doivent être au service d’un projet commun. Sans cohésion d’équipe, les objectifs de progression et de performance ne peuvent être atteints. Ça prend un cadre de fonctionnement clair qui est surtout respecté. Nous les entraîneurs, sommes toujours en mode solution pour que nos joueurs et joueuses avancent dans la même direction. Le nouveau qui arrive dans une équipe doit s’intégrer, et ses coéquipiers doivent aussi l’aider, et aller vers lui pour l’intégrer. Ça va dans les deux sens. C’est comme ça que chacun trouve sa place, pour finir par la prendre.

Dans une société, ça doit être la même chose. Ses citoyens doivent être mobilisés autour de valeurs communes, d’un pacte pour un vivre ensemble harmonieux et respectueux de tous. Il faut surtout continuer à débattre d’enjeux importants sans se faire traiter de raciste, d’islamophobe ou d’antisémite.

Je suis allé à la vigile de lundi dernier, en compagnie de ma fille de 14 ans, et je ne me suis jamais senti aussi fier d’être Québécois !

Je demeure confiant que notre société québécoise saura se relever d’un tel événement. La société québécoise est forte. J’ai confiance. Restons vigilants et surtout solidaires. Nos sincères condoléances aux familles.

 

Samir « Tremblay » Ghrib


NATATION / PASCAL-HUGO CARON-CANTIN

27 janvier 2017

Pascal-Hugo Caron-Cantin est bachelier en études littéraires et étudiant à la maîtrise en création littéraire. Actuel capitaine de l’équipe masculine de natation, il fait partie du Rouge et Or depuis 2011.

J’aime ça quand ça fait mal
Toutes les années, ça commence de la même façon. Le grondement des moteurs, l’attente dans l’immobilité, plus un mot entre les rangées. Puis ça part. La force centrifuge te pousse dans le banc, tu regardes la neige s’en aller par les hublots et dans leurs reflets, on dirait que tu vois ta famille, attablée autour d’un repas du temps des fêtes, souriante, avec mille plats sur la table. Dans le tableau y’a une seule place qui est vide.

« C’est l’fun, vous partez dans le sud! »

La première fois, c’était l’fun. La deuxième aussi. Mais la onzième, douzième, treizième fois que tu laisses ta famille derrière quand ça compte, ça commence à te peser dans le cou. Un poids omniprésent et invisible.

« Pourquoi tu le fais? T’as le choix, non? »

Oui, t’as le choix. Mais les humains y sont mal faits. Ils ont des objectifs. Et les plus mal faits d’entre eux ont une façon de s’y rendre, bien installée, dans leur tête. L’inévitable dans tout ça, pour eux, c’est le camp d’entraînement.

Fait que l’avion atterrit, tu sors avec ton sac, un peu fatigué de la journée, mais cette fatigue-là est mentale, rien devant ce qui t’attend pour les deux prochaines semaines. Toi tu le sais, les coachs le savent, on dirait que le chauffeur Uber qui t’amène à ton hôtel le sait. T’ouvres la porte de ta chambre avec tes roomates et tu déposes tes valises. Rencontre d’équipe : Ça commence demain à 8 h. Y’annonce frette. Amenez un gilet chaud.

La Floride, c’est parfait sur plusieurs points de vue : tu connais la nourriture, tu connais les conventions, tu connais les hôtels. Ce que tu connais pas, par contre, en plein milieu de l’hiver, c’est la température. Sauter dans l’eau à 19h le soir, quand y fait 8 degrés dehors, c’est jamais l’fun. Mais tu le fais, et tu nages tous les kilomètres qu’il faut, à l’intensité qu’il faut, sans dire un mot. Pourquoi? Parce que c’est comme ça. T’es là pour ça.

Puis après, y’a la musculation. Tu sors de l’eau, tu manges un sandwich et t’es reparti. Tu te déchausses dans la salle, mais ça te fait plaisir, parce qu’y pourrait faire -25 avec 30 centimètres de neige dehors et que t’auras tout le reste de ta vie pour rester assis.

Tu rinces et tu recommences deux à trois fois par jour jusqu’au 31 au soir. Le 31, c’est toujours spécial. Tout le monde est sur leur cell, essayant de parler à ceux qui leur sont chers. Souvent sans grand succès dû au Wi-Fi inaccessible. Mais au moins, en Floride, tu te sens un peu moins loin de chez vous, pendant que t’essaies de rester éveillé jusqu’à 00 h. Finalement, t’es couché à 00 h 05, épuisé, après t’être souhaité un bon Nouvel An et t’être regardé cinq minutes dans le miroir en te disant que la natation, dans le fond, ça allait être fini dans 2 mois.

Le premier, tu recommences l’année comme tu l’as finie ; avec deux pratiques dans l’eau et du gros travail dans la salle de musculation. La fatigue s’accumule, mais tu tiens bon, parce qu’y’a jamais rien de nouveau sous le soleil et que tu sais ce qui s’en vient. Chaque longueur, tu te vois toucher au mur quand ça va compter et tu sais que pour les 99,9 % du temps où tu te démontes dans la piscine, y’a un 0,01 % d’extase chaque fois que t’atteins un de tes objectifs.

Puis là, avant que tu t’en rendes compte, c’est le 5 janvier et c’est la journée de repos. Y’en a qui vont en ville, y’en a qui vont à la piscine. Toi, tu vas à la plage et tu te baignes dans la mer, parce que la mer, ça sent bon et que le sel change le mal du chlore. Après ça, avec quelques autres gars, vous allez vous gâter une pizza, parce que vous vous sentez en vacances et que le poulet-légumes que vous mangez depuis le début du camp commence à vous faire regretter la dinde de votre mère. Après une bière et une pizz, tu retournes dans ta chambre et tu t’effondres dans ton lit en comptant les jours et les entraînements qui te séparent des —- (insérez ici les championnats qui vous concernent. Pour toi, c’est les Championnats canadiens).

Et ça reprend. Encore. Encore. Plus tu travailles dans la piscine, dans le gym, plus ton corps te demande d’arrêter. Plus tu fatigues, plus tu vois tes amis sur Facebook, tu sais, ceux qui ne nagent pas, qui ont l’air de tripper soit à Cancún ou bien dans la neige, en vacances. Ils se préparent à recommencer la session, eux. Mais toi, t’as encore la tête au fond de l’eau et tu fonces vers en avant, sans regarder, parce que sinon ton menton serait trop haut et tu veux pas ça – ça ralentirait ta fréquence. Tu sais qu’il y a l’école, dans moins d’une semaine, mais pour l’instant, à des milles à la ronde, y’a juste toi, le bassin et la douleur. Un triangle amoureux que tu connais bien, depuis le temps.

Et comme ça, t’arrives au mur et tu prends une bouffée d’air frais, juste pour te rendre compte que c’est le 9 janvier et que tu pars demain. Le camp est fini. Tout le monde est de bonne humeur, comme revenu d’entre les morts. L’ambiance est festive, même pour les coachs qui ont eux aussi tout laissé dans le camp. Toi, tu sais que tu as fait ce qu’il fallait. Tous les chemins mènent à Rome, mais t’as pris l’highway. Il reste un mois et demi d’entraînement à ta carrière, mais tu y penses même pas. Pour l’instant, tes objectifs sont atteignables. Pour l’instant, le ciel est atteignable.

Quand on part dans le sud, c’est jamais des vacances. Si tu nous trouves chanceux, viens donc essayer.

 

Pascal-Hugo Caron-Cantin


SOCCER FÉMININ / MARIE-PIER BILODEAU

20 janvier 2017

Marie-Pier Bilodeau est bachelière en enseignement de l’anglais langue seconde de l’Université Laval depuis 2006. Gardienne de but de l’équipe féminine de soccer Rouge et Or de 2002 à 2006, elle est actuellement entraîneure adjointe du club depuis 2012.

29 juillet 2012, Ottawa. Trois coups de sifflet retentissent et annoncent la fin d’un match âprement disputé entre le D.C. United et l’Amiral de Québec,  au « Final Four » de la W-League. Ces trois coups de sifflet ont toujours généré deux émotions chez moi. Depuis vingt ans, quand je les entends, je me réjouis d’une belle victoire ou j’enrage devant une contre-performance. Je ne fais pas dans les nuances. Mais là, c’est différent.

Les trois coups sonnent le glas de ma carrière de joueuse. Même si la décision de me retirer est prise depuis plusieurs mois, je suis surprise par l’émotion qui m’habite. J’accroche mes crampons… Ceux qui m’ont conduit sur le chemin de mes rêves, qui ont été aux premières loges, des Mésanges de Beauport à l’équipe nationale du Canada.

D’un seul coup, le 29 juillet 2012, sur la pelouse artificielle du Fury d’Ottawa, je laisse vingt ans de rêves derrière moi. Vingt ans de passion, d’engagement, de sacrifices, d’habitudes de vie et aussi de reconnaissance.        

J’ai consacré une partie de ma vie au soccer et, même si je l’ai anticipée avec  impatience, la fin de ma carrière fut plutôt abrupte. Je n’étais pas prête. Pas préparée à quitter le monde du soccer, à changer de vie, à passer à une autre étape. Deion Sanders l’a bien dit après sa carrière prolifique dans la NFL,  « Il ne faut pas confondre qui on est avec ce que l’on fait. » Il a tellement raison.

À l’époque, j’avais l’impression que je devais redécouvrir Marie-Pier Bilodeau. Retrouver un équilibre personnel. M’occuper de mon corps et de ma tête.  J’avais peur. Je doutais. Qui étais-je sans le soccer?

Puis, le téléphone a sonné. C’était Helder Duarte. Helder Duarte, le grand manitou du soccer dans la région de Québec, l’entraîneur-chef de l’équipe féminine du Rouge et Or de l’Université Laval, celui qui avait été mon entraîneur plus souvent qu’à son tour entre mon passage au programme sports-études et mes années passées sur le circuit universitaire.

Nous étions le  15, en septembre et le championnat RSEQ était déjà amorcé depuis quelques semaines. Il voulait que je passe derrière le banc, avec lui. Il tentait sa chance. Il cherchait à insuffler une nouvelle vision au Rouge et Or et j’étais en quête d’un nouveau souffle. Il voulait donner un nouvel élan au programme et j’avais besoin d’une poussée.

—     Helder, pourquoi moi?
—     Marie, parce que l’on a la même philosophie, on partage les mêmes valeurs et surtout parce qu’on a le Rouge et Or tatoué sur le cœur.

Il ne m’en fallait pas plus pour me convaincre. Dans ma tête, je me joignais à l’équipe d’entraîneurs avant même la fin de cet appel téléphonique!

En route vers mon premier entraînement, je me souviens avoir réalisé une chose. Avec mon arrivée, le staff d’entraîneurs du Rouge et Or féminin était maintenant composé de trois anciens gardiens de but. « Ça, c’est winner » m’étais-je dit en souriant.

***

S’il est vrai qu’aucune corrélation n’a jamais pu être tirée entre le succès d’un athlète sur le terrain et les victoires derrière le banc, il est quand même intéressant de noter que les trois membres de l’équipe d’entraîneurs du Rouge et Or sont d’anciens portiers. Peu orthodoxe, non?

Ceux qui ont étudié la question s’entendent sur trois raisons principales pour expliquer la grande rareté d’anciens gardiens de but au poste d’entraîneur. Premièrement, ils évoquent la longévité de leur carrière d’athlète. Deuxièmement, les études réfèrent au fait statistique: chaque équipe compte beaucoup plus de joueurs de champ que de gardiens (20 pour 2), donc le ratio sera le même chez les entraîneurs. Enfin, d’autres poussent l’audace et affirment que les gardiens sont simplement… différents. Des individus un peu bizarres, qui font partie de l’équipe, oui, mais qui, au bout du compte, se retrouvent seuls entre leurs poteaux.

Moi, je me plais à croire que l’une des principales raisons de nos succès des dernières années réside justement dans cette équipe d’anciens gardiens de but à la barre du Rouge et Or.

Oui, les gardiens sont différents. Mais quand on y pense, ils jouent toujours un rôle important dans leur équipe. Ils possèdent des qualités mentales et émotionnelles que les joueurs n’ont pas. Bien que témoins du même match que leurs coéquipiers, leur analyse demeure très différente. Ils doivent également être des leaders, aider à l’organisation et au placement des joueurs sur le terrain. Une erreur survient, ils prennent le blâme, plus souvent qu’à leur tour, pour le groupe.

Lors des grandes victoires, on encense souvent les buteurs et on oublie les gardiens, isolés à l’autre bout du terrain. Héros obscurs, souvent moins sollicités que leurs pairs, peuvent faire la différence entre la victoire et la défaite.

N’est-ce pas des qualités que l’on recherche chez les bons entraîneurs?

Oui, trois anciens gardiens comme dirigeants, c’est winner. C’est une bonne recette, mais nous ne sommes rien sans les bons ingrédients. C’est là que nous nous  effaçons, ou presque.

Parce qu’au fond, les innombrables victoires du Rouge et Or et notre conquête de deux titres nationaux au cours des trois dernières années, c’est d’abord et avant tout grâce aux joueuses qui forment notre équipe.

En fait, plusieurs grands entraîneurs s’accordent pour dire que nous n’avons jamais une équipe de joueurs à notre disposition, mais plutôt un groupe de personnes à optimiser. J’abonde dans le même sens.

Il est là le défi de l’entraîneur: transformer un groupe composé d’une vingtaine d’individus, aux tempéraments et intérêts différents (Oh oui!) en une équipe.

Pour y arriver, il faut, à mon humble avis, se trouver un objectif commun et l’établir comme fondation de notre projet de jeu.

Depuis quelques années, l’objectif de l’équipe est simple: viser l’excellence. Au lieu de passer notre temps à essayer de motiver nos troupes pour les guider vers où NOUS (les entraîneurs) voulons aller, nous nous concentrons à trouver les perles rares. Et je ne parle pas des meilleures joueuses d’un point de vue technique ou tactique, mais de celles qui afficheront, match après match, entraînement après entraînement, une attitude qui amplifiera naturellement la puissance de NOTRE ÉQUIPE.

Peut-être qu’elle est là, la recette de notre succès. Certes, le Rouge et Or soccer féminin reste au top parce qu’il a des entraîneurs en symbiose, mais il atteint les sommets grâce à ses joueuses, prêtes à servir l’ÉQUIPE.

Au fond, le seul nom qui compte est celui qui se trouve à l’avant de l’uniforme: LAVAL. Et quand j’entends les trois de coups de sifflet, je suis fière de le voir briller.

Marie-Pier Bilodeau


FOOTBALL / JONATHAN BRETON-ROBERT

13 janvier 2017

Jonathan Breton-Robert est étudiant au Baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et à la santé de l’Université Laval. Il vient de compléter à l’automne 2016 sa première saison en tant que receveur pour le Club de football Rouge et Or.

J’ai commencé ma carrière de football à l’âge de 12 ans. Mon école secondaire, la polyvalente de Saint-Anselme, d’où je suis natif, offrait la chance aux jeunes de jouer au football. Je me suis vite rendu compte que j’avais beaucoup de talent dans ce sport qui est devenu ma passion. J’ai remporté quatre titres avec les Lynx, qui évoluaient en division 3 à l’époque. J’ai eu beaucoup de plaisir à jouer pour cette formation qui comptait des gens fort sympathiques.

J’ai ensuite décidé de me joindre aux Faucons de Lévis-Lauzon, qui évoluaient en division 1, pour effectuer mon passage au niveau collégial et ainsi pouvoir jouer avec mes deux frères. J’ai connu de bonnes campagnes qui m’ont permis d’être convoité par plusieurs universités. Toutefois, mon choix était fait depuis de nombreuses années. Je savais où je voulais poursuivre ma carrière de football.

Le 7 décembre 2015, j’ai visité l’Université Laval avec des membres de ma famille. La visite a duré quelques heures. À la suite de cette rencontre, j’étais officiellement un membre de l’organisation du Rouge et Or. J’étais convaincu d’avoir fait le bon choix pour réaliser mon stage universitaire puisqu’il s’agissait d’un programme d’élite qui allait me permettre de me développer sur le plan physique ainsi que sur le plan personnel. Comme je suis originaire de la grande région de Québec, j’étais fier de m’aligner avec l’équipe que je regardais jouer depuis ma jeunesse.

J’ai été accepté au Baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et à la santé. Je me suis senti chez moi dès les premiers entrainements avec l’équipe à l’hiver 2016. J’ai vite compris que je devais mettre beaucoup d’efforts pour faire ma place le plus rapidement possible dans cette formation puisque la compétition était très relevée au sein du groupe de receveur. Le camp d’entrainement en Floride a été une très belle expérience enrichissante puisque j’ai appris à mieux connaitre mes nouveaux coéquipiers. J’en ai aussi appris sur la façon dont procède ce programme. Les entraineurs sont extrêmement pointilleux sur les détails, ce qui pousse tous les membres de l’organisation à donner leur maximum lors des entrainements.

Mon premier camp d’entrainement de début de saison fut intense. En plus du niveau de compétition relevé, je devais assimiler le livre de jeu très rapidement. Je me souviens encore de mon premier match au Stade TELUS-Université Laval lors de la rencontre pré-saison. À la sortie du vestiaire, j’entendais les partisans nombreux et bruyants. Au début de la saison régulière, j’étais surtout utilisé en fin de partie. Ainsi, pour la première fois depuis le début de ma carrière, je n’étais pas sur le terrain pour débuter les premiers matchs de la saison. Malgré cela, j’ai gardé la même attitude en acceptant mon rôle et en travaillant plus fort pour être prêt lorsqu’on allait appeler mon nom sur les lignes de côté.

Cette situation m’a aussi servi de motivation pour faire mes preuves et montrer aux entraineurs que j’avais ma place dans ce programme en réussissant à me démarquer par de beaux jeux, dont mon premier touché contre le Vert & Or au troisième match de la saison. J’ai commencé à avoir plus de temps de jeu et à avoir un impact sur le match à la cinquième rencontre de la saison contre les Redmen de McGill.

Deux jours avant la rencontre suivante contre les Carabins de Montréal, le joueur qui évoluait à ma position s’est blessé. Ainsi, j’apprends que je vais être de la formation partante du Rouge et Or contre les Carabins à Montréal. Une lourde charge que j’ai relevée en connaissant un bon match dans notre victoire face à nos rivaux, ce qui m’a permis de rester dans la formation partante de l’équipe pour le reste de la saison.

Coupe Dunsmore 2016
Après avoir terminé au deuxième rang du classement, nous devions battre les Carabins sur leur terrain pour une deuxième fois lors de la finale de la Coupe Dunsmore. Le match est très serré jusqu’à la fin. Alors qu’il reste moins d’une minute au match, notre quart-arrière Hugo Richard me lance une passe de cinquante verges que je réussis à attraper malgré la couverture de deux joueurs adverses. Ce jeu nous amène à la porte des buts, mais la victoire était loin d’être assurée à ce moment-là puisque nous tirions de l’arrière 17 à 13. Après deux essais en vain, il nous restait qu’un seul jeu pour franchir les deux verges qui nous séparaient de la zone des buts et passer à la ronde éliminatoire suivante. Les Carabins prennent un temps d’arrêt et je vois entrer sur le terrain Sébastien Serré, le porteur de ballon avec qui j’avais pratiqué un jeu truqué à quelques reprises en pratique. Avant même qu’Hugo nous communique la stratégie, je savais ce qu’allait être le jeu pour terminer le match. Je me rappelle avoir eu un contact visuel avec les joueurs sur le terrain dans le caucus avant d’aller me positionner. Nous étions tous excités et confiants en nos capacités. À partir de ce moment, il n’y avait plus de doute dans ma tête que nous allions gagner ce match.

La foule criait tellement fort que nous avions de la difficulté à nous entendre sur le terrain. Nous nous sommes positionnés sur la ligne de mêlée avec un seul but : gagner ce match. L’exécution a été parfaite et j’ai pu faire la passe à Hugo qui a inscrit le touché. J’ai été nommé joueur du match après avoir cumulé 10 réceptions pour 160 verges et un touché, en plus de cette passe de touché qui a donné la victoire à l’équipe. J’avais le sentiment d’avoir accompli quelque chose de très gros après avoir gagné ce duel fort en émotion. J’ai vraiment réalisé l’ampleur de ce que nous venions d’accomplir lorsque j’ai été inondé de messages de félicitations à la suite du match de la part d’amis, de membres de ma famille, d’anciens joueurs du programme et de partisans.

À la suite de cette victoire, nous avons eu le privilège de jouer la demi-finale canadienne pour l’obtention de la Coupe Uteck à la maison devant nos partisans. Nous avons affronté les Golden Hawks de Wilfrid Laurier, que nous avons battus par la marque de 36 à 6.

Coupe Vanier 2016
La finale nationale se déroulait à Hamilton dans le stade des Tiger-Cats de la Ligue canadienne de football. Nos opposants étaient les Dinos de Calgary. Avant la partie, j’étais excité de participer à un match de cette envergure et je me sentais prêt à relever ce défi. Il a été serré jusqu’à la toute fin, mais nous sommes sortis victorieux de ce championnat. J’étais fier de pouvoir soulever la très convoitée Coupe Vanier avec mes coéquipiers et d’avoir eu un impact dans cette victoire dès ma première saison.

Cette année, le Rouge et Or m’a appris que la plupart des situations que nous vivons sont guidées par notre attitude. Cette expérience m’a aussi appris que l’effort et la discipline sont essentiels lorsque nous voulons atteindre un but précis, tant dans le sport que dans la vie de tous les jours. Ma première saison va rester gravée dans ma mémoire pour le reste de ma vie. Pour le futur, je veux progresser davantage en continuant à déployer des efforts et j’espère vivre d’autres moments aussi forts que ceux que j’ai vécus cette année avec l’équipe.

Jonathan Breton-Robert


FOOTBALL-BASKETBALL / VINCENT PLANTE

17 novembre 2016

Vincent Plante est détenteur d’un baccalauréat en intervention sportive et d’un M.B.A. en gestion des entreprises de l’Université Laval. Maraudeur pour le Club de football Rouge et Or football de 2009 à 2013, il agit depuis 2013 en tant qu’entraîneur adjoint au sein du Club de basketball Rouge et Or.

La Transition
Débutons par la fin…

Samedi 23 novembre 2013, 9 h du matin.
Après une bonne nuit de sommeil, l’équipe s’apprête à quitter le Hilton Québec en direction du PEPS pour le dernier match de l’année, l’objectif ultime. Après un déjeuner en équipe, on ramasse nos choses, on se dirige vers le bus. Je me sens prêt et confiant, Michaël Langlois, mon coéquipier et coloc pour la plupart des voyages cette saison semble l’être aussi. Il ne le sait pas encore, mais il va jouer l’un des meilleurs matchs de football de sa vie dans quelques heures.

La veille nous avons eu notre dernière réunion d’équipe, joueurs seulement, avant la Coupe Vanier. Le point culminant de 11 mois d’entraînement, de compétition, de hauts et de bas entre plus de 80 individus. Seuls ceux qui ont eu la chance de participer à une telle réunion réalisent la force de caractère et l’endurance qu’une équipe unie peut insuffler à un athlète, à quel point les liens qui sont tissés lors d’une saison traversent vents et marées. En fait, je n’ai maintenant aucun doute du sort qui nous attend face à Calgary cet après-midi, une confiance sourde, solide, en notre équipe.

10 h 30, stade TELUS-Université Laval
Plus que quelques heures avant le début de la rencontre, je sors sur le terrain pour ma routine d’avant-match pour une dernière fois cette saison, pour la dernière fois de ma vie après 11 ans de football. J’essaie de balayer de côté la lourdeur et l’implication de cette réalisation et me concentrer sur ma routine, ma visualisation. Au moins je termine ma carrière en allant au bout de mon rêve ; capitaine défensif du Rouge et Or, maraudeur partant en finale de la Coupe Vanier au PEPS, à Québec, devant ma famille et mes amis, ça sonne bien ! De m’être rendu jusqu’ici me remplit de fierté, surtout que 10 ans plus tôt, mes rêves de devenir un athlète de haut niveau gravitaient autour d’un autre sport…

Mois de mai 2003, école secondaire De Rochebelle
J’ai 14 ans, fin secondaire 2, au début de cette merveilleuse période de la vie qu’est l’adolescence… je termine ma journée d’école et me dirige ensuite vers le gymnase pour les open gym de basket. Je suis un mordu de basketball, je joue tous les jours, j’ai enfin trouvé ma passion ! Effectivement, après une première carrière assez productive de 5 à 12 ans en baseball, hockey dans la rue, batailles générales, tag-sans-but-qu’on-court-toujours et kick ball dans la cour d’école primaire (où j’ai brisé deux fenêtres), j’ai enfin trouvé mon sport.

Ce soir-là, après deux heures de basket, mon entraîneur Charles Dubé-Brais m’apprend qu’il y aura un nouveau programme de football à l’école et que ma cohorte sera la première de l’histoire, au niveau cadet A l’année suivante. Dans la vague de succès du Rouge et Or de l’Université Laval, de nombreux programmes naissent dans la région et De Rochebelle fait partie de ces derniers. En plus, c’est un ancien joueur de ligne à l’attaque qui a remporté la Coupe Vanier en 1999, Steeve Dupuis, qui va coacher l’équipe. Je suis tout de suite intéressé et participe au camp de printemps, mon premier contact avec le football. On m’assigne la position de safety (maraudeur) car je suis assez rapide et j’ai un bon instinct en défensive. Je m’y sens déjà à ma place.

Août 2003
Je vais toujours me souvenir de mon premier match de football. Rien ne se compare à un match de football, quel bonheur ! Nous ne savions pas à quoi nous attendre lors de cette première joute face aux Corsaires de Champagnat-Guillaume-Couture. Nous avons gagné 62-8 ! C’est alors le début d’une carrière dans deux sports, deux passions, qui vont m’aider à devenir la personne que je suis aujourd’hui.

Hiver 2007, cégep Garneau
Après avoir joué juvénile AAA en basketball et AA en football à De Rochebelle, je suis recruté au cégep Garneau dans le club de football de niveau AAA et le basketball AA. Je peux donc poursuivre mes deux sports. Cependant, après une année à faire les deux sports et un camp de printemps de football très décevant, où je perds mon poste de partant, je décide de me concentrer sur le football et d’arrêter le basketball, le cœur gros.

Quelques mois plus tard, grâce à mon ancien coach de basket de Rochebelle, qui voyait en moi un grand potentiel comme entraîneur, on m’offre un poste d’entraîneur adjoint avec Éric Ségal et l’équipe juvénile masculine AAA. Je commence officiellement ma carrière de coach.

Hiver 2010, école secondaire De Rochebelle
Après une première année de football avec le RetO et en plein cœur de ma deuxième session du baccalauréat en intervention sportive, Marcel Auclair, responsable des sports de l’école me rencontre dans son bureau. Le poste d’entraîneur-chef de basketball masculin juvénile AAA est vacant, je suis un peu jeune et manque d’expérience, mais il croit en moi. Il me demande de bien y réfléchir et de déterminer si j’ai le temps avec mon football. C’est une opportunité en or, peu de coachs de basket ont la chance de coacher à ce niveau, surtout si jeune. Je vais trouver le moyen de faire cohabiter mes deux passions, mes deux sports, je l’ai toujours fait. C’est ainsi que ma carrière d’entraîneur a fait un grand bon vers l’avant et que maintenant, trois fois par semaine, je termine ma pratique de football vers 19h pour ensuite quitter vers Rochebelle coacher ma pratique de basketball de 19h30 à 21h30.

1er avril 2012
Coup de théâtre ! Nous gagnons le championnat provincial contre la puissante équipe du Collège Jean-de-Brébeuf de Montréal qui n’avait pas perdu de l’année. C’est le bonheur total, surtout après une saison 2010-11 sans victoire, ma première comme entraîneur-chef. J’ai eu la chance de coacher une superbe cohorte d’athlètes, dont mon frère fait partie, qui ont su repousser les attentes et performer à leur meilleur lorsqu’il le fallait. Quelle fierté !

Été 2013, PEPS de l’université Laval
En plein cœur de notre préparation physique estivale, les vétérans de l’édition 2013 du club de football RetO se rencontrent pour trouver une solution efficace au pire ennemi des équipes championnes, la complaisance. 2013 : objectif back to back ! La vengeance sur McMaster fut douce en décembre dernier, devant plus de 35 000 personnes, mais il faut passer à autre chose, au prochain défi. Le challenge à l’intérieur de l’équipe se passe bien, les joueurs sont au rendez-vous, la compétition aussi. On surveille le pouls de l’équipe, on sait ce qui est devant nous, la Coupe Vanier de retour à Québec. Chaque journée compte, chaque entraînement, here and now

Peu de temps avant le début du camp, Jacques Paiement Jr, entraîneur-chef du RetO basketball souhaite me rencontrer. Il m’offre un poste d’entraîneur adjoint et de préparateur physique avec le club et me propose de rejoindre l’équipe à la suite de ma saison de football. Après quelques jours de réflexion, j’accepte sa proposition, reconnaissant de l’opportunité et prêt à propulser ma carrière d’entraîneur de basketball au prochain niveau.

Ce qui me ramène ici…

Samedi 23 novembre 2013, début du quatrième quart
La main signalant quatre dans les airs, je regarde mes coéquipiers, mes partenaires sur la tertiaire ; Maximilien Ducap, Abel Boucher, J-P Bolduc, Chris Lavaud, on hoche de la tête, nous sommes pleinement conscients du moment. Calgary est revenu dans le match durant le troisième quart, ils ont même pris l’avance à un certain moment, mais ils vont perdre. Notre confiance est inébranlable, elle tire sa source des efforts et sacrifices que l’on a faits ensemble lors de la dernière année.

À un moment crucial du quatrième quart, Calgary remonte le terrain, mais Michaël Langlois frappe un receveur avec force et cause un échappé, je tombe sur la balle. L’offensive embarque, traverse le terrain à coup de grandes courses de Maxime Boutin et Pascal Lochard, et ce dernier met la rencontre hors de portée avec un touché.

Je vais toujours me souvenir de mon premier match de football. Je vais toujours me souvenir de mon dernier match de football, des feux d’artifices à la fin, de la foule qui a envahi le terrain du PEPS, de mes amis et ma famille qui m’ont retrouvé en plein milieu du chaos, de l’extase de la victoire.

Je vais toujours me souvenir des efforts, des sacrifices, de la discipline nécessaires pour venir à bout de ses rêves. Je comprends mieux maintenant l’importance de se responsabiliser et comment le leadership est crucial dans une organisation. De l’abnégation, une attitude essentielle dans le sport d’équipe si l’on veut accomplir quelque chose de plus grand que soi. Le club de football du Rouge et Or m’a transmis ces valeurs grâce à ses intervenants extraordinaires qui sont maintenant des mentors pour moi, notamment Glen Constantin, Marc Fortier et Raymond Veillette.

La transition
Me voici, trois ans plus tard, encore impliqué avec le Rouge et Or, complètement dans le basketball cette fois-ci. Je suis maintenant premier adjoint à Jacques Paiement Jr, et je fais de mon mieux pour transmettre mon expérience d’athlète et aider au développement de nos joueurs de basketball masculin. Je suis également toujours à Rochebelle, pour une septième année.

Finalement, je profite de cette plateforme pour faire une introspection sur ces dernières années, ma carrière d’athlète et mon passage avec le Rouge et Or et vous partager les moments forts et les leçons tirées. Lors du 23 novembre 2013, ce fut bel et bien la fin d’une période grandiose dont j’ai dû faire le deuil. Ce fut également le début d’un nouveau projet, de nouveaux rêves, de nouveaux objectifs. Je suis reconnaissant de pouvoir faire cette transition dans le milieu du sport de haut niveau avec le Rouge et Or.

Vincent Plante #36


BASKETBALL / CHARLES FORTIER

10 novembre 2016

Charles Fortier est détenteur d’un M.B.A. en finance de l’Université Laval. Membre fondateur de Planica Services Financiers pour qui il agit notamment comme conseiller en sécurité financière, il est également président du conseil d’administration du Club de basketball Rouge et Or, avec qui il a évolué de 2000 à 2005 comme ailier.

Il y a de ces gens qui ne font que passer, d’autres restent sans trop ne rien changer… et il y  a de ces rares personnes qui viennent former l’individu, modeler nos valeurs et marquer notre existence… ces gens qui en bout de ligne, font toute la différence. Je profite de cette tribune pour remercier un être qui a changé ma vie et dont l’œuvre sera soulignée le 13 novembre prochain lors du match d’ouverture de la saison 2016-2017 : Jacques Paiement.

D’Amos à l’Université Laval
Bien qu’issu d’une famille extraordinaire avec les meilleurs parents au monde, il y a une réalité qui ne peut être changée. Lors de mon enfance et adolescence, j’ai passé assurément plus de temps dans le gymnase qu’à la maison. À mes côtés, j’ai eu la chance d’avoir coach Jack pour m’enseigner non seulement le basket, mais également le respect du sport, des entraîneurs, de mes coéquipiers et de mes adversaires. Jack était définitivement ma référence et ma figure autoritaire en plus de maman et papa… même que mon père et ma mère auraient probablement à l’occasion aimé avoir la « pogne » que coach avait sur nous!

Originaire d’Amos en Abitibi, mes premiers balbutiements comme joueur de basketball eurent donc lieu en secondaire 1. Des problèmes d’asthme m’avaient à l’époque obligé à accrocher mes patins de jeune hockeyeur. Sportif dans l’âme, je devais alors me trouver un nouveau sport, une nouvelle passion… C’est à ce moment que j’ai rencontré le premier… et longtemps le seul amour de ma vie : Le fameux ballon orange.

Bien que ceci puisse paraître étrange, le club de basketball le Kodiak d’Amos, petite municipalité de moins de 13 000 habitants, représentait à cette époque l’une des puissances provinciales en basketball scolaire. Ce succès était en grande partie dû au « capitaine du bateau » : Jacques Paiement. Pendant exactement 29 ans, coach Jack a permis à des centaines de jeunes étudiants-athlètes d’apprendre dans un premier temps les bases techniques et tactiques du basketball… mais bien au-delà de ceci… de nous apprendre la vie. 

Si je m’arrêtais pour dresser le bilan de toutes les choses que coach Jack m’a enseignées, j’en aurais probablement pour quelques heures, car il était avant tout un pédagogue. Parmi tous ces apprentissages, l’un des plus beaux héritages que Jack a su nous laisser est sans aucun doute celui de nous apprendre à devenir un GAGNANT… chose qui n’est malheureusement pas acquise… ni héréditaire, mais qui s’enseigne et s’apprend. Gagner était une tradition dans notre petit programme le Kodiak et la conquête de neuf championnats provinciaux juvéniles masculins en font l’un des programmes les plus victorieux de l’histoire.  

Gagner et performer dans le respect
En plus de gagner de nombreux championnats, notre programme recueillait pratiquement chaque année,  la bannière du meilleur esprit sportif de la ligue provinciale, et ce, dans plusieurs catégories. On avait appris à faire les choses d’une seule manière : La manière Jack Paiement… manière respectueuse pour laquelle nous devions :

  • En tout temps enlever nos casquettes dès que l’on entrait dans un gymnase ou dans un restaurant par marque de respect;
  • Maintenir un langage propre et poli sans aucune utilisation de mots bibliques;
  • Ne jamais dans le cadre de notre statut d’étudiant-athlète utiliser les mots « OUI MAIS »… mots aujourd’hui trop souvent utilisés par les jeunes pour se justifier et trouver des excuses plutôt que de se responsabiliser pour ses erreurs;
  • Se comporter comme des modèles, avoir de saines habitudes de vie et ne jamais oublier le logo que l’on porte et représente.  

C’était ça la manière à Jack.

Tous ces petits apprentissages ici et là  m’ont permis de garder des souvenirs inoubliables de mon passage avec le Kodiak en plus de gagner deux championnats provinciaux. D’ailleurs ces deux conquêtes s’avèrent encore aujourd’hui les plus beaux souvenirs de toute ma carrière de basketballeur.

Puisque toute bonne chose a une fin, après m’être fait coaché par coach Jack pendant trois de mes cinq années au secondaire, j’ai quitté le nid familial pour rejoindre les rangs des Nomades du Cégep Montmorency à Laval. Pendant que de mon côté je cheminais vers les rangs universitaires, sans le savoir coach Jack faisait de même.

Les retrouvailles
La vie est souvent remplie de belles surprises, et coach m’a appris lors de mon avant-dernière saison collégiale qu’il quittait à son tour Amos pour migrer vers Québec et du même coup, devenir l’entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval. À cette époque, je ne considérais pas le RetO dans mes choix universitaires et mon seul but était d’aller jouer au sud de la frontière… soudainement les cartes venaient de se brouiller. Dans mon for intérieur, je savais que bien que le programme masculin RetO trainait dans les bas-fonds du classement universitaire depuis des années, ce n’était qu’une question de temps avant que le vent tourne de bord à l’Université Laval.

Une ère nouvelle
Les bons coachs attirent les athlètes de pointe et ces derniers permettent de recruter les meilleurs joueurs. C’est ce qui s’est passé à l’UL. Malgré une fiche de deux victoires et 20 défaites avant son arrivée en 1998-1999, dès 1999-2000 l’effet Jack s’est fait ressentir alors que l’équipe a terminé l’année avec une fiche de sept victoires contre 13 défaites malgré un début de saison de 0-7. La culture Jack Paiement ne faisait que débuter.  Des statistiques impressionnantes s’en sont suivies :  

  • Entraîneur RetO basketball masculin pendant neuf saisons;
  • Huit finales provinciales consécutives (a seulement manqué la finale provinciale à sa première année);
  • A procuré au Rouge et Or masculin les seuls cinq championnats provinciaux de son histoire;
  • A participé à deux demi-finales nationales;
  • Deux fois nommé entraîneur de l’année;
  • Premier entraîneur à affronter des programmes NCAA Division 1 et à les accueillir au PEPS.

Un riche héritage
Pour ma part, j’ai eu la chance de remporter les quatre premiers championnats de l’histoire du Club et encore aujourd’hui ces souvenirs sont bien gravés dans ma mémoire. Plusieurs de mes coéquipiers de l’époque demeurent encore aujourd’hui des amis précieux que je côtoie au quotidien…. et ma relation avec l’entraîneur qui a changé ma vie est toujours la même : On se connait et respecte au plus haut point, on a  vécu tellement de choses ensemble qu’on n’a souvent même plus besoin de se parler pour se comprendre : Un simple début de phrase, un regard ou un silence… et cela veut tout dire. C’est ça la vraie complicité, celle qui jadis se voyait sur le terrain… et qui se vit aujourd’hui à l’extérieur du parquet!

Coach Jack, merci d’avoir changé ma vie et celle de plusieurs jeunes étudiants-athlètes. Le rayonnement de ton œuvre et ton héritage va bien au-delà de ta carrière et tu peux te retirer en toute quiétude!!!

 

Charles Fortier #22


CROSS-COUNTRY / EMMANUEL BOISVERT

4 novembre 2016

Emmanuel Boisvert est étudiant à la maîtrise en comptabilité de l’Université Laval. Il porte les couleurs du Club d’athlétisme et cross-country Rouge et Or depuis 2011.

Allo tout le monde!
Je trouve très flatteur qu’on me demande d’écrire pour le blogue « Ma vie en Rouge et Or ».  La famille du Rouge et Or a influencé énormément tant mon développement sportif, professionnel que personnel. Il me fait donc un grand plaisir de vous partager mon cheminement universitaire « anormal » via cet article.

Une belle montée sur le circuit universitaire
Vice-champion canadien collégial en titre de cross-country, je rejoins le programme du Rouge et Or en 2011. Du coup, je  continue de travailler avec Félix-Antoine Lapointe, qui me dirige depuis mes débuts en 2007. À ma première saison universitaire, je suis nommé recrue de l’année provinciale. Puis, je termine huitième au Championnat canadien universitaire de 2012 et 14e en 2013. Ça me donne donc la chance d’être membre des équipes étoiles nationales. Sur le circuit civil, je suis également médaillé de bronze des Jeux du Canada de 2013 au 5000 m.

Au niveau collectif, notre équipe connaît une progression impressionnante. De 14e en 2010 au Championnat national, nous passons à la cinquième position en 2011 avant d’atteindre le podium deux fois, (deuxième en 2012 et troisième en 2013).

La suite de mon périple universitaire s’annonçait donc très positive avec une équipe si motivée.

Tout ce qui monte redescend
À la suite de notre belle saison de cross-country, en décembre 2013, je chute et subis un traumatisme craniocérébral modéré. Je suis malheureusement hospitalisé pendant deux semaines et je n’arrive pas à me souvenir de la première des deux.

Le bruit, la lumière, écouter les gens, tout me donne des maux de tête intenses. Je suis irritable, je n’ai plus d’odorat, plus de goût, je ne ressens plus d’émotions, je n’arrive pas à me concentrer et je prends ou change de décisions de manière irrationnelle. En plus de cette liste de conséquences difficiles à comprendre s’ajoute que je suis alité, sans jamais m’asseoir pendant une semaine et que je suis coincé avec une paralysie de Bell. Je ne suis donc plus capable de bouger la moitié droite de mon visage. Je vous garantis que ça fait de beaux sourires pour les photos de famille à Noël!

Après la première semaine, j’arrive à me tenir debout et à marcher, mais très lentement. Tout autour de moi semble bouger beaucoup trop vite. De plus, je ressens une pression très forte dans mon crâne (pression intracrânienne) et j’ai l’impression de vivre constamment dans un rêve.

Après avoir tout fait pour convaincre l’équipe médicale de me laisser partir, je reviens enfin à la maison, mais en partie atrophié musculairement. Mesurant 5’11’’, je ne pèse que 130 livres. Selon les spécialistes, je devrais pouvoir tenter de reprendre mes activités d’ici six à douze mois. Dans ma tête, un seul plan possible : prouver aux spécialistes qu’ils se trompent!

Le Rouge et Or, plus qu’une organisation sportive; c’est une vraie famille!
Le support de la part du Rouge et Or a été d’une grande importance dans mon retour, tant à la « vie normale » qu’à la « vie de sportif ». Le lendemain de ma sortie de l’hôpital, Félix‑Antoine Lapointe et le Conseil de Sport de Haut Niveau de Québec m’avaient déjà réservé une journée avec les spécialistes de la clinique Cortex. Félix-Antoine a d’ailleurs consacré sa journée entière à m’accompagner à ces rendez-vous. De plus, tout au long de ma réhabilitation, il m’a dirigé dans les recommandations des spécialistes; Dr Boulard (Neuropsychologie), Dr Fait (Thérapie du sport – Retour physique) et Mme Dupont (Physiothérapie). Félix s’est donc assuré que je respecte ce qui était prescrit afin d’effectuer un retour de manière optimale. Les suivis comportaient tant les sujets sportifs, scolaires, professionnels que personnels.

La présence des équipes de cross-country et d’athlétisme a certainement été un facteur clé dans ma motivation. C’était trop bien que mes coéquipiers me visitent si fréquemment à l’hôpital et à la maison. Ils venaient même me chercher afin de me permettre d’être présent aux entraînements et aux compétitions. En faisant une partie de ma réhabilitation pendant l’entraînement de groupe, je sentais que j’étais toujours un membre de « la famille ».

Malgré le fait qu’il m’arrivait d’être déplaisant, différent et plus difficile à côtoyer qu’avant, tout le monde m’aidait, me supportait et s’assurait que je progresse dans la bonne direction. J’ai donc vraiment eu de la chance d’avoir le Rouge et Or, ma famille et mes amis autour de moi dans un moment aussi difficile.

Une partie de notre belle famille – Championnat canadien universitaire SIC 2012

Le retour aux activités normales et ses difficultés
Heureuse surprise, quatre semaines après l’accident, il m’est permis d’essayer de recommencer à courir. Moi, qui courais en moyenne 120 km par semaine à l’automne et qui avais déjà fait une semaine de 195 km, je devais recommencer avec un horaire des plus limités (3 x 1 minute de course lente – 1 minute de marche). Être descendu si bas était assez difficile à accepter. Je n’arrivais pas à comprendre que je devais simplement me reposer et essayer de ne presque rien faire. Je voulais donc toujours en faire plus. Une chance que Félix-Antoine, l’équipe et les spécialistes étaient présents pour me raisonner et me contrôler afin de s’assurer que mes symptômes ne s’aggravent pas.

En avril, je reprends mes examens finaux que j’ai manqués pendant l’hospitalisation. L’Université Laval m’aide en me permettant, de un, de les reporter de quatre mois et, de deux, de les espacer dans le temps. J’avais une évaluation par semaine, ce qui me permettait de ne pas subir un bloc trop intense. La reprise des études était difficile parce que mon endurance cognitive, ma mémoire visuelle et mes méthodes de travail étaient déficientes. Cependant, grâce aux accommodations permises, ma réussite fut possible. Un gros merci à l’Université Laval!

Six mois après mon accident, je m’entraîne de nouveau « normalement ». Je complète des semaines de 110 km et je participe à une course sur route ainsi qu’une course sur piste. Heureusement, je réagis bien, tant physiquement que cognitivement. Toutefois, contrairement à ce que le cheminement régulier prescrit, je ne travaille toujours pas à temps plein. Pour ce qui est de ma paralysie faciale, après avoir fait des exercices pendant deux mois, à raison de six fois trente minutes par jour, les conséquences sont rendus minimes et banales. Bonne nouvelle, je ne serai pas un Jean Chrétien #2! Malheureusement, je n’ai toujours pas retrouvé l’odorat (ni à ce jour). Toutefois, ma situation progresse toujours plus vite que ce qui était prévu!

Ça ne peut pas toujours bien progresser
Entre un à deux ans après mon accident, mes performances sont très variables. L’entraînement du lundi est bien réussi, tandis que j’arrive complètement exténué de ma semaine à celui du vendredi. Ma « batterie d’énergie » se vidant plus rapidement qu’avant mon accident, je me rends compte que je n’arrive plus à combiner entraînements, études et travail rémunéré aussi bien qu’auparavant.

La motivation devient de plus en plus difficile à conserver puisque, même en continuant à m’entraîner sérieusement, je ne me rapproche toujours pas de mon niveau de forme préaccident. Je veux bien continuer à m’entraîner fort, mais je dois également réfléchir à ma carrière professionnelle et je ne peux certainement pas cesser de travailler. En ayant quitté le nid familial à 18 ans, je dois subvenir à mes besoins, ce qui peut se faire en combinant travail rémunéré et bonne gestion de ses finances. Toutefois, heureusement que j’ai de l’aide, petite ou grande, financière et morale, de la part de commanditaires; Malenfant Dallaire, Egyde, Fradette Sport, New Balance, Dr Veilleux – Orthodontiste et Dr Dallaserra – Dentiste.

Retour à des performances de haut niveau
Durant l’année 2014-2015, je ne concours pas sur le circuit universitaire. Je prends tout de même part à deux petites compétitions civiles à la fin de l’hiver 2015 afin de tester mon niveau de forme. Malheureusement, je peine à atteindre les chronos que je réussissais à 17 ans.

Malgré les difficultés, les questionnements et les résultats peu motivants, je décide de continuer à consacrer une grande partie de mon temps à la course à pied jusqu’à la fin de ma maîtrise (MBA-Comptabilité). Je me convaincs de continuer en me disant que je vais m’amuser avec mes coéquipiers lors des entraînements.

Au printemps 2015, je pars en camp d’entraînement avec un petit groupe de l’équipe. Mes deux semaines comportent respectivement 155 et 150 km de course. Les conditions d’entraînement sont optimales; je me repose bien et je récupère bien. Je réussis à cesser de comparer mes chronos avec ceux d’avant l’accident et retrouve le plaisir de me dépasser à l’entrainement. Durant l’été, mes performances sont encore instables, mais je me rapproche petit à petit du peloton de tête de l’équipe.

L’automne 2015 est la saison la plus instable de mon retour post-accident. Par rapport à l’équipe, je suis le 10e coureur à notre compétition à Québec, mais notre premier au Championnat canadien universitaire. Ma 13e position à ce championnat, dont ma sélection sur les équipes étoiles canadiennes, confirme donc officiellement que je suis de retour à mon niveau de forme préaccident. De plus, en équipe, notre médaille de bronze nous place sur le podium pour une 4e année consécutive.

Deux semaines après le Championnat canadien universitaire se déroule celui civil. À la suite de ma dernière performance, je me fais maintenant confiance et je décide de courir dans le peloton de tête. Je me joins aux olympiens et autres coureurs qui ont déjà été membres d’équipes nationales. Je termine 11e, à seulement une seconde du top 10. Du coup, je suis le premier coureur à ne pas être sélectionné sur l’équipe canadienne pour la Coupe Panaméricaine. Je suis très déçu, mais, d’un point de vue plus positif, cette course représente tout de même ma meilleure performance à vie.

Championnats canadiens universitaire et senior 2015
(Respectivement, 3e en équipe, 13e individuel et 11e individuel)

L’année 2016-2017, celle qu’on se rappellera
L’automne 2016 semble la saison parfaite pour l’équipe de cross-country. Elle est formée du même noyau d’athlètes que les équipes médaillées des années précédentes. Une plus grande expérience de la part de ces coureurs en plus d’un recrutement de pointe fait en sorte que l’objectif d’être champions canadiens est plus que réaliste. Dans la même optique, selon les classements U Sports hebdomadaires, les entraîneurs des autres universités nous prédisent champions. Nos coureurs ont même raflé les neuf premières positions du Championnat provincial. De mon côté, j’ai dû me contenter de mener la première moitié de la course parce que je me suis tourné la cheville après 4,5 km. Je reste tout de même super fier de notre équipe et les physiothérapeutes du Rouge et Or s’occupent bien de ma cheville. Ne vous inquiétez pas, Charlotte Vallières-Villeneuve et Marie-Claude Cyr la traite aux petits oignons!

Crédit photo : Jérôme Bergeron – Championnat provincial universitaire et senior 2016 (De gauche à droite : Alexandre Ricard, Benjamin Raymond, Emmanuel Boisvert, Yves Sikubwabo, Charles Philibert-Thiboutot)

De retour aux choses sérieuses, le Championnat canadien sera à la maison cette année. Nous connaissons donc très bien le parcours. C’est le moment idéal de montrer à tous que, même dans les sports les moins suivis comme le cross-country, l’Excellence c’est Rouge et Or! N’hésitez donc pas à venir nous encourager et vous amuser avec nous le 12 novembre prochain sur les Plaines d’Abraham.

L’heureux problème d’un athlète de haut niveau
En tant qu’athlète de haut niveau, en étant à la limite d’être sélectionné sur l’équipe nationale, il est très difficile de prendre la décision de s’entraîner à temps plein. De plus, dans un sport qui est, en dehors du circuit universitaire, peu médiatisé au Québec, le financement est rare et difficile à obtenir. Ça fait en sorte que beaucoup d’athlètes cessent de s’entraîner pour se consacrer uniquement à une carrière en lien avec leur domaine d’études. Cependant, pour un athlète d’endurance comme moi, le niveau optimal de performance se déroule normalement au début de la trentaine. Ça annonce donc de belles années à venir!

Le questionnement, à savoir est-ce que je tente l’expérience, est-ce que je m’entraîne à temps plein et que le sport devienne mon emploi, est constamment dans mes pensées. Puisque j’ai la chance de travailler chez Malenfant Dallaire, un cabinet d’experts-comptables où l’aspect humain est très important, je m’entraînerai à temps plein l’hiver prochain. Je dois malheureusement quitter le Québec à cause de nos conditions climatiques qui nuisent à l’entraînement et qui augmentent le risque de blessures. Ce sera donc une année difficile au niveau financier, mais remplie de magnifiques défis à relever.

« A runner must run with dreams in his hearth, not money in his pocket. »

– Emil Zátopek, triple champion olympique des Jeux d’Helsinki de 1952 (5 000 m, 10 000 m et Marathon)

Donner au suivant
Toute l’aide que j’ai reçue, comme je vous l’ai expliqué, a été d’une grande importance dans ma réhabilitation. Je sais que ce que je vais dire est cliché, mais c’est exactement ce que je ressens. Le désir de réussir et la persévérance, additionnés du support de l’organisation du Rouge et Or, de la famille, des amis et des commanditaires, m’ont permis de vivre des moments qui seront gravés à jamais dans ma mémoire (et dans mon cœur).

Puisque la majorité des gens n’ont pas la chance de bénéficier d’un support si intense et de manière continue, j’ai décidé de donner de mon temps à la Fondation Pier-Yves Bouchard. Nous venons en aide aux victimes de traumatisme craniocérébral sportif tout en nous impliquant dans la prévention de ce type de blessure.

Encore une fois, je remercie la famille du Rouge et Or ainsi que toute personne qui m’a aidé de près ou de loin! #VivaLaval

 

Emmanuel Boisvert


FOOTBALL / MATTHIEU PROULX

28 octobre 2016

Matthieu Proulx est bachelier en Droit de l’Université Laval. Actuellement animateur pour le réseau de télévision RDS, il a évolué de 2005 à 2010 comme maraudeur avec les Alouettes de Montréal dans la Ligue canadienne de football, après avoir porté les couleurs du Club de football Rouge et Or de 2001 à 2004.

Vous comprendrez qu’il est très difficile d’écrire un simple texte pour expliquer ma vie en Rouge et Or. Il faudrait possiblement rédiger un livre complet pour y arriver avec justesse. Mais voici tout de même une tentative.

J’ai commencé à jouer au football à l’âge de 18 ans. Originaire de Gatineau, le football n’était pas un sport très populaire dans la communauté francophone de mon patelin. Mon école secondaire et ma ville n’offraient pas la chance à ses jeunes de s’adonner à ce sport qui deviendrait si important dans ma vie personnelle et professionnelle.

J’ai donc entrepris mes premiers pas sur un terrain de football d’Ottawa où je me suis vite découvert une passion et un talent naturel. L’année suivante, je déménageais à Montréal pour m’aligner avec le Phénix du Collège André-Grasset. Une autre année remplie de succès m’a permis d’être convoité par de nombreuses universités canadiennes.

J’ai visité l’Université Laval pour la première fois en février 2001. Ma visite avec les entraineurs, les joueurs, le complexe sportif et le campus a duré environ quatre heures, mais après 15 minutes, ma décision était prise! On peut parler d’un coup de foudre. Mon contact avec les joueurs, l’atmosphère positive et l’énergie débordante de tous sur place ont été suffisantes pour me convaincre d’y passer mon stage universitaire.

Glen Constantin m’a convaincu que j’avais ce qu’il fallait pour connaitre du succès au niveau universitaire. Il a cru en moi et il avait raison. J’ai visionné le « highlight » de l’année précédente (2000) et j’ai reçu l’encouragement des vétérans tels que Jean-Frédéric Tremblay et Pascal Masson. J’avais le goût de fouler le fameux terrain du PEPS plus que jamais. Le Rouge et Or m’a appris à rêver.

À mon premier camp d’entrainement, j’ai découvert que mon parcours ne m’avait jamais confronté à une telle charge de travail et à un tel niveau de compétition. Si bien que j’ai dû passer mon premier match universitaire sur les lignes de côté habillé en « civil » parce que je n’avais pas été en mesure d’en montrer suffisamment pour être de la formation. J’aurais à prouver ma valeur et gravir les échelons. Le Rouge et Or m’a appris l’humilité.

J’ai obtenu ma première chance face aux Gaiters de Bishop’s alors que j’avais la responsabilité d’effectuer les retours de bottés. Mon père, si fier, m’a présenté l’article de journal qui en parlait comme s’il me présentait un billet de loterie gagnant.

Je me souviendrai toute ma vie du moment où, en sortant du vestiaire, j’ai tourné le coin aux abords du stade et que mon cœur s’est arrêté. La foule nombreuse et tellement bruyante m’a donné des frissons dans le dos et une dose d’énergie incroyable.

J’ai connu un bon premier match et j’ai eu le privilège d’être en uniforme pour toutes les autres rencontres de ma carrière universitaire. J’ai défendu les couleurs de l’Université Laval pendant quatre saisons. J’ai eu la chance de jouer devant des foules de plusieurs milliers de personnes et de jouer pour une équipe et un programme gagnant. Le Rouge et Or m’a appris à être fier de mes accomplissements et à devenir  moi-même un gagnant.

C’est grâce aux enseignements de mes entraineurs et aux conseils de mes préparateurs physiques que j’ai commencé à réaliser qu’il n’y avait pas de raccourci pour arriver au sommet. C’est en regardant les vétérans que j’ai compris comment pratiquer et me préparer pour les matchs. Le Rouge et Or m’a appris à bien travailler et à travailler fort.

J’ai partagé mon temps entre les salles de classe, la bibliothèque, le terrain de football, la salle de vidéo et la salle d’entrainement. J’ai dû donner tout ce que j’avais pour arriver à mériter le respect de mes coéquipiers, de mes entraineurs et de mes adversaires. Le Rouge et Or m‘a appris la rigueur et l’éthique de travail.

J’ai terminé mon stage avec d’innombrables victoires mémorables, des championnats de conférence et deux coupes Vanier. Mais j’ai surtout fini mon stage universitaire avec des souvenirs qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire et des leçons de vie qui resteront avec moi pour le reste de mes jours.

Je suis rentré à l’Université Laval un adolescent, le Rouge et Or a fait de moi un homme.

Je ne pourrais terminer ce texte sans une mention spéciale pour un homme qui a transformé ma vie : Marc Fortier. Marc était mon entraineur de position, mon entraineur d’unités spéciales et un de mes préparateurs physiques. Pas besoin de vous dire que je le voyais plus souvent que ma blonde. Marc est un homme très exigeant de qui j’ai appris la plupart des leçons que j’ai soulignées jusqu’à présent. Il m’a poussé plus fort et plus loin que je n’aurais jamais pensé pouvoir aller. Grâce à lui, encore aujourd’hui, je m’applique dans tout ce que je fais comme si ma vie en dépendait. Régulièrement, je réalise la chance que j’ai eu de croiser le chemin d’un homme qui a eu une empreinte si positive sur moi. Je vous souhaite tous de croiser un Marc Fortier dans vos vies !

Ma vie en Rouge et Or c’est aussi :

La colocation avec trois merveilleuses personnes et coéquipiers extraordinaires (Jean-Frédéric Tremblay, Pascal Masson et Francis Boivin)

C’est fouler le terrain avec un ami d’enfance, Phillip Gauthier.

C’est de rassembler toute ma famille au même endroit pour supporter un des leurs.

C’est les fêtes d’après-match au pub ou au centre-ville.

C’est me lever tôt le matin pour aller courir sur la piste d’athlétisme…et parfois vomir dans les poubelles aux abords de ladite piste.   

C’est mon job d’été de teindre les estrades de 6h30 du matin à 15h30 de l’après-midi.

C’est le début d’une vie professionnelle que je n’aurais jamais soupçonnée.

C’est tout ça et encore bien plus !! GO LAVAL GO !!

 

Matthieu Proulx


ROUGE ET OR / MATHIEU TANGUAY

21 octobre 2016

Mathieu Tanguay est détenteur d’un baccalauréat en communication publique de l’Université Laval. Ancien journaliste et animateur au sein de différentes stations de radio de Québec, il occupe le poste de chargé de communication du programme d’excellence sportive Rouge et Or depuis l’été 2012.

Histoire d’un saut dans le vide
Nous sommes le matin du vendredi 1er juin 2012. Je suis au Colisée Pepsi, à mon bureau de la station de radio Québec-800, en train de préparer ce qui sera ma dernière émission à cette antenne plus tard dans l’après-midi. Un mois plus tôt, je rencontrais mes patrons qui m’informaient que mon contrat ne serait pas renouvelé. Les propriétaires allaient mettre la clé dans la porte de cette station radiophonique au mois de septembre suivant, mais à ce moment, il ne s’agissait que de rumeurs… Une fois passé le sentiment de tristesse et de frustration de réaliser que je ne faisais plus partie de la solution, je partais à la recherche d’un nouvel emploi. Évidemment, mes premiers appels étaient placés auprès de mes contacts dans le milieu de la radio de Québec. C’est un petit monde, et après 10 ans à y travailler comme journaliste, recherchiste et animateur, j’y connaissais bien des gens dans plusieurs stations. J’avais de bonnes discussions et même des offres concrètes sur la table, mais pour l’instant aucune promesse au-delà des remplacements d’été. C’est alors qu’une nouvelle offre est venue brouiller les cartes.

Retour à ce fameux 1er juin. Mon téléphone sonne.

– « Bonjour Mathieu, Luc Lamontagne du Service des activités sportives de l’Université Laval. Es-tu toujours intéressé par le poste de chargé de communication du programme Rouge et Or? »
– « Euuu oui? »
– « Il est à toi. »

Soudainement, un tsunami d’émotions m’habite. Un soulagement, d’abord, de me trouver rapidement un emploi sans me ronger les ongles pendant quelques semaines au chômage. De la fierté, d’être passé au travers d’un processus d’embauche rigoureux, possiblement plus que la normale puisque c’est mon ami Stéphane Jobin, qui occupe l’autre poste de chargé de communication au Rouge et Or, qui m’a incité à appliquer sur cette ouverture. On n’embauche pas l’ami de l’autre sans faire les vérifications qui s’imposent! Une certaine tristesse, puisque cela voulait dire que je tournais le dos à 10 ans de ma vie professionnelle, et qu’après ma dernière émission cet après-midi-là, je ne ferais peut-être plus jamais de radio. Et enfin une certaine crainte; fini le journalisme, place aux relations publiques. Bien que je n’allais assurément pas m’ennuyer de l’instabilité chronique du domaine radiophonique, où tu es constamment assis sur un siège éjectable, allais-je aimer mon nouveau domaine, moi qui étais passionné par le métier de journaliste et d’animateur radio?

L’inconnu n’est pas si effrayant, finalement
Après une courte semaine de vacances à l’extérieur en famille, je revenais à Québec pour commencer ma nouvelle carrière. J’ai rapidement réalisé que je n’étais pas totalement en terrain inconnu. Et que mon passé allait beaucoup aider mon avenir. Les relations médias sont un pan important de mon travail, et étant journaliste dans l’âme, je sais donc ce qu’ils recherchent. Plus facile de leur donner ce dont ils ont besoin, tout en faisant la promotion et en protégeant l’image du Rouge et Or!

Mon nouvel environnement m’a charmé dès le départ. Les employés du Service des activités sportives, plus spécifiquement la petite équipe des communications, sont tous des crinqués, qui comme moi, se dépassent constamment pour être fiers de dire « Nous sommes les meilleurs ». Du directeur au coordonnateur en passant par la graphiste, le webmestre ou la secrétaire, j’étais entouré de passionnés qui ne comptent pas les heures pour trouver la recette du succès. Facile, dans ces conditions, de s’imprégner du slogan du programme Rouge et Or, « De gloire et d’excellence »!

Maintenant, ça fait quoi, un chargé de communication du Rouge et Or? Ma job, c’est de couvrir et de faire parler des 17 équipes du programme d’excellence sportif de l’Université Laval. Pas juste de football! Le Rouge et Or, c’est près de 500 étudiants-athlètes au total. Vous pouvez donc déduire qu’ils ne jouent pas tous sous les ordres de Glen Constantin, mais leur performance ne mérite pas moins d’attention pour autant.

Comment met-on en lumière les performances des étudiants-athlètes des équipes Rouge et Or? De bien des façons :

Présence à chaque compétition locale : le résumé de match de football / soccer / rugby / basketball / volleyball, etc. que vous lisez sur le site Web Rouge et Or, on l’a écrit après avoir assisté à l’événement un soir ou un après-midi de la fin de semaine ;

Alimentation des comptes de médias sociaux du Rouge et Or : ce que vous voyez sur les comptes et pages Rouge et Or sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et Flickr, c’est nous qui l’avons mis en ligne. On est d’ailleurs plutôt fiers du travail accompli sur le réseau social de Mark Zuckerberg, puisqu’avec plus de 53 000 fans, le Rouge et Or domine et de trèèèèès loin le circuit universitaire canadien, devançant les Carabins au deuxième rang, qui eux ont… 19 000 fans! Jamais désagréable de battre Montréal ;) ;

Gestions des demandes médiatiques : Chaque année, nous devons répondre à entre 1200 et 1500 demandes des médias, allant d’un simple envoi d’une photo par courriel à une demande d’entrevue téléphonique avec un entraîneur ou à la gestion d’un tournage télé avec différents étudiants-athlètes ;

Organisation de conférence de presse : Lorsque vous voyez des nouvelles concernant le Rouge et Or à la télé ou dans les journaux, outre les résumés de rencontre, c’est parfois grâce aux conférences de presse que nous avons concoctées. Nous sommes d’ailleurs chanceux d’avoir une aussi bonne collaboration des médias de Québec, qui répondent toujours présent à nos invitations! ;

Production de la Web-émission hebdomadaire Rouge et Or Express : Chaque lundi on co-réalise avec nos amis de Productions Nücom un bulletin sportif à la « Sports 30 » consacré au Rouge et Or, un produit vidéo de qualité sur lequel on aime beaucoup travailler ;

Gestion du blogue Ma vie en Rouge et Or : Chaque semaine, on recrute des gens qui ont une histoire intéressante à raconter dans un blogue comme celui que vous lisez actuellement. Une belle vitrine pour nos étudiants-athlètes, qui peuvent raconter leur histoire dans leurs propres mots!

Ce n’est qu’une petite partie de notre longue liste de tâches, mais comme je me plais à dire, « on n’opère pas à cœur ouvert! » De faire tout ça, premièrement dans un domaine sportif, et deuxièmement dans un environnement aussi stimulant que le PEPS et le Rouge et Or, c’est excitant! J’ai d’ailleurs eu la chance, depuis mon arrivée il y a quatre ans, d’être témoin de grandes réussites de la part de nos équipes lavalloises, qui ont gagné quatre titres nationaux, dont trois à la maison!

En soccer, de voir notre équipe féminine devenir en 2014 la première université québécoise de l’histoire à gagner le Championnat canadien, et ce, en détruisant l’équipe favorite de Trinity Western 5-0 devant les fans au Stade TELUS-UL, c’était exaltant!

En football, la Coupe Vanier gagnée sous nos yeux en 2013 au Stade TELUS-UL était très spéciale. De me retrouver dans le vestiaire pour le discours du coach et l’ouverture des bouteilles de champagne, c’était magique!

Mais ça ne réussit pas à surpasser la fierté et les émotions ressenties lorsque notre équipe masculine de volleyball a déjoué les pronostics et soulevé une foule complètement déchaînée dans le Stade couvert du PEPS en gagnant le 3 mars 2013 le titre national pour la première fois en 19 ans!

Sur la galerie de presse, je n’étais plus vraiment un employé à la fin de ce match, mais plutôt un fan! Je vais d’ailleurs me souvenir de cette date toute ma vie, parce qu’au lendemain de ces émotions sportives et professionnelles, j’en vivais de manière encore plus puissante au niveau humain, avec la naissance de ma deuxième fille Naomi!

Un autre téléphone important
En juin dernier, j’ai reçu un autre appel important. On me confirmait qu’au terme du processus d’entrevues avec différents postulants d’à travers tout le pays, j’obtenais le poste de gestionnaire de l’équipe des communications de l’équipe canadienne qui prendra part aux Universiades à Taipei, Taiwan, en août 2017! Les Universiades, ce sont les Jeux olympiques des étudiants-athlètes universitaires, qui sont plus de 10 000 à y prendre part, répartis dans les quelque 200 pays représentés. En matière de grandeur d’événement, outre les JO, il ne se fait pas plus gros! J’aurai donc la chance de couvrir les exploits des étudiants-athlètes canadiens, dont assurément quelques-uns du Rouge et Or! Incroyable quand je pense que je n’aurais probablement jamais visité Taiwan dans ma vie, si ce n’était de cette opportunité extraordinaire.

C’est fou, quand je pense que toutes ces expériences uniques, je ne les aurais pas vécues si quatre ans auparavant, je n’avais pas décidé de faire un bond dans le vide. Laisser derrière moi la vie professionnelle que j’avais toujours connue depuis 10 ans, celle de journaliste et animateur radio, pour tomber du côté du « dark side » de la force, comme on s’amuse à l’appeler, celui des relations publiques. Avec le recul, c’est indéniable : impossible de regretter ce choix que je referais les yeux fermés aujourd’hui!

#GoLaval

Mathieu Tanguay


SOCCER MASCULIN / BASTIEN AUSSEMS

14 octobre 2016

Bastien Aussems est étudiant en Intervention sportive à l’Université Laval. Il fait partie du Club de soccer Rouge et Or depuis l’automne 2016.

Jeudi 30 Juin 2016. Le réveil sonne, il est 3h45 du matin.

Ma nouvelle vie commence maintenant. Je prends la route de l’aéroport, direction Québec, au Canada.

Me voilà, 15 heures plus tard, en compagnie de Samir Ghrib, mon futur entraîneur au Royal Sélect de Beauport ainsi qu’au Rouge et Or de l’Université Laval.

Depuis notre prise de contact en janvier, de l’eau a coulé sous les ponts. D’ailleurs, parlons-en, j’ai d’abord pris part à un camp de sélection filmé par la World Athletes Company, qui a envoyé des images aux entraîneurs universitaires nord-américains. C’est de cette manière que j’ai pu prendre contact avec Samir. Se posait maintenant la question des études. Ayant échoué les miennes en France et ne pouvant pas entrer à l’université, j‘ai intégré le milieu du travail en laissant mon rêve de devenir professionnel de côté. J’avais pourtant donné le meilleur de moi-même pour obtenir une place dans un des centres de formation professionnelle en France (Angers SCO, Evian TG et FC Istres OP), mais malheureusement sans succès.

Pour entrer à l’Université Laval et jouer pour le Rouge et Or j’ai donc dû me replonger plus tôt que je ne le pensais dans mes livres, puisque je devais obtenir un Diplôme d’Accès aux Études universitaires à l’aide d’une formation qui se donnait à une heure et demie de chez moi. Je m’y suis rendu tous les jours pendant quatre mois. Mes efforts furent récompensés; j’ai obtenu ce diplôme et donc pu intégrer le Rouge et Or. Avant cela, j’occupais un poste de responsable dans la section du surgelé dans un magasin grande surface, pendant plus de deux ans et demi. Je me suis levé à 3h30 tous les matins afin d’assurer le ravitaillement et le réassortiment des rayons. Cette expérience m’a permis de réaliser l’importance des études et m’a aidé dans mon développement personnel. Mes nombreux déménagements et les différents pays où j’ai habité m’ont également aidé à m’ouvrir aux autres et à découvrir différentes cultures (asiatique, béninoise, réunionnaise, etc.). Cela ne m’a donc pas effrayé de partir à l’aventure cet été et de tout quitter.

Mon choix du Rouge et Or
Dès ma première conversation avec Samir, le courant a très bien passé et il m’a bien vendu le Rouge et Or. Avant même d’arriver, je connaissais déjà l’importance de revêtir le chandail de l’Université Laval. Les installations ainsi que la réputation de l’Université ont penché positivement dans la balance. En effet, ces installations sportives sont incroyables; tout y est fait pour le bien-être des étudiants-athlètes. La ville de Québec est magnifique et mon intégration a été facilitée par mon arrivée plus tôt dans l’été. Nous avons convenu, Samir et moi, d’une arrivée plus rapide, afin de m’acclimater et faciliter mon intégration. De plus, certains joueurs du Rouge et Or évoluent également avec le Royal Sélect de Beauport, ce qui a vraiment aidé les choses. J’ai pu m’habituer à la dureté et l’engagement physique du soccer québécois. Cela m’a également permis de retrouver une bonne condition physique et de me mettre en confiance en vue de la saison universitaire plutôt courte et très intense. J’espère que ma bonne série va se poursuivre, et qu’on va pouvoir effectuer une grande saison.

Ma vie à Québec
Je suis très épanoui depuis mon arrivée à Québec, tant au niveau sportif qu’affectif et avec en prime une belle qualité de vie. La ville est vraiment superbe et les alentours le sont tout autant. J’ai également la chance de ne pas vivre cette expérience tout seul. Mon petit frère Corentin est une recrue chez les Stingers de Concordia et ma petite amie, Laure-Anne, a accepté de tout quitter afin de me suivre ici et également d’étudier à l’Université Laval. De plus, les gens sont vraiment accueillants et je découvre une mentalité totalement différente de celle du sud de la France. Je pense vraiment être chanceux et bien entouré ici à Québec que ce soit académiquement, sportivement et personnellement. Tout me sourit en ce moment et j’espère m’installer ici par la suite pour y construire ma vie au Québec.

Le vendredi 14 octobre 2016, Terrain 6 du PEPS, nous recevons l’Université de Montréal. C’est la première fin de semaine où l’on joue deux matchs à la maison. Le duel contre les Carabins est important pour nous, car on doit prouver que le match aller n’était qu’une erreur! Nous avions effectué une première mi-temps quasiment parfaite là-bas. On va donc devoir être constant pendant tout le match cette fois-ci. On espère qu’il y aura du monde pour les deux matchs contre l’UdeM et l’UQAM. De plus, les filles feront une bonne action le dimanche en jouant en rose pour soutenir la recherche sur le cancer du sein. La dynamique du moment est bonne et on espère la conserver pour finir le plus haut possible au classement. Ce qu’on peut me souhaiter pour la suite ? Marquer encore des buts et aider à la réussite du soccer Rouge et Or, auquel je suis maintenant grandement attaché!

Bastien Aussems


NATATION / EDOUARD LEHOUX

7 octobre 2016

Edouard Lehoux est étudiant en Génie industriel à l’Université Laval. Il fait partie du Club de natation Rouge et Or depuis 2014.

Ma première Traversée du lac St-Jean à la nage
La natation est quelque chose qui prend beaucoup de place dans ma vie, elle me permet de trouver le bon équilibre au quotidien. Français d’origine, j’ai tenté de trouver cet équilibre entre les études et le sport et c’est à l’Université Laval que j’ai su le trouver.

Cela fait maintenant plus de deux ans que je m’entraine au sein de ma deuxième famille : le Rouge et Or natation, dans le but d’améliorer mes performances et d’atteindre mes objectifs.

À mon arrivée, je disposais déjà d’un certain bagage au niveau sportif, je n’étais pas un nageur extraordinaire, disons que j’avais un bon niveau national. J’ai toujours eu plus de facilités pour les courses de longues distances, en effet, il ne s’est pas passé beaucoup de compétitions sans que je prenne part à une course de 400 mètres ou de 1500 mètres.

Peu de temps avant mon arrivée au Québec, j’ai pris goût à une nouvelle discipline : la nage en eau libre. Cette discipline consiste à effectuer des épreuves de très longues distances pouvant aller de 5 kilomètres jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres. Jusqu’à cet été, ma plus longue distance réalisée en compétition s’élevait à 25 kilomètres. Pour vous donner un ordre d’idée, un bon nageur effectue environ 5 km/h, pour ma part j’ai effectué mon 25 kilomètres en 5 heures et 13 minutes, ce qui m’a hissé au troisième rang du classement national français.

Certains penseront que je suis fou d’effectuer de telles distances, mais j’avais envie d’aller encore plus loin. Pour moi, cela signifiait participer à la célèbre Traversée internationale du lac St-Jean, reliant chaque année Péribonka à Roberval sur une distance de 32 kilomètres.

Bien entendu, pour réaliser ces épreuves j’ai dû modifier ma façon de m’entrainer autant au niveau quantitatif que qualitatif. Fini pour moi les semaines d’entrainements de 40 kilomètres, fini aussi les saisons qui s’achèvent après les Championnats canadiens universitaires (fin février), désormais c’est presque le double de kilomètres ainsi que six mois d’entrainements supplémentaires du fait que les compétitions d’eau libre se déroulent en plein été. Ah oui… j’oubliais aussi les entrainements en lac qui s’ajoutent à ceux dans la piscine du PEPS ainsi que les nombreuses douches et bains froids permettant de préparer au mieux mon corps aux eaux fraîches du lac St-Jean.

J’ai peut-être l’air de me plaindre mais tout cela c’est moi qui l’ai voulu et je ne l’ai pas regretté, je voulais vraiment performer et mettre toutes les chances de mon côté.

Dimanche 24 juillet 2016, je prends la route pour Roberval accompagné de mes parents qui ont traversé l’Atlantique pour assister à ma Traversée. L’échéance est proche, ma coéquipière Sabryna Lavoie et moi commençons à ressentir une certaine appréhension, comme une impression de vouloir en finir, de savoir si tous ces kilomètres ont porté leurs fruits. La semaine avant la course passe à toute vitesse, entre entrainements, conférences de presse, présentations des athlètes, souper dans les rues de Roberval et les réunions techniques, je ne vois plus le temps passer.

Je me retrouve maintenant dans ma chambre d’hôtel, allongé sur mon lit, fixant le plafond, il n’est même pas 21h et pourtant il faut que je dorme, car le réveil sonnera à 4h le lendemain. Énormément de questions me traversent l’esprit : « Vais-je être capable de finir la course ? »,  « Quelles conditions le lac me réservera-t-il ? »… après de longues minutes, je finis par trouver le sommeil.

Dimanche 31 juillet 2016, le jour J est enfin arrivé, il est 4h15 et je m’apprête à rejoindre les autres compétiteurs jusqu’au bus qui nous déposera de l’autre côté du lac St-Jean, à Péribonka exactement. L’ambiance durant le trajet est plutôt calme, le stress et la tension se font ressentir.

7h : nous arrivons sur les lieux du départ, 60 minutes nous séparent du coup d’envoi, 60 minutes qui passent à une vitesse folle. Plus le temps de stresser, il faut « s’habiller », s’enduire de cette pâte blanchâtre composée de vaseline et de poudre de zinc qui nous permettra de maintenir au mieux notre température corporelle tout au long de la course.

7h30 : dernière présentation de tous les athlètes devant quelques centaines de personnes venues exprès pour l’occasion. Je monte sur l’estrade lorsque j’entends mon nom et découvre avec grand plaisir la présence de mes coéquipiers du Rouge et Or natation qui m’encouragent de toutes leurs forces.

7h50 : nous sommes maintenant à 10 minutes du grand départ, face à nous la rivière Péribonka. Nos entraineurs embarquent au même moment dans leurs petites chaloupes rouges marquées de nos noms respectifs.

20 secondes avant le coup d’envoi, je suis encore sur le bord, l’eau n’a pas l’air chaude pourtant il faudra s’y jeter d’un moment à l’autre. Je m’arrête de réfléchir, prends une grande inspiration et m’élance.

Les premiers mètres sont glaciaux, l’eau annoncée à 68 degrés Fahrenheit ne dépasse pas selon moi les 62, j’essaye de me convaincre que ce n’est pas si froid et un mouvement après l’autre, je sens mon corps se réchauffer.

Je me retrouve maintenant côte à côte avec mon compatriote français Bertrand Venturi, étant plus expérimenté que moi dans ce genre de courses je décide de me fier à lui et de lui tenir compagnie. Très vite, le groupe de tête nous échappe et nous nous retrouvons seuls. Quelques centaines de mètres devant nous se trouve la tête de course, visiblement nous n’avons pas pris le bon wagon.

Avec Bertrand, nous profitons de nos ravitaillements pour mettre au point une stratégie visant à rattraper le groupe. Pendant peut-être 1h30 nous nous relayons à tour de rôle pour combler le retard que nous avions pris. Après 2 heures de course environ, nous réussissons à recoller le groupe de tête. Déjà 10 km de parcouru, le pire reste à venir…

Les 12 km suivants se firent en groupe, une quinzaine de nageurs et nageuses se bataillaient pour prendre la meilleure place, peaufinaient leurs stratégies, mais surtout essayaient « d’avaler » les kilomètres tout en étant le plus économique possible afin de pouvoir arriver au bout. De mon côté, je ne savais plus trop où me placer, mon manque d’expérience m’a peut-être poussé à faire quelques erreurs, mais je gardais confiance en moi en me répétant sans cesse « Allez Edouard ! Tu verras bien jusqu’où ça ira !! ». Je me suis même retrouvé en tête de la course pendant 4 ou 5 kilomètres.

Nous approchons du 23e kilomètre, je me retrouve dans un groupe de 4 nageurs : deux Macédoniens et une Russe. Devant, j’apprends qu’un Américain et un Italien se sont échappés. Sous les encouragements de mon entraineur, qui pour ma part était ma mère, je donne le meilleur de moi-même et j’essaye de garder la pêche. Malheureusement la fatigue se fait ressentir, mes épaules me brulent, mes bras sont de plus en plus lourds et ma combinaison me lacère littéralement les trapèzes. Je vois mon groupe s’éloigner…

Je suis maintenant seul dans l’immensité du lac St-Jean, cela fait plus de cinq heures que je nage, j’ai l’impression que les kilomètres ne défilent plus, les cinq kilomètres séparant le 23e du 28e kilomètre me paraissent durer une éternité, j’ai l’impression de ne plus avancer. Ma mère m’encourage de toutes ses forces, elle sait que j’ai mal… très mal. À ma gauche j’entends aussi des encouragements, ma copine et mon père sont là, depuis le début, ils étaient là, sur un bateau à seulement quelques mètres de moi. C’est alors que dans ma douleur je ressens comme un regain d’énergie, un nouveau souffle. Ma combinaison me cisaille de plus en plus les trapèzes alors je décide d’enlever les bretelles et… « Quel bonheur!!! ». Je reprends la route, il ne reste que 3 kilomètres, ma mère m’avertit que le nageur devant moi ralentit et que je suis en train de le rattraper, j’accélère… enfin j’en ai l’impression.

Dernier kilomètre, j’ai rattrapé et même doublé mon adversaire, dans moins de 15 minutes tout sera fini. J’entre dans la rade d’arrivée, je découvre des centaines de personnes venues encourager les athlètes dans les derniers mètres de leur traversée. Plus que deux bouées à passer, je vois la plaque d’arrivée au loin, je nage droit vers elle, mais je n’ai pas l’impression de m’en approcher.

Finalement, je parviens à toucher la plaque et la première chose qui me vient en tête est « Tu y es arrivé Edouard, tu l’as fait ! » À l’arrivée, je ne sais même pas quelle position j’occupe, je suis déboussolé, ce n’est que plus tard que j’apprends que j’ai relié Péribonka à Roberval en 6h40 et que j’écope de la 4e place à 1 minute seulement du podium.

Ma première Traversée du lac St-Jean restera à tout jamais gravée dans ma mémoire. Malgré l’effort qu’une telle épreuve demande et même si au cours de ces 6h40 de nage je me suis souvent posé la question « Mais pourquoi je fais ça ? Je suis fou ! » Je ne regrette rien. La satisfaction obtenue à l’arrivée ainsi que le soutien et les encouragements de mes proches tout au long de la course m’a permis de repousser mes limites et me donne l’envie de revenir encore plus fort l’an prochain pour la 63e Traversée internationale du lac St-Jean.

Edouard Lehoux


GOLF / ELIE ANQUETIL

30 septembre 2016

Elie Anquetil est bachelier en Intervention sportive de l’Université Laval. Étudiant-athlète du Club de golf Rouge et Or de 2002 à 2005, il en est aujourd’hui l’entraîneur-chef depuis le printemps 2013.

Voici quinze ans que je fais partie de la famille du Rouge et Or.  Quinze ans que je vois le golf aussi comme un sport d’équipe et douze ans que j’ai mon survêtement « Vintage » Rouge et Or qui est dans le fond de mon garde-robe.  Maintenant à la barre d’un des meilleurs programmes universitaires au pays; je vois depuis trois ans et demi la vie des étudiants-athlètes d’un autre œil. Et je me revois en eux, faisant les mêmes erreurs, ayant la même fougue, les mêmes responsabilités et la même gestion des priorités.  Cela fait aussi 15 ans que je connais mon adjoint Mathieu Paradis, qui est entré en même temps que moi dans l’équipe et dans le même programme d’étude. Un gars exceptionnel. La complicité s’est prolongée jusqu’à aujourd’hui. J’apprends tous les jours de l’expérience et du caractère de chacun des joueurs, c’est la beauté de ce travail. Apprendre constamment et interagir avec des personnes pleines de volonté, travaillantes, avec des personnalités différentes, mais ayant un but en commun : la victoire de l’équipe. Cela me pousse moi-même à me dépasser, à m’informer et évidemment à me remettre en question par moment. Pas le choix, il faut apprendre de ses erreurs.

Lorsque j’ai commencé le golf à l’âge de 13 ans, dans ma verdoyante Normandie natale, j’ai assez vite eu la piqûre de l’enseignement. Il faut dire que j’ai eu rapidement la chance d’être encadré par des personnes exceptionnelles et dédiées à m’aider à m’épanouir dans ce sport de façon compétitive. Je me rappelle avoir dit, déjà à cet âge, à ma chère maman, « Si je ne fais pas de compétition, je veux devenir prof de golf !» Dès lors, j’avais un objectif de carrière.

Ce n’est toutefois qu’à l’âge de 17 ans, peu après avoir déménagé avec mes parents à Granby, que j’ai pu vraiment goûter au plaisir d’enseigner ma passion. Richard Labonté, mon employeur, mon entraîneur et surtout mon mentor, m’a permis de me développer en commençant par les programmes juniors. J’ai eu la chance d’être formé par l’un des meilleurs enseignants et gentleman qu’a connu le Québec. Il n’y a pas un jour au travail où je ne pense pas à Richard. Enseigner à des juniors forge évidemment la patience, mais surtout nous apprend à nous adapter à des personnalités émotives très différentes. Il ne faut pas sauter d’échelons dans un milieu de travail.

Finissant le CÉGEP en sciences humaines, je voulais faire le saut chez les professionnels. Je n’aimais pas tellement les études, mais les notes étaient là.  Une idée qui, aujourd’hui, me fait friser les cheveux.

« C’est quoi ton plan B?»
Heureusement, Pierre Dugas, un excellent entraîneur dans la région de Bromont, me fait part d’un nouveau programme à l’Université Laval. Le baccalauréat en intervention sportive. C’était pour moi!!! J’appris, par le fait même, que l’Université Laval avait une équipe de golf. C’était la totale! Une chance inouïe!

Je fis la visite du PEPS à l’automne 2001, en compagnie de mon prédécesseur Frédéric Théberge. J’étais complètement perdu dans les dédales de la bâtisse, mais très excité. Je m’étais dit « C’est énorme! ». Imaginez aujourd’hui, avec l’agrandissement.  J’ai eu droit à une ronde de golf d’essai avec l’équipe et je fus accepté pour l’automne suivant. J’eus un accueil incroyable de la part des entraîneurs et des joueurs. Une deuxième famille. Des liens difficiles à décrire.  Des amitiés et des complicités qui restent avec le temps.

Comme athlète universitaire, tu apprends à connaître les différentes personnalités de chacun et tu deal avec; même si certains t’agacent royalement. C’est comme ça que ça fonctionne, si tu veux que ça marche! Pas le choix, t’es dans la même chambre d’hôtel et assez collé par moment! Tout le monde veut gagner en équipe et individuellement! Tu apprends vite, tu te fais remettre à ta place tout aussi rapidement et vice-versa. Tu mûris. C’est ça une équipe, c’est ça une famille. Le golf universitaire, c’est un drôle de mélange entre un sport d’équipe et un sport individuel. En même temps, quand on y pense, ce n’est pas pour rien que tous ces individus se retrouvent dans la même équipe. C’est qu’ils ont certainement beaucoup de choses en commun. Dans le monde du golf, seul le golf universitaire peut vous faire vivre cela, sinon peut-être la Ryder Cup, mais cette compétition ne revient qu’aux deux ans. Sortant du Rouge et Or au printemps 2005 avec un diplôme, je pouvais maintenant tenter ma chance chez les professionnels, car j’avais un plan B avec une formation solide et des contacts.

Je tiens à remercier Frédéric Théberge pour les leçons de vie. Maintenant dans ses souliers, il y a bien des choses que je comprends mieux aujourd’hui. Des choix nécessaires pour l’équilibre de l’équipe qui devaient parfois être pénibles pour lui et qui nous embêtaient sérieusement, pour rester poli. Mais ne jamais oublier le but commun. Merci de m’avoir contacté alors que j’étais en Californie pour me dire que le Rouge et Or cherchait un entraîneur. La job de rêve lorsque j’étais aux études. Travailler avec l’excellence du Rouge et Or.

La finale provinciale arrive et nous nous battrons pour une double victoire masculine et féminine cette année. Nous sommes bien partis pour ramener les deux bannières. Mais dans le sport, rien n’est jamais acquis. J’ai hâte. En l’occurrence parce que les joueurs me font vibrer et font revivre ce mélange d’émotion que l’on peut ressentir seulement en compétition. Nous nous battrons pour une quinzième victoire consécutive chez les hommes. Une dynastie qui a commencé lorsque nous sommes entrés dans l’équipe Mathieu et moi en tant que joueurs. Je ne veux pas que cela arrête. Go Laval!

Elie Anquetil


VOLLEYBALL MASCULIN / VINCENT THIBAULT-BERNIER

23 septembre 2016

Vincent Thibault-Bernier est étudiant au doctorat en médecine dentaire de l’Université Laval. Il évolue comme libéro au sein du Club de volleyball masculin Rouge et Or depuis 2012.

Pour la plupart, le retour sur les bancs d’école est synonyme de retrouvailles avec nos amis de classe et de partys d’initiation. Pour moi, c’est signe que la saison recommence et que le camp d’entrainement présaison bat son plein. Alors que je débute ma cinquième et dernière année avec le Rouge et Or, je commence la saison avec un retard sur mes coéquipiers. La raison : j’ai fait un stage international de trois mois en Afrique !

Eh oui ! Même en étant étudiant-athlète, c’est possible de s’envoler à l’étranger et de vivre une expérience hors du commun. C’est donc le 7 mai que je m’envolais vers la ville d’Arusha, en Tanzanie. Accompagné de trois de mes amis, j’aboutis en pleine nuit chez ma nouvelle famille d’accueil, qui nous reçoit en nous servant un repas local que nous dégustons à 3h du matin. Fatigué des 30 heures de vols et escales, je me dirige de peine et de misère vers mon lit en me disant que l’aventure est commencée.

Cocorico ! Quoi, déjà ? J’ouvre les yeux péniblement pour constater qu’il est 5h du matin et que le soleil n’est même pas proche de se lever. J’essaie de me rendormir, mais le coq semble vouloir me donner un concert privé de ses talents de chanteur. Bienvenue en Afrique ! Alors que je me lève pour aller déjeuner, j’ai un meilleur aperçu de notre maison d’accueil. Je constate donc que ma chambre est située dans un édifice indépendant de la maison principale, qu’un réservoir de 1000 litres est perché sur le toit de la chambre (ce qui explique l’humidité qui y règne) et que le poulailler logeant une cinquantaine de poules et de coqs se situe à moins de 5 mètres de notre fenêtre. Adieu les nuits paisibles et bonjour les bouchons !

Malgré ce premier choc culturel, je m’habitue petit à petit au train de vie africain. J’habitue donc mes papilles gustatives aux spécialités locales composées essentiellement de riz, de maïs, de patates et de haricots.  J’en profite pour souligner le talent culinaire des Tanzaniens qui, malgré le peu de diversité de leurs ingrédients, sont capables de cuisiner des repas savoureux.

Pendant dix semaines, je suivis un horaire plutôt standard. Ma journée typique débutait avec le chant des coqs, puis un petit déjeuner composé essentiellement de quelques morceaux de fruits et d’une tranche de pain. Ensuite, je revêtais mes habits cliniques et je marchais 10 minutes sur un chemin de terre en direction de la rue principale de la ville. Une fois arrivé, je grimpais à bord d’un « dala dala », le moyen de transport en commun de la place, soit l’équivalant d’une fourgonnette quinze passagers dans laquelle nous étions plutôt 25 individus. Ce dernier me déposait normalement, quoique pas toujours, aux environs de l’hôpital où je travaillais après une balade d’une quinzaine de minutes. Une fois à l’hôpital, j’allais dans la cour pour allumer la génératrice qui alimentait la chaise dentaire. Ensuite, je traitais les patients qui se présentaient au cours de la journée jusqu’à ce qu’il n’y en aille plus.

Normalement, la majorité des patients arrivaient entre 10h et 15h, ce qui signifie que mon diner était la plupart du temps repoussé à 15h30. Je glisse une parenthèse ici pour mentionner que j’ai énormément appris au niveau dentaire en procédant à de nombreuses extractions, traitements de canal et étonnamment, à plusieurs traitements esthétiques.

Pour essayer de garder une forme physique minimale et par simple plaisir, je faisais des petits entrainements maison deux fois par semaine et j’allais courir dans les montagnes environnantes au travers des différents villages une fois par semaine.

Il est bien évident que dix semaines de stage, c’est long. J’ai affronté plusieurs défis en cours de route. Que ce soit la barrière de la langue, les problèmes intestinaux ou d’être confronté aux techniques locales, je me suis souvent questionné sur mes limites personnelles et sur mes valeurs. Toutefois, en persévérant, j’ai découvert des merveilles locales qui surpassent de loin tous les obstacles rencontrés.

J’ai eu la chance de faire quelques safaris au cours desquels j’ai pu observer lions, guépards, léopards, girafes (la viande de girafe ne goûte pas très bon), éléphants, zèbres, rhinocéros ainsi que plusieurs autres, et ce, à une distance de 1 ou 2 mètres dans une des plus belles plaines du monde. Par ailleurs, j’ai assisté à la migration de millions de boucs qui remontaient la plaine en direction du Kenya.

J’ai découvert le pur bonheur, sans aucun filtre, lorsque j’ai donné un ballon de soccer à un petit garçon dans un orphelinat, ou bien une autre fois à une petite fille qui s’est empressée d’aller montrer le ballon à toute sa famille. J’ai également visité et traité une école de jeunes d’une tribu locale, les Maasaï, en plein milieu de la brousse. Ces derniers vivent un rythme de vie simple où toutes les valeurs superficielles de la société nord-américaine sont absentes. Cette expérience m’a vraiment permis de remettre en question certaines valeurs de mon mode de vie.

Finalement, j’ai également profité de l’occasion pour faire l’ascension du Kilimanjaro. Bien que ce soit une montagne assez accessible à tous, l’altitude peut nous réserver bien des surprises. Le défi physique est assez facile à relever pour tous ceux qui sont jeunes ou en forme. Cette épreuve est définitivement un des moments forts de mon stage.

Imaginez-vous monter pendant huit jours sur les flancs de cet ancien volcan, en vous approchant tranquillement du sommet qui vous surplombe tout ce temps. J’ai assisté à des levers de soleil incroyables, dont un dans le cratère du Kili, après avoir passé une nuit glaciale à seulement 200 mètres du sommet. J’ai eu des migraines à trois reprises durant mon ascension, en franchissant les 4500 mètres d’altitude ainsi qu’après ma dernière nuit dans le cratère où l’on retrouve quelques glaciers. Je dois admettre que l’ascension était plus exigeante que je le croyais initialement, mais elle en valait assurément la chandelle.

Voilà ! De retour au pays, je me replonge tranquillement dans ma réalité d’étudiant-athlète, où je dois essayer de jongler avec mes patients et mes entrainements. Un dernier défi sportif universitaire que j’ai bien hâte de relever.

Je suis Rouge et Or !

Vincent Thibault-Bernier
Capitaine du volley masculin
Champion canadien 2013


RUGBY FÉMININ / KAREN PAQUIN

16 septembre 2016

Karen Paquin est bachelière en génie chimique de l’Université Laval. Médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Rio 2016 au sein de l’équipe canadienne dont elle défend les couleurs depuis cinq ans, elle a évolué au sein du Club de rugby féminin Rouge et Or de 2007 à 2011.

À l’aube de la trentaine, une réflexion s’impose. Je suis à la maison pour quelques mois, pour la première fois depuis quatre ans. Je revois mon parcours de rugby, celui de Karen l’athlète, mais aussi celui de Karen la personne.

Cheminement atypique : le multisport!
On pense souvent que pour devenir athlète d’élite, il faut absolument commencer à un très jeune âge, garder le focus sur l’objectif dès l’école secondaire, passer par les équipes et structures les plus fortes dans le sport choisi, etc. Mon parcours détonne de cette idée préconçue. J’ai eu la chance d’avoir des parents actifs. Chez nous, on bougeait! Mon frère et moi avons passé par tous les sports, du patin à la natation, en passant par le karaté, la planche à neige, le soccer… La liste est forte d’environ une quinzaine de sports pratiqués, de façon compétitive ou non, à un moment ou à un autre avant d’arriver à l’université. J’ai compris assez rapidement que certains sports n’étaient pas pour moi. J’étais l’enfant cute qui s’est trompée dans la chorégraphie du spectacle de ballet, et celle qui cueillait des fleurs pendant les matchs de soccer. Je suis d’autre part restée accrochée longtemps à certains sports comme le volleyball et le canot à glace, même si c’était souvent difficile de composer avec l’horaire. Je crois encore aujourd’hui que d’avoir touché à tout m’a permis de développer mes caractéristiques athlétiques. En effet, j’ai compensé ma (presque célèbre) aversion pour le gym en jouant dehors. Je préférais monter les marches du Cap Blanc à la course ou traverser le fleuve à la rame plutôt que de faire des séries dans le gym.

Rouge et Or : les saisons se suivent, mais ne se ressemblent pas
Ma façon de faire n’a pas toujours plu à mes entraîneurs. En effet, ça a été une source de beaucoup de discussions, parfois animées. Nous étions tous là pour arriver au même résultat, et nous dépendions du travail de chacun. J’étais loin d’être l’athlète parfaite. On parle souvent de la persévérance des athlètes de haut niveau. Cette belle qualité qui fait que les athlètes tracent leur chemin malgré les difficultés et les obstacles. On va se le dire, ça reste la façon polie d’expliquer qu’ils ont la tête dure! Cette fameuse qualité, je n’étais pas seule à l’avoir, toute l’équipe l’avait. Durant mes cinq années avec le Rouge et Or, nous avons avancé, forcé, combattu, gagné et perdu comme des guerrières. Nous avons continué de bâtir sur les fondations établies par la toute première génération de l’équipe de rugby du Rouge et Or. Je revois mon année recrue, quand toutes ces étudiantes-athlètes pionnières étaient là. Celles qui avaient fondé le Club de rugby, qui l’avaient mené à un Championnat canadien après seulement deux saisons, dans une finale prolongée qui s’est terminée par des coups de pieds de barrage. J’avais eu l’impression de faillir à la tâche quand nous nous étions inclinées en finale du RSEQ.

Je me rappelle l’an 2, quand nous avions remporté la finale de conférence 20 à 20 contre Concordia. Oui oui, une nulle victorieuse! Après la fin du temps supplémentaire alloué en cas de match nul, la victoire nous avait été accordée, car nous avions marqué plus d’essais que de bottés, comparés aux Stingers. C’est de loin la victoire la plus bizarre de ma carrière, et ça me donnait ainsi accès à mon premier Championnat canadien de SIC. Je revois encore une des filles, dans un fauteuil roulant à l’aéroport, au retour. Elle avait des marques de crampons jusque dans le visage. Ça avait été dur, ça avait fait mal. J’avais alors réalisé que le Championnat de SIC est probablement le tournoi le plus dur physiquement auquel j’ai participé.

Je me rappelle aussi la défaite crève-cœur en finale québécoise à ma troisième année. Ce match sous la pluie, durant lequel j’avais eu l’impression de ne rien pouvoir faire. Ce match où les Stingers étaient arrivées mieux préparées que nous.

Je me rappelle l’an 4, saison durant laquelle j’ai accumulé les blessures. Seule année où on a joué la finale à l’extérieur. Le fait que l’entraîneur-chef Bill McNeil ait oublié les chandails me fait encore sourire. Ce serait une bien meilleure anecdote si on avait gagné le match.

Je me rappelle évidemment la saison 5, cette finale historique, alors que nous sommes revenues de l’arrière et avons marqué 40 points en deuxième demie. Cette dernière opportunité de représenter le Rouge et Or au Championnat de SIC. Cette médaille de bronze qui a goûté l’or, un petit peu. Ces moments précieux, avec les amies sur le terrain. Ce tournoi qui nous a envoyées, Charlotte Vallières-Villeneuve et moi, à Dubaï avec l’équipe de développement du Canada.

Une retraite écourtée
C’était un bon moment pour se retirer. J’avais eu une belle finale et vécu de bons moments. J’étais prête à accrocher mes crampons de compétition et me tourner vers la vraie vie. Je continuais la pratique du rugby au niveau civil avec le Club de Rugby de Québec et je représentais la province pour le plaisir, mais mon focus était ailleurs. Quand l’appel de l’entraîneur-chef du Canada, John Tait, est arrivé, j’ai dû réévaluer mes plans. Je travaillais comme ingénieure-chimiste. J’étais exactement là où je voulais être, mais l’opportunité était trop grande et la possibilité, trop attrayante. Aucune promesse ne m’était faite, mais si les astres s’alignaient, il y avait la possibilité des Jeux olympiques. Un rêve de petite fille refaisait surface.

J’ai plongé! J’ai tout laissé derrière : ma famille, mes amis, ma job de rêve, mon équipe de canot à glace finalement bien rodée avec l’association du Blaxton Cartier et du Magasin Latulippe. Le choix s’est présenté comme une évidence. Si je n’y allais pas, j’allais me demander pour le reste de ma vie : et si j’étais partie, où est-ce que ça m’aurait menée?

Mon entraîneur m’a donné une chance et je l’ai saisie à deux mains. J’ai dû mettre les bouchées doubles pour améliorer mon niveau de jeu. J’ai même accepté d’aller au gym (ce n’est pas si mal, cet endroit, après tout!). L’aventure m’a fait faire le tour du monde. J’ai eu la chance de participer à tous les tournois de rugby à 7 de la série mondiale (qui existe depuis seulement 2012). Mon équipe a remporté deux médailles d’argent en Coupe du monde (à 7 et à 15), une médaille d’or aux Jeux panaméricains, et nous venons d’écrire une page d’histoire en remportant une médaille de bronze à la première édition du rugby olympique féminin.

Le retour des Jeux olympiques force à réfléchir à la suite des choses. La décision était déjà prise. Je retourne à mes premières amours: le rugby à 15. Je porte mon focus sur la Coupe du monde, qui se déroulera en Irlande à l’été 2017. Comme la structure du 15 est plus flexible que celle du 7, cela me permettra de m’impliquer un peu plus dans le milieu du rugby, ici à Québec. Depuis mon arrivée au pays, j’ai l’impression que tout le monde est tombé en amour avec le rugby. Des plus jeunes jusqu’aux adultes, tout le monde nous en parle. Et quel plaisir de pouvoir partager notre amour du sport avec la prochaine génération! J’ai espoir qu’avec la visibilité procurée par les Olympiques, nous avons su donner le goût de bouger aux jeunes. Les statistiques actuelles sont dramatiques : les jeunes font de moins en moins de sport, et c’est pire chez les filles que chez les gars. J’espère que le rugby se présentera à ces jeunes filles comme une opportunité de mettre en valeur leur force, leur intensité et leurs qualités athlétiques. Au risque de tomber dans le cliché, je leur souhaite de passer par cette école de la vie, pour grandir en tant qu’athlètes et en tant que personnes.

Karen Paquin


SOCCER FÉMININ / MARIE-JOËLLE VANDAL

9 septembre 2016

Marie-Joëlle Vandal est étudiante en enseignement de l’éducation physique et de la santé. Elle garde les buts pour l’équipe de soccer Rouge et Or depuis l’automne 2014.

Je pratique mon sport depuis l’âge de sept ans. J’ai débuté ma jeune carrière de gardienne de but dans mon petit patelin de Lanaudière pour tranquillement monter les échelons et devoir faire un choix difficile : rester au Canada pour jouer dans la ligue du sport interuniversitaire canadien (SIC) ou partir vers les États-Unis pour jouer en NCAA. D’une manière ou d’une autre, je savais que je devrais quitter le nid familial. Ma décision se basait donc sur le niveau de soccer offert et évidemment sur l’aspect académique.

Au moment où je devais prendre cette décision, à l’été 2014, j’étais en sélection canadienne pour la toute première fois et j’ai été choisie pour participer à la Coupe du monde des moins de 20 ans. Avant cette invitation en équipe nationale, je commençais à douter en mes chances de percer au-delà du niveau provincial, mais j’ai su saisir cette opportunité et j’ai fait mes preuves en travaillant dur avec l’équipe d’entraîneurs qui m’a véritablement aidé à découvrir mon plein potentiel. À la suite de cette expérience, ma passion pour mon sport battait son plein et je souhaitais continuer d’évoluer au plus haut niveau possible tout en continuant mes études. L’Université de Portland en Oregon ou l’Université Laval? Gros dilemme. Toutes mes coéquipières en équipe nationale s’exilaient aux États-Unis alors j’ai été fortement tentée d’accepter l’offre américaine. Je savais que l’encadrement y était excellent au plan sportif, mais j’avais des incertitudes au plan académique. Non pas parce que l’université n’offrait pas de bons programmes, mais bien parce que je doutais pouvoir revenir au Québec avec la possibilité de pratiquer ma profession avec un diplôme américain. Académiquement parlant, Laval m’offrait plus de certitudes et je savais que le programme Rouge et Or était également d’une grande qualité. C’est à ce moment que mon choix était fait! Une nouvelle aventure était sur le point de commencer. J’allais devenir une étudiante-athlète de l’Université Laval.

Première année Rouge et Or! J’arrivais dans l’équipe avec certaines appréhensions, sachant que la grande majorité des filles jouaient ensemble depuis leur tout jeune âge et qu’elles avaient déjà une bonne cohésion entre elles. Par contre, après seulement quelques semaines dans le groupe, je me sentais déjà très bien dans ce nouvel environnement. Et c’est seulement quelques mois plus tard que nous étions championnes canadiennes en gagnant une finale sur notre propre terrain. Les meilleures au pays! Que demander de plus? C’était une superbe sensation. La première équipe québécoise à aller chercher un tel titre. C’est à la fin de ce tournoi que j’entendais parler des Universiades. Une compétition internationale qui se déroulait en Corée du Sud à l’été qui suivait. Je recevais mon invitation pour participer au camp de sélection qui aurait lieu quelques mois plus tard à Toronto. Tout allait pour le mieux en cette première année universitaire. Je fus sélectionnée pour le tournoi et j’ai pu partager cette expérience phénoménale à l’autre bout du monde avec cinq de mes coéquipières du Rouge et Or. Malheureusement, nous ne sommes pas revenues avec une médaille, mais nous étions de tout de même de retour avec une satisfaisante quatrième place, la meilleure performance du Canada dans ce tournoi à ce jour.

C’est donc avec un grand appétit que j’entrais dans ma seconde année universitaire à la suite de ce résultat dans cette compétition. Deuxième qualification en deux ans pour le championnat canadien. C’est cependant une troisième place qui nous attendait. Une défaite crève-cœur en tir de barrage en demi-finale nous empêchait de nous qualifier pour défendre notre titre. Nous connaissions nos capacités et nous ne pouvions nous contenter de rien de moins que l’or. Nous revenions donc à la maison un peu déçues en pensant déjà à ce que l’on pourrait faire de mieux pour le prochain championnat à disputer. La saison d’automne se terminait, mais c’est la fin de session qui approchait. Pas toujours facile de concilier école et sport. Certains y arrivent sans le moindre problème, mais pour ma part, j’ai fait le choix de prendre une pause côté soccer à l’hiver pour me concentrer sur mes études, sur mes priorités.

Un hiver 2016 plus difficile, mais quelque chose d’inattendu s’est présenté… À la mi-avril, mon coach en sélection canadienne aux Universiades me téléphonait pour m’offrir d’aller jouer en Suède tout l’été sachant que je ne prévoyais pas jouer en équipe civile au Québec. Très surprise par cette annonce, presque déstabilisée par cette offre qui arrivait de nulle part, je suis passé tout près de refuser. Mon plan initial était de partir en Europe à la fin de mes études, mais pourquoi attendre? Tout semblait s’aligner parfaitement pour que je puisse partir vivre quelque chose de nouveau. J’ai donc repris mes esprits et j’ai su que je ne pouvais laisser cette opportunité me filer entre les doigts.  C’est alors que seulement deux semaines plus tard, j’étais assise dans l’avion vers Gotland, une petite île de la Suède.  Le P18 IK, ma nouvelle équipe de division trois suédoise, m’attendait. En arrivant, j’ai rapidement constaté que tout le monde là-bas parlait bien l’anglais. Soulagement… Je peux communiquer sans problème. Par contre, comme j’étais la seule joueuse étrangère, les consignes d’équipe se donnaient en suédois. Laissez-moi vous dire que ce n’est pas une langue simple. On passe toutefois très vite au-delà de la barrière de langue. Je ne peux pas dire que je parle maintenant cette langue scandinave, loin de là, mais on s’habitue à ne pas tout saisir ce qui se dit sur le terrain et on développe des trucs pour comprendre l’idée générale. Pour ce qui est du calibre, on peut dire qu’il était plus ou moins similaire à celui des universités canadiennes. Je n’étais donc pas déstabilisée à ce niveau et j’ai réussi à faire mes preuves sur l’autre continent. J’ai même obtenu un essai en première division. Le tout s’est bien passé, on m’a donné des commentaires très encourageants tout comme des éléments à travailler. Je savais que je retournais à l’école à l’automne et que je ne signerais pas avec une équipe pro pour le moment, mais j’ai ramené tout le positif avec moi sachant que mon nom circule maintenant dans la plus haute ligue du soccer féminin suédois. Le bilan de mon été outre-mer aurait difficilement pu être plus positif. J’ai rencontré des gens fabuleux, j’ai vu un pays incroyablement beau et j’ai surtout pratiqué le sport qui me fait vibrer dans un cadre tout à fait différent. Je reviens à Laval plus confiante que jamais avec un bagage que je n’échangerais pour rien au monde.

Aujourd’hui, je crois donc de plus en plus en l’adage « rien n’arrive pour rien ». En effet, toutes ces fabuleuses opportunités dont j’ai pu profiter ont découlé d’un seul choix : décider de fréquenter l’Université Laval! Je l’ai déjà dit… RIEN N’ARRIVE POUR RIEN!

Allez Laval!

Marie-Joëlle Vandal


FOOTBALL / FÉLIX FAUBERT-LUSSIER

2 septembre 2016

Félix Faubert-Lussier est détenteur d’un certificat en administration et en sciences politiques de l’Université Laval, et étudie actuellement au certificat en droit. Il évolue comme receveur de passe pour le Club de football Rouge et Or depuis 2012.

Il reste quelques secondes au tableau. C’est le dernier jeu du match. On tire de l’arrière 18-16. L’unité de placement s’amène sur le terrain. C’est la finale de conférence face à notre rivalité à l’autre bout de la 20. Montréal, ma ville natale, mon deuxième chez moi. Deux petits points. À nous la Dunsmore, à nous la demi-finale canadienne, à nous la chance de gagner un troisième titre en quatre ans. C’est 18 verges qui nous séparent de la victoire ! Un botté de routine… qui est toutefois BLOQUÉ!

Une foule d’émotions s’empare de mon corps, s’empare des joueurs à mes côtés, s’empare des entraîneurs et probablement du stade au complet. C’est peut-être le dernier jeu de ma carrière à Laval me dis-je…

On grandit en rêvant de gagner des championnats sportifs, de jouer devant de grandes foules. On rêve d’être le plus grand sportif, de pratiquer un sport au niveau professionnel. Être payé à faire ce qu’on aime est censé être le bonheur ultime, n’est-ce pas?

Ma carrière de football a commencé à 12 ans. À 24 ans, douze ans plus tard, je me réveille dans un appartement à Hamilton, au 20e étage d’un immeuble au centre-ville. Je contemple la vue à l’extérieur, le centre-ville de Toronto au loin derrière le grand lac Ontario. Je m’arrête un instant et réalise que j’ai atteint peut-être atteint mon but, que j’ai atteint les plus hauts sommets de mon sport. Est-ce vraiment ça le rêve?

J’ai eu le privilège d’être repêché par les Tiger-Cats de Hamilton. Blessé en début de saison, je me rends au stade à raison de deux fois par jour, tous les jours. Je dois prendre les bouchées doubles en physiothérapie, en réhabilitation, en musculation et en séances cardiovasculaires afin de garder la forme et ne pas prendre de retard physiquement. Même chose mentalement. Malgré mes blessures, la direction me garde dans l’équipe ce qui est rare dans un sport aussi compétitif où la philosophie « next man up » fait partie intégrante de ce sport. Les semaines passent et les blessures me suivent. En quatre ans à Laval, j’ai raté une partie présaison seulement. Il s’agit donc d’un sentiment nouveau pour moi. Je dois réussir à passer par-dessus ces épreuves.

« Dieu nous envoie des épreuves à la hauteur de ce qu’on est capable de surmonter ». Voilà une parole qui m’aide à mettre les choses en perspective.

J’ai la chance d’avoir des gens pour me supporter et je réussis à rester motivé. Bien qu’il me reste une année d’admissibilité à l’université, je veux percer au prochain niveau, car c’est mon but et ma chance de progresser comme sportif. La direction me rencontre en août 2016 et m’explique ma situation. Je ne suis plus dans les plans pour cette année et ils veulent que je retourne à l’université pour guérir comme il faut et revenir en force pour la saison 2017. Une autre épreuve, un autre défi me guette. Après mure réflexion, j’acquiesce à leur demande et prends la décision de revenir à Québec pour une cinquième et dernière année.

Revenir chez moi, chez le Rouge et Or est loin d’être un pas de recul. Je vois mon retour comme une occasion en or de redonner au suivant. Je vois cela comme une occasion unique de réussir un autre défi. Je peux encore apprendre à l’université, non pas seulement sur les bancs d’école, mais surtout comme humain. J’ai la chance d’amener un groupe de jeunes joueurs vers un but commun plutôt qu’un simple but individuel.  Lorsque je suis arrivé à Québec à l’hiver 2012, j’avais une chose en tête : être champion canadien avec le Rouge et Or. Cette première saison fut une des plus belles saisons de football de ma vie. Étant fraichement arrivé du Cégep, j’avais besoin de me faire guider. Je revenais d’une grave blessure au genou et je me sentais comme un marais, fétide, qui ne savait pas où se diriger, car je ne connaissais pas la recette du succès. J’ai embarqué dans le genre d’aventure qui t’apporte beaucoup plus de bagages que n’importe quel cours universitaire. J’ai appris à devenir une rivière canalisée, j’ai appris à trouver ma direction et c’est grâce à des guides, des leaders qui m’ont pointé dans la bonne direction. Je considère le Rouge et Or comme étant l’école d’une vie.

Certaines personnes sont des thermomètres, d’autres des thermostats. Certaines personnes donnent la température dans une pièce, d’autres changent celle-ci. Je veux faire partie de la deuxième catégorie.

Ce type d’opportunité de redonner de la sorte se présente rarement pour un jeune homme de 24 ans et j’embrasse ce nouveau défi qui va m’apprendre et me pousser hors de ma zone de confort beaucoup plus que celui de devenir partant dans la LCF. C’est dans cette optique que j’espère pouvoir guider cette équipe de football vers les plus hauts sommets.

Félix Faubert-Lussier

Ils sont étudiants-athlètes, entraîneurs, préparateurs physiques, physiothérapeutes, membres des conseils administratifs, dirigeants. Qu’ont-ils en commun? Ils ont tous le Rouge et Or tatoué sur le cœur!

Sur le blogue MA VIE EN ROUGE ET OR, ils partageront leur vision, leurs états d’âme et leurs défis personnels sur différents sujets de leur vie au sein du meilleur programme sportif universitaire au pays. Et ce, dans leurs propres mots. Bonne lecture!

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